<br />
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	<title>Archives des Algérie - Le pont de Genève</title>
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		<title>L&#8217;Algérie remet Seifeddine Makhlouf aux autorités tunisiennes?</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 14:21:10 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’ancien député tunisien Seifeddine Makhlouf condamné par contumace, son sort entre Alger et Tunis en suspens</p>
<p>Tunis, 18 janvier 2026 – Alors que les autorités tunisiennes ont récemment condamné par contumace l’ancien député d’opposition Seifeddine Makhlouf à cinq ans de prison, la situation du politicien, actuellement détenu en Algérie pour entrée illégale, reste incertaine. Son cas met en lumière les complexités de la coopération judiciaire entre les deux pays et le sort réservé aux figures de l’opposition.</p>
<p>Une condamnation lourde pour atteinte à la sûreté de l’État<br />
Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, mardi 13 janvier 2026, l’avocat et ancien député du parti Al Karama, Seifeddine Makhlouf, à une peine de cinq ans de prison par contumace. Le jugement, rendu en son absence et avec effet immédiat, le déclare coupable d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État.</p>
<p>Les accusations retenues contre lui sont graves, incluant la divulgation de secrets de la défense nationale, la transmission d’informations sensibles sur des enquêtes judiciaires et des accusations non étayées portées contre des agents de l’État.</p>
<p>Une arrestation en Algérie qui a précédé le verdict<br />
Contrairement à certaines allégations, Seifeddine Makhlouf n’a pas été récemment « remis » aux autorités tunisiennes. Il est actuellement détenu en Algérie, où il a été arrêté le 4 juillet 2024 à l’aéroport d’Annaba.</p>
<p>Les autorités algériennes l’ont interpellé alors qu’il tentait de prendre un vol pour Istanbul, et ont constaté que son passeport ne portait pas de cachet d’entrée officiel sur le territoire. Il a été inculpé localement pour entrée illégale et usage de faux documents, et déféré devant la justice algérienne. La question de son éventuelle extradition vers la Tunisie est depuis lors pendante, dépendant des procédures judiciaires et des accords bilatéraux entre les deux nations.</p>
<p>Un parcours judiciaire chargé depuis la levée de son immunité<br />
Cette nouvelle condamnation s’ajoute à une série de peines prononcées contre Makhlouf depuis la levée de son immunité parlementaire. Son dossier judiciaire est volumineux et composé de plusieurs affaires distinctes. Il a notamment été condamné à un an de prison pour une altercation avec la députée Abir Moussi en 2021, et à vingt mois de prison pour des menaces proférées contre un procureur en 2019.</p>
<p>De manière plus significative, il a également été jugé par des juridictions militaires. Une cour d’appel militaire l’a ainsi condamné à un an de prison et à cinq ans d’interdiction d’exercer comme avocat pour atteinte au prestige de l’armée. Dans une autre affaire liée à un incident à l’aéroport de Tunis en mars 2022, sa peine de sept mois de prison a été confirmée par la justice militaire. L’utilisation de tribunaux militaires pour juger des civils a été dénoncée par des organisations comme Amnesty International comme étant contraire au droit international.</p>
<p>Le contexte : une Algérie terre de refuge historique, mais aux règles strictes<br />
L’Algérie a souvent servi de refuge historique pour des personnalités politiques tunisiennes en disgrâce, de l’époque de Bourguiba à aujourd’hui. Cependant, l’arrestation de Makhlouf pour entrée irrégulière démontre que cette protection n’est pas automatique et est subordonnée au respect des lois locales. Sa détention survient dans un contexte de renforcement de la coopération bilatérale, comme en témoigne la signature de nombreux accords entre la Tunisie et l’Algérie en décembre 2025.</p>
<p>La situation reste en suspens : la justice algérienne doit d’abord statuer sur son cas pour entrée illégale. Seulement ensuite, et en fonction des éventuelles demandes tunisiennes, la question de son extradition pourra être examinée. Son retour en Tunisie pour y purger ses multiples peines semble probable, mais le calendrier et les modalités dépendent désormais d’Alger et de la suite donnée à la récente condamnation.</p>
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		<title>Tunisie, Algérie, Libye : le rendez-vous manqué ?</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 15:19:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre rivalités historiques, lenteur diplomatique et inertie économique, les trois pays du Maghreb central peinent à transformer leur proximité en puissance commune. Eau, énergie, infrastructure, sécurité, qu’il s’agisse de secteurs vitaux à la paix sociale ou au progrès économique, l’Algérie, la Tunisie et la Libye sont confrontées à des défis communs monumentaux. Si la cordialité [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre rivalités historiques, lenteur diplomatique et inertie économique, les trois pays du Maghreb central peinent à transformer leur proximité en puissance commune. Eau, énergie, infrastructure, sécurité, qu’il s’agisse de secteurs vitaux à la paix sociale ou au progrès économique, l’Algérie, la Tunisie et la Libye sont confrontées à des défis communs monumentaux. Si la cordialité et l’amitié historiques entre ces trois pays du Maghreb encourage la coopération entre leurs Etats, ce qui était autrefois un choix deviendra bientôt une nécessité.</p>
<p><strong>Par: Nizar JLIDI *</strong></p>
<p>La Tunisie, l’Algérie et la Libye partagent plus qu’une Histoire commune. Au fil des décennies, même si tous les projets d’union économique ou politique, incluant les autres pays du Maghreb, se sont heurtés aux impératifs d’alignements diplomatiques, la relation entre les trois Etats est restée relativement cordiale. Le soutien mutuel entre les trois Etats a connu des hauts et des bas. Cependant, au vu des enjeux nationaux de premier plan auxquels sont confrontés la Libye (infrastructures et sécurité), l’Algérie (commerce et produits de première nécessité) et la Tunisie (énergie et industrie), une collaboration étroite est préconisée.</p>
<p>Certes, les trois pays se sont respectivement appuyés sur d’autres soutiens étrangers afin de pallier aux urgences économiques notamment. A titre d’exemple, la Libye a partiellement résolu son souci de manque d’eau via le projet de la grande rivière artificielle (GMMR). La Tunisie, elle, bien qu’elle importe une grande partie de ses besoins en produits d’industrie lourde, elle a parallèlement investi dans la transformation des produits d’énergie en provenance des deux pays voisins. Quant à l’Algérie, qui désenclave progressivement ses échanges commerciaux, elle profite également de sa proximité à ses voisins pour étendre ses marchés internationaux et consolider ses projets régionaux.</p>
<p>Des efforts salubres mais limités si les trois Etats veulent résister à leur exposition au mondialisme. Toutefois, on voit germer des avant-projets de plus grande dimension. Serait-ce l’opportunité de fructifier et de renforcer le partenariat entre la Tunisie, l’Algérie et la Libye ? Mais surtout, une codépendance de fait entre les trois Etats est-elle réellement un choix ?</p>
<p><strong>Tunisie : des acquis bâclés et un potentiel sous-exploité </strong></p>
<p>Etant le territoire central d’une potentielle union tripartite avec l’Algérie et la Libye, la Tunisie a fort à gagner. Si la Tunisie de Kais Saïed a récemment cumulé les échecs diplomatiques, elle n’en reste pas moins efficace lorsqu’il s’agit de la fluidité des rapports avec ses voisins. En effet, le pays nord-africain privilégie – par la force des choses ? – l’export des produits agricoles, les joint-ventures, l’import du gaz et du pétrole et autres enjeux stratégiques, en direction de la Libye et de l’Algérie.</p>
<p>Néanmoins, depuis 2010, aucun cabinet diplomatique tunisien n’est resté en poste pour plus de deux ans. Une instabilité, en dépit de ses raisons, qui empêche ne serait-ce que la participation efficace de Tunis dans une potentielle expansion en Libye ou en Algérie. Cela n’a pas empêché la conduite des affaires courantes. Mais des projets tels que la nouvelle <a href="https://lapresse.tn/2025/04/12/zone-economique-franche-pour-la-tunisie-lalgerie-et-la-libye-un-nouveau-chapitre-economique-en-mediterranee/">Zone Economique Franche</a> (la Tunisie en compte une déjà pour les échanges avec chacun de ses voisins, soit deux au total) demande davantage de lobbying de la part de la diplomatie tunisienne.</p>
<p>A titre d’exemple, en 2019, le Tunisia-Africa Business Council a initié un projet de formation massive de codeurs au Ghana, afin de garantir l’autonomie de production des solutions industrielles. Le projet de ce futur tech-hub a finalement été repris par les Emirats arabes Unis (UAE) et lancé en 2024. Un projet qui aurait pu être réalisé en Tunisie, avec des ressources internes, et un financement libyen et algérien.</p>
<p>Surtout que l’on sait que, depuis, les géants <a href="https://energycapitalpower.com/digital-innovation-in-libyas-oil-and-gas-sector/">National Oil Corporation (NOC) en Libye</a> et l’Entreprise nationale algérienne du forage (ENAFOR) ont tous les deux investi dans la formation de codeurs. Les deux entreprises ont fait appel à des formateurs de Russie et de Grande Bretagne, et usent pour leurs projets respectifs d’infrastructure externe (cloud et datacenters) américaine.</p>
<p>Si l’on part du principe que la Tunisie est, de fait, le quatrième pays africain en termes d’investissements dans le développement numérique des solutions industrielles, la perte des marchés dans les pays voisins est tout au moins un scandale.</p>
<p>Et ça ne s’arrête pas là. Car si la Tunisie est dotée d’excellentes ressources humaines (ingénieurs, main d’œuvre spécialisée etc..), ces dernières ne contemplent même plus l’émigration vers la Libye ou l’Algérie. Pourtant, ça n’a pas toujours été le cas. La tendance s’étend également au secteur d’import-export, à l’agriculture, aux jumelages universitaires, et même à la coopération sécuritaire sur les frontières communes !</p>
<p>On pourrait supposer que ce contexte est inévitable. Toutefois, le canaliser via des structures existantes est tout à fait possible. Il n’y a certainement pas de manque de sociétés binationales ou régionales dont la chaine s’étend entre la Tunisie, l’Algérie et la Libye. Et de par leur situation diplomatique respective, la Libye et l’Algérie n’ont aucune pression étrangère visant à snober des offres avantageuses de la part d’un Etat voisin et ami. Un échec diplomatique ? Probablement. Pourtant, les aléas économiques régionaux condamnent le choix de la division, par intérêt commun.</p>
<p><strong>Algérie : la sortie de la manne chinoise et la coopération régionale</strong></p>
<p>Il n’est pas habituel pour l’Etat algérien de baser ses décisions stratégiques exclusivement sur le gain. A titre d’exemple, la coopération sécuritaire et scientifique avec la Russie, ou encore l’entrée massive de la Chine dans le marché de l’infrastructure depuis une dizaine d’années, montrent qu’au-dessus de tout, Alger cherche des partenariats gagnant-gagnant.</p>
<p>En effet, même lorsqu’il s’agit de sa relation avec les puissances mondiales, l’Algérie veille à ce que sa balance commerciale demeure globalement positive – exempli gratia, lors de l’annonce des droits de douane par les Etats-Unis. Dans les détails, il s’agit d’équilibrer les choix diplomatiques avec la viabilité du commerce international. Parmi lesdits choix, celui de rompre avec le Maroc. Les tensions sont insolubles et le contexte est celui d’une guerre froide. Mais avec la Tunisie et la Libye, l’Algérie a toujours veillé à ce que les relations demeurent au beau fixe.</p>
<p>Cela montre surtout que dans l’intérêt même de l’Algérie, faire évoluer les relations, économiques notamment, avec la Libye et la Tunisie est indispensable. L’Algérie s’inscrit automatiquement, de par ses relations avec la Chine et son ambition d’intégrer les BRICS, dans le plan de la nouvelle route de la soie (BRI). La Chine a investi massivement, depuis 2011, dans l’infrastructure algérienne, moyennant ses propres fonds et ses propres ouvriers (les ouvriers chinois sont quasiment aussi nombreux que les ressortissants libyens et tunisiens en Algérie). Un partenariat indispensable pour l’Algérie, mais loin d’être tenable sur le long terme. <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/03/18/en-algerie-la-chine-n-investit-pas-beaucoup-mais-elle-compte-enormement_5437927_3212.html">Les investisseurs chinois ont tendance à fuir les pays africains après toute fluctuation politique</a>, aussi minime soit-elle.</p>
<p>D’un autre côté, la seule constante pour l’Algérie a été sa relation fraternelle avec la Tunisie et la Libye, avec lesquelles elle partage 2 milliards de dollars d’échanges commerciaux annuels chacune ! Une masse d’échange énorme, mais avec une grande marge d’amélioration. Il faut rappeler que la frontière Est de l’Algérie a connu pas mal de turbulences durant la décennie passée. La fluidité du commerce informel a été touchée, mais également le transport des ressources. Tant et si bien que le président Tebboune a levé, en octobre dernier, les restrictions sur les importations de matières premières essentielles. Une grande partie de ces dernières provient d’Europe, mais également de la Tunisie, ou encore transite par la Libye et la Tunisie.</p>
<p>Deux enjeux, surtout, priment sur ces échanges du côté algérien : celui de l’exportation du gaz naturel vers l’Europe, qui passe en grande partie par la Tunisie, et celui de la vente des engrais phosphatés, dont la Libye est un grand client et distributeur à la fois.</p>
<p><strong>Libye : discuter, mais avec qui ?</strong></p>
<p>Pour la Tunisie et l’Algérie, la Libye est un bon voisin, en dépit des problèmes qu’elle traverse. Depuis la fin de la guerre civile en Libye, mais également de la crise de la Covid-19, les relations avec ses voisins ne cessent de s’améliorer. Du côté tunisien, la reprise du commerce et la réouverture des frontières ont été plutôt réactives. L’Algérie, elle, reste relativement vigilante.</p>
<p>Il faut dire que les frontières partagées ne sont pas les mêmes pour les deux voisins de la Libye. Des frontières qui, aujourd’hui, sont parsemées de zones militaires. Etrangement, la présence militaire protège également le passage des marchandises et des voyageurs.</p>
<p>Toutefois, l’Etat libyen est divisé. Et les autorités algériennes et tunisiennes doivent périodiquement changer d’interlocuteur. Cela introduit un aspect cynique aux relations régionales, modéré par l’importance du marché libyen. Qu’il s’agisse de produits agricoles, manufacturés, d’industrie lourde ou de transfert technologique, la Libye importe massivement de ses voisins. Un contexte qui met l’Algérie et la Tunisie en concurrence directe avec l’Egypte d’un côté, et avec l’Europe et la Turquie de l’autre. Au final, pour l’Etat libyen, que ce soit le gouvernement à l’Ouest, ou les autorités de l’Armée nationale libyenne (ANL) à l’Est, les règles de concurrence s’imposent. La meilleure offre trouve souvent son chemin vers le marché libyen. Cependant, l’Etat libyen divisé ne peut garantir la sécurité des investissements, ni même celle des ressortissants algériens et tunisiens.</p>
<p>La Tunisie et l’Algérie semblent unies, et neutres, dans leur position quant à la situation libyenne. Une neutralité qui garantit la continuité des échanges commerciaux, mais qui ne promet rien quant à l’évolution des rapports. Il semble que ce statu quo trouve du répondant auprès des voisins de l’Ouest. La Libye quant à elle nécessite la coopération avec la Tunisie, notamment dans le secteur médical et les produits essentiels. Du coté algérien, la coopération avec la Libye dans les hydrocarbures nécessite la stabilité le long des frontières communes. L’algérien Sonatrach, le britannique BP et l’italien ENI ne peuvent agir dans le Massif du Hoggar (en Algérie) ou au Ghat (en Libye) sans les assurances des deux Etats. Beaucoup d’enjeux géostratégiques reposent sur l’entente mutuelle des parties concernées par la production pétrolière de cette région désertique. Qu’il se passe quoi que ce soit à Tripoli, à Benghazi ou à Syrte, le sud libyen semble donc épargné par les milices libyennes comme par les groupes terroristes qui sévissent dans le sud libyen.</p>
<p>Une « paix pétrolière » assurée par l’armée algérienne, sans doute, mais qui profite aux trois pays voisins qui y gagnent finalement la paix dans le désert.</p>
<p><strong>Tunisie, Algérie et Libye : on ne choisit pas sa famille</strong></p>
<p>Tant d’exemples qui montrent que, finalement, les trois pays sont confrontés à de différents problèmes internes, mais aux mêmes enjeux futurs. Globalement, l’indice de développement humain (IDH) des trois pays est sensiblement le même. Socialement, les populations affrontent les mêmes défis. Les Etats, eux, ont des priorités différentes, mais qui n’ont pas à l’être.</p>
<p>Premièrement, le bloc des trois pays contrôle de facto la route Suez-Gibraltar, qui représente grossièrement le tiers des échanges commerciaux dans le monde. Un meilleur investissement dans les ports en eau profonde (déjà présents ou au stade de projet) serait un bon pas vers l’intégration de la Tunisie, la Libye et l’Algérie dans le commerce mondial. Des projets monstrueux certes, mais dont le rendement est plus que certain, et touche d’autres dossiers sensibles comme la sécurité maritime en méditerranée, l’immigration clandestine – une carte à jouer vis-à-vis de l’Europe – et la promotion de la transformation digitale. Le système de câbles de fibre optique sous-marins Medusa est également un levier de puissance mondiale, dont cinq des sept corridors passent par les eaux territoriales algériennes, tunisiennes et libyennes.</p>
<p>Ensuite, même si la communication officielle des trois pays tourne surtout autour d’une « révolution écologique » utopique, qui ne cesse de prouver ses limites économiques, l’agriculture, elle, est un domaine beaucoup plus concret. L’Algérie est un leader mondial dans la production des engrais, continuellement à la recherche de nouveaux marchés. La Libye, contrairement aux idées préconçues, possède trente millions d’hectares de terres arables non exploitées. Les spécialistes parlent d’un manque d’eau et d’incitations de l’Etat.  En effet, afin de maintenir l’équilibre de ses nappes phréatiques, la Libye investit beaucoup dans la désalinisation, au lieu de l’agriculture mécanisée ; alors que cette dernière, moyennant les bonnes technologies, peut permettre de subvenir aux besoins du consommateur libyen tout en réduisant le cout de l’irrigation et allégeant celui des imports.</p>
<p>Une question d’organisation dont souffre la Tunisie également, où l’agriculture est un secteur économique de premier plan. Pourtant, les problèmes de ce secteur sont multiples : manque de semences (à cause des monopoles des entreprises étrangères), des cultures maraichères agronomiquement contreproductives (comme les tomates et les pastèques destinées à l’export) etc… des difficultés dont les solutions existent déjà de l’autre côté des frontières. En effet, les initiatives d’agriculture durable en Tunisie se heurtent souvent aux prix des engrais ou à la complexité des procédures.</p>
<p>Puis, qu’il s’agisse de l’Algérie, la Tunisie ou la Libye, l’importation des matières premières, surtout des autres pays d’Afrique, se fait par initiative du secteur privé. Plusieurs puissances africaines, comme l’Ethiopie, le Ghana ou le Sénégal, n’ont pas de médiateurs lors de leurs négociations avec les industriels maghrébins. Surtout, les Etats du Maghreb central n’interviennent presque jamais dans le commerce africain, ni via leurs propres représentations diplomatiques, ni en faisant appel à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou aux différentes structures de l’Union africaine. Une démission qui interroge, notamment lorsqu’on sait que la Libye, la Tunisie et l’Algérie importent massivement les mêmes matières premières (bois, cuivre, aluminium, cacao, café, coton…) au prix fort d’Europe et d’Amérique latine.</p>
<p>Alors oui, des solutions existent pour baisser les couts de l’importation, ou investir dans le développement durable dans la région d’Afrique du nord. Cependant, l’intervention des Etats concernés est indispensable, et se doit d’être ciblée afin d’atteindre les meilleurs résultats. Reste à savoir s’il existe une volonté politique à la hauteur. Car on ne choisit pas sa famille, mais lorsque les temps sont durs, il faut savoir faire front.</p>
<ul>
<li><em>Journaliste et analyste géopolitique Maghreb / Moyen-Orient</em></li>
</ul>
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		<title>Libération de Safi Saïed</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Aug 2024 17:01:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le porte-parole des tribunaux de Kasserine, Riadh Nouioui, a confirmé que le parquet près le tribunal de première instance de Kasserine a renvoyé les dossiers de l&#8217;activiste politique Essafi Saïed et de son compagnon, en liberté, devant le tribunal de Première Instance de Fériana, pour soupçon de franchissement illégal de la frontière, jeudi 22 août [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/29634">Libération de Safi Saïed</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le porte-parole des tribunaux de Kasserine, Riadh Nouioui, a confirmé que le parquet près le tribunal de première instance de Kasserine a renvoyé les dossiers de l&rsquo;activiste politique Essafi Saïed et de son compagnon, en liberté, devant le tribunal de Première Instance de Fériana, pour soupçon de franchissement illégal de la frontière, jeudi 22 août 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parquet près le tribunal de première instance de Kasserine avait autorisé <a href="https://lepontdegeneve.ch/details-de-larrestation-de-safi-said-a-bouchbaka-algerie/">la garde à vue des deux suspects </a>mardi dernier pour les mêmes soupçons.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="720" height="819" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2024/08/Safi-Said-et-avocat.jpg" alt="" class="wp-image-29636" style="width:483px;height:auto" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2024/08/Safi-Said-et-avocat.jpg 720w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2024/08/Safi-Said-et-avocat-264x300.jpg 264w" sizes="(max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de noter qu&rsquo;Essafi Saïed avait déposé son dossier de candidature à l&rsquo;élection présidentielle, mais l&rsquo;Instance supérieure indépendante pour les élections avait rejeté sa candidature en raison de l&rsquo;absence de certains documents requis, notamment les parrainages populaires et la carte d&rsquo;identité n°3. Il avait également fait l&rsquo;objet d&rsquo;une condamnation par contumace à quatre mois de prison dans une affaire liée à un soupçon de falsification des parrainages populaires lors de sa candidature à l&rsquo;élection présidentielle de 2014.</p>
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		<title>Détails de l&#8217;arrestation de Safi Said à Bouchbaka, Algérie</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Aug 2024 16:04:34 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du suivi de l&rsquo;arrestation et de la garde à vue de l&rsquo;activiste politique Ahmed Essafi Saïd et de son accompagnateur, qui tentaient de traverser clandestinement la frontière tuniso-algérienne hier mardi 20 août 2024, Mosaïque FM a appris que la brigade de la garde nationale frontalière de Fériana, dans le gouvernorat de Kasserine, a obtenu hier des informations selon lesquelles les autorités de sécurité algériennes ont arrêté Essafi Saïd et son accompagnateur vers 7h du matin, après qu&rsquo;ils aient réussi à traverser la frontière et à pénétrer sur le territoire algérien depuis le douar de Sidi Dhahir, village de Boudrias, délégation de Foussana, au niveau des bornes frontalières 206 et 207.<br>Les unités en question les ont arrêtés et les ont remis aux autorités de sécurité algériennes au village de Bouchteb, dans le gouvernorat de Tébessa, en attendant de les transférer à la municipalité d&rsquo;El Oued et de prendre les mesures légales nécessaires à leur encontre.<br>On se rappelle que le porte-parole officiel des tribunaux de Kasserine, Riadh Nouioui, avait déclaré hier à Mosaïque FM que le parquet près le tribunal de première instance de Kasserine avait autorisé la garde à vue de l&rsquo;activiste politique Essafi Saïd et de son accompagnateur pour tentative de traversée clandestine des frontières vers un pays voisin.<br>Contexte<br>Ahmed Essafi Saïd est un activiste politique tunisien connu pour ses prises de position critiques envers le gouvernement. Son arrestation et sa tentative de fuite vers l&rsquo;Algérie s&rsquo;inscrivent dans un contexte de tensions politiques et de répression des voix dissidentes en Tunisie.<br>La traversée clandestine des frontières est un délit passible de poursuites judiciaires dans la plupart des pays. Les autorités tunisiennes et algériennes coopèrent étroitement en matière de sécurité pour lutter contre l&rsquo;immigration illégale et les activités illicites transfrontalières.<br>L&rsquo;affaire Essafi Saïd soulève des questions sur la liberté d&rsquo;expression et le respect des droits de l&rsquo;Homme en Tunisie. Les organisations de défense des libertés suivent de près l&rsquo;évolution de cette affaire et appellent au respect des procédures légales et des garanties judiciaires.</p>
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		<title>L&#8217;ex-député tunisien Seïfeddine Makhlouf placé en détention en Algérie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jul 2024 15:21:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le procureur général du tribunal de première instance d'Annaba, en Algérie, a ordonné le placement en détention provisoire de Seïfeddine Makhlouf, ancien député tunisien et figure du parti islamiste Al Karama. L'arrestation s'est déroulée le 4 juillet 2024 à l'aéroport d'Annaba, alors que Makhlouf tentait apparemment de quitter le pays.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le procureur général du tribunal de première instance d&rsquo;Annaba, en Algérie, a ordonné le placement en détention provisoire de Seïfeddine Makhlouf, ancien député tunisien et figure du parti islamiste Al Karama. L&rsquo;arrestation s&rsquo;est déroulée le 4 juillet 2024 à l&rsquo;aéroport d&rsquo;Annaba, alors que Makhlouf tentait apparemment de quitter le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les informations disponibles, Makhlouf, qui faisait l&rsquo;objet d&rsquo;une interdiction de sortie du territoire en Tunisie, aurait franchi clandestinement la frontière algéro-tunisienne avant de se rendre à Annaba. Son objectif semblait être de s&rsquo;envoler pour la Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est lors des contrôles à l&rsquo;aéroport d&rsquo;Annaba que les autorités algériennes ont découvert l&rsquo;irrégularité de sa situation, ce qui a immédiatement conduit à son interpellation. Cette arrestation soulève des questions sur les circonstances de son entrée en Algérie et sur les possibles implications diplomatiques entre les deux pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités algériennes n&rsquo;ont pas encore communiqué sur la suite qui sera donnée à cette affaire, notamment concernant une éventuelle extradition vers la Tunisie.<br>Rappelons que dans la nuit du 20 au 21 janvier, la Tunisie a été secouée par l&rsquo;arrestation de Seifeddine Makhlouf, figure de l&rsquo;opposition et critique virulent du président Kaïs Saïed. Cet ancien député, chef du parti islamiste Al-Karama, a été appréhendé à son domicile par une vingtaine d&rsquo;agents en civil, suite à sa condamnation par un tribunal militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon son avocate, Ines Harrath, Makhlouf a été reconnu coupable d&rsquo;avoir insulté des agents de police à l&rsquo;aéroport de Tunis-Carthage en mars 2021. Le tribunal militaire l&rsquo;a condamné en appel à 14 mois de prison ferme, alourdissant considérablement la peine de cinq mois prononcée en première instance en mai 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;incident à l&rsquo;origine de cette condamnation remonte à mars 2021, lorsque Makhlouf et d&rsquo;autres députés de son parti ont tenté d&rsquo;intervenir en faveur d&rsquo;une femme soupçonnée de liens avec le terrorisme, empêchée de voyager à l&rsquo;aéroport. Cette altercation avait provoqué un vif émoi en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette condamnation s&rsquo;inscrit dans un contexte politique tendu. Depuis que le président Kaïs Saïed s&rsquo;est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021, ses opposants, dont Makhlouf, l&rsquo;accusent d&rsquo;instaurer une nouvelle autocratie. La dissolution du Parlement en mars 2022 n&rsquo;a fait qu&rsquo;exacerber ces tensions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrestation de Makhlouf a suscité de vives réactions. Ahmed Néjib Chebbi, leader de la principale coalition d&rsquo;opposition, a dénoncé une « mentalité de vengeance » du pouvoir, tandis que la présidence a appelé à « s&rsquo;attaquer à tous les corrompus ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette affaire soulève également des inquiétudes quant à l&rsquo;utilisation des tribunaux militaires pour juger des civils, une pratique critiquée par de nombreuses ONG locales et internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que Makhlouf entame sa peine, son cas illustre les tensions croissantes entre le gouvernement tunisien et ses opposants, ravivant les débats sur l&rsquo;état de la démocratie dans le pays qui fut le berceau du Printemps arabe.</p>
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