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	<title>Archives des blanchiment - Le pont de Genève</title>
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		<title>Tunisie : Saadia Mosbah, symbole d’un combat antiraciste piétiné par l’État</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Aug 2025 10:21:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>CHAPEAUTunis, 7 août 2025&#160;— Malgré un an d’enquête sans preuves tangibles, la justice tunisienne vient de rouvrir le dossier visant Saadia Mosbah, figure historique de la lutte contre le racisme. Accusée de « blanchiment d’argent » et de « trahison » pour son soutien aux migrants subsahariens, son cas incarne la répression systématique des voix [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>CHAPEAU</strong><br><em>Tunis, 7 août 2025</em>&nbsp;— Malgré un an d’enquête sans preuves tangibles, la justice tunisienne vient de rouvrir le dossier visant Saadia Mosbah, figure historique de la lutte contre le racisme. Accusée de « blanchiment d’argent » et de « trahison » pour son soutien aux migrants subsahariens, son cas incarne la répression systématique des voix dissidentes sous le régime de Kaïs Saïed.</p>



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<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le Piège Judiciaire</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dimanche 6 août, la cour d’appel de Tunis a invalidé la clôture partielle de l’enquête contre l’association <em>Mnemty</em> (« Mon rêve »), présidée par Saadia Mosbah. Sept militants, dont Mosbah, détenue depuis mai 2024, font face à de nouvelles accusations — « financement étranger » et « association de malfaiteurs » — pour un seul motif : leur aide humanitaire aux migrants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, un rapport d’expertise financière remis en mars 2025 les avait partiellement disculpés. « <em>Aucune preuve de malversation n’a été trouvée</em> », confie Zied Rouine, coordinateur de <em>Mnemty</em>, joint par nos soins. « <em>Mais nos comptes sont gelés, nos activités paralysées. On criminalise notre combat</em> ».</p>



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<h3 class="wp-block-heading"><strong>Saadia Mosbah : Parcours d’une Résistante</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading">Un engagement né de l’humiliation</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Née à Bab Souika, un quartier populaire de Tunis, Saadia Mosbah, 62 ans, a d’abord été hôtesse de l’air chez Tunisair. C’est là qu’elle subit ses premières agressions racistes : en 1983, un chef de cabine l’enferme à l’arrivée du PDG, « <em>pour ne pas gêner</em> ». En 2013, un pompiste refuse de la servir en la traitant d’« <em>esclave</em> ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mnemty, l’arme légale contre l’apartheid tunisien</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Après deux tentatives avortées sous la dictature de Ben Ali — « <em>Il n’y a pas de racisme ici !</em> » lui rétorque-t-on —, elle fonde enfin <em>Mnemty</em> en 2015. Son combat aboutit en 2018 à une loi pionnière dans le monde arabe : la <strong>loi n°50 criminalisant la discrimination raciale</strong>, prévoyant jusqu’à 3 ans de prison pour incitation à la haine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;*80% des Tunisiens reconnaissent l’existence du racisme anti-Noirs, mais l’État le nie encore*&nbsp;», rappelle Ramadan Ben Omar, du Forum tunisien des droits économiques et sociaux7.</p>
</blockquote>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La Machine Répressive</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading">Du discours présidentiel aux arrestations</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 mai 2024, le président Kaïs Saïed tonne lors d’un Conseil de sécurité : « <em>Les ONG défendant les migrants sont des traîtres à la solde de l’étranger</em> ». En 48 heures, Saadia Mosbah est arrêtée. Sa maison et le siège de <em>Mnemty</em> sont perquisitionnés.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Tactiques de délégitimation</h4>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Campagnes de haine en ligne</strong> : Des comptes affiliés au pouvoir accusent Mosbah de « <em>recevoir 2 000$ par migrant clandestin</em> ».</li>



<li><strong>Instrumentalisation d’un prix international</strong> : Sa photo avec Antony Blinken, qui lui remet le <em>Prix des champions de la lutte antiraciste</em> en 2023, est brandie comme une « <em>preuve de collusion</em> ».</li>
</ul>



<h4 class="wp-block-heading">Silencing stratégique</h4>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres activistes sont ciblés :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Sonia Dahmani</strong>, avocate, arrêtée pour avoir dénoncé le racisme d’État à la radio.</li>



<li><strong>Abdallah Said</strong>, président de l’association <em>Enfants de la Lune</em>, inculpé pour « <em>aide aux migrants</em> ».</li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’Horizon Sombre de la Tunisie</strong></h3>



<h4 class="wp-block-heading">Des migrants abandonnés dans le désert</h4>



<p class="wp-block-paragraph">Sous pression de l’UE (qui finance la « gestion » des flux migratoires), la Tunisie pratique des <strong>déportations illégales</strong> vers des zones désertiques, où des centaines de Subsahariens meurent de soif.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une société fracturée</h4>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Après le discours de Saïed, on m’a viré de mon travail. En rue, on me crache dessus</em> », témoigne Mohamed Hamed, réfugié soudanais7. Les étudiants subsahariens se barricadent chez eux : « <em>Mon ami a été battu à coups de bâton</em> », confie François Famba, étudiant congolais.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion : L’Étreinte de l’Autoritarisme</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire Mosbah n’est pas qu’un procès. C’est le&nbsp;<strong>test de résistance</strong>&nbsp;d’une société civile déjà laminée par la suspension du Parlement en 2021 et la répression des journalistes. Alors que l’État invoque la «&nbsp;<em>souveraineté nationale</em>&nbsp;», les associations rappellent l’évidence :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>La loi antiraciste de 2018, c’est son combat. Aujourd’hui, on l’emprisonne pour l’appliquer</em>&nbsp;»<br>— Zied Rouine,&nbsp;<em>Mnemty</em>5.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dernier développement</strong> : Une pétition internationale exige la libération de Mosbah, tandis que le collectif <em>Chkoun</em> (<em>Qui ?</em>) organise des veilles devant les prisons tunisiennes. Le prix à payer pour défendre les droits humains n’a jamais été aussi élevé.</p>
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