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Tunisie : Les autorités doivent cesser de harceler le juge Anas Hmedi

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Tunis – 2 avril 2026 – Le juge Anas Hmedi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), est de nouveau au centre d’une controverse judiciaire qui suscite l’inquiétude des organisations internationales de défense des droits humains. Avant son procès prévu ce 2 avril, Amnesty International et l’Union Internationale des Magistrats (UIM) ont dénoncé les accusations infondées portées contre lui, qualifiant ces actions de harcèlement visant à museler les juges critiques du gouvernement de Kaïs Saïed.

Depuis 2022, Anas Hmedi fait face à des procédures disciplinaires et pénales arbitraires. Ces poursuites, motivées par son rôle à la tête de l’AMT et sa défense de l’indépendance judiciaire, incluent des accusations d’« atteinte à la liberté de travail », souvent utilisées pour sanctionner la participation à des grèves ou à des manifestations pacifiques. Si elles étaient confirmées, ces accusations pourraient lui valoir jusqu’à trois ans de prison.

« Anas Hmedi est un juge courageux qui a refusé de garder le silence, a défendu l’indépendance du pouvoir judiciaire et s’est opposé à l’ingérence de l’exécutif », déclare Sara Hashash, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International. « Les poursuites qui le visent constituent des représailles contre l’exercice de ses droits fondamentaux à la liberté d’expression et à l’association. »

L’AMT a été particulièrement active depuis la prise de pouvoir de Kaïs Saïed en 2021, dénonçant les ingérences de l’exécutif et soutenant les juges victimes de représailles. En juin 2022, 57 magistrats ont été révoqués de manière sommaire par le président, ce qui a conduit l’AMT à organiser une grève nationale de quatre semaines. Anas Hmedi a ensuite été convoqué à plusieurs interrogatoires en représailles à ses actions.

L’Union Internationale des Magistrats souligne que les procédures engagées contre Hmedi violent gravement les principes fondamentaux d’indépendance de la magistrature et portent atteinte à ses droits à un procès équitable. La répétition des transferts de dossiers entre juridictions et le non-respect du droit à la défense suggèrent, selon l’UIM, une instrumentalisation politique de la justice.

Les experts des Nations unies, ainsi que plusieurs organisations internationales, appellent les autorités tunisiennes à suspendre immédiatement ces poursuites, à garantir l’indépendance judiciaire et à cesser toute forme de harcèlement à l’encontre des juges.

Depuis 2011, l’AMT est un acteur majeur en Tunisie dans la réforme de la justice et la défense des droits des magistrats. Aujourd’hui, face aux pressions et aux menaces de dissolution, elle continue de dénoncer les atteintes à l’état de droit. La communauté internationale est invitée à rester vigilante afin de protéger l’indépendance de la justice et la liberté d’expression dans le pays.

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