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	<title>Archives des Entertainment - Le pont de Genève</title>
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		<title>Nouveau mandat de dépôt contre le journaliste Zied El Heni</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 11:35:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La chambre d&#8217;accusation de la Cour d&#8217;appel de Tunis a ordonné hier l&#8217;émission d&#8217;un nouveau mandat de dépôt en prison contre le journaliste Zied El Heni, ainsi que trois autres mis en cause, tous anciens membres de la délégation spéciale de la municipalité de Carthage, dans le cadre d&#8217;une affaire de soupçons de corruption portant [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La chambre d&rsquo;accusation de la Cour d&rsquo;appel de Tunis a ordonné hier l&rsquo;émission d&rsquo;un nouveau mandat de dépôt en prison contre le journaliste Zied El Heni, ainsi que trois autres mis en cause, tous anciens membres de la délégation spéciale de la municipalité de Carthage, dans le cadre d&rsquo;une affaire de soupçons de corruption portant sur la cession d&rsquo;un terrain dans la région de Carthage à un prix jugé bien inférieur à sa valeur réelle. Cette décision survient alors que le même journaliste attend déjà l&rsquo;issue de son procès en appel dans une affaire distincte liée à une publication en ligne.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un mandat fondé sur des soupçons de corruption foncière</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une source bien informée, les chefs d&rsquo;inculpation retenus visent « l&rsquo;exploitation par un fonctionnaire public de sa qualité pour s&rsquo;octroyer ou octroyer à autrui un avantage injustifié, au détriment de l&rsquo;administration, en violation des réglementations applicables, dans le but de réaliser un profit ou de causer un préjudice, ainsi que la fraude et l&rsquo;usage de documents frauduleux ». Des qualifications graves qui situent l&rsquo;affaire dans le registre pénal de la corruption dans la gestion des biens publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enquête prend appui sur une plainte déposée en décembre 2022 par une association de protection du patrimoine archéologique et culturel de Carthage. Celle-ci alléguait l&rsquo;existence de « soupçons de corruption » relatifs à la cession d&rsquo;une parcelle de terrain dans la région de Carthage à un particulier, à un prix sans rapport avec la valeur réelle du bien, et sans consultation préalable des experts des services des Domaines de l&rsquo;État. Selon la plainte, cet écart entre le prix inscrit dans l&rsquo;acte de cession et la valeur estimée par les experts désignés ultérieurement aurait causé un préjudice financier significatif à la municipalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Zied El Heni est mis en cause dans cette affaire en sa qualité d&rsquo;ancien membre du conseil municipal de Carthage. Des équipes sécuritaires ont été chargées de l&rsquo;exécution des mandats de dépôt émis à l&rsquo;encontre des quatre mis en cause.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un journaliste déjà sous le coup d&rsquo;une condamnation en première instance</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce nouveau mandat s&rsquo;ajoute à une situation judiciaire déjà lourde pour Zied El Heni. Le journaliste avait précédemment été condamné à un an d&#8217;emprisonnement dans une affaire distincte, poursuivi sur la base de l&rsquo;article 86 du Code des télécommunications pour « atteinte aux tiers via les réseaux publics de communication », en raison d&rsquo;une publication sur les réseaux sociaux dans laquelle il faisait référence à des données judiciaires. Il a interjeté appel de cette décision, et la Cour d&rsquo;appel de Tunis a fixé l&rsquo;audience au 12 juin prochain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cumul de ces deux procédures place le journaliste dans une position particulièrement précaire : une condamnation en instance d&rsquo;appel d&rsquo;un côté, un nouveau mandat de dépôt de l&rsquo;autre, dans une affaire aux ramifications administratives et foncières complexes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La liberté de la presse en Tunisie, entre pressions judiciaires et fragilité institutionnelle</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;affaire Zied El Heni s&rsquo;inscrit dans un paysage médiatique et judiciaire profondément marqué par les transformations politiques opérées depuis le 25 juillet 2021. Depuis la concentration des pouvoirs entre les mains du président Kaïs Saïed, plusieurs journalistes, blogueurs et acteurs de la société civile ont fait l&rsquo;objet de poursuites pénales dans des contextes où la frontière entre répression politique et application ordinaire du droit reste difficile à tracer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;article 86 du Code des télécommunications — texte d&rsquo;une formulation suffisamment large pour couvrir une grande variété d&rsquo;expressions en ligne — a été mobilisé à de nombreuses reprises contre des voix critiques ou simplement informatives. Des organisations internationales comme Reporters sans frontières et le Comité pour la protection des journalistes ont régulièrement alerté sur son usage extensif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dimension municipale de ce dossier rappelle, par ailleurs, que la période des délégations spéciales — structures de gestion locale nommées en remplacement des conseils élus après leur dissolution — reste une zone de tension juridique et politique. Des décisions prises dans ce cadre font aujourd&rsquo;hui l&rsquo;objet de contestations et d&rsquo;enquêtes, ce qui expose rétrospectivement leurs membres à des poursuites, qu&rsquo;ils soient journalistes, militants ou techniciens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l&rsquo;audience en appel du 12 juin approche pour la première affaire, et que la nouvelle procédure liée à la municipalité de Carthage vient d&rsquo;être enclenchée, la trajectoire judiciaire de Zied El Heni soulève une question que la société tunisienne ne peut longtemps éluder : à quel point les institutions judiciaires demeurent-elles imperméables aux pressions politiques dans un pays où les contre-pouvoirs s&rsquo;effritent?</p>
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		<title>Liberté de la presse en Tunisie : au-delà du décret 54, une répression qui s&#8217;élargit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2026 16:50:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les autorités tunisiennes ne se contentent plus de poursuivre des journalistes à titre individuel. Elles s&#8217;attaquent désormais aux structures mêmes qui rendent le journalisme indépendant possible — gels bancaires, audits administratifs, procédures de dissolution. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a documenté, dans un rapport publié le 12 mai 2026, une stratégie qui [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les autorités tunisiennes ne se contentent plus de poursuivre des journalistes à titre individuel. Elles s&rsquo;attaquent désormais aux structures mêmes qui rendent le journalisme indépendant possible — gels bancaires, audits administratifs, procédures de dissolution. Le Comité pour la protection des journalistes (<a href="https://cpj.org/2026/05/beyond-decree-54-tunisias-latest-measures-to-silence-the-press/?fbclid=IwZnRzaAR__XlleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZAo2NjI4NTY4Mzc5AAEexajUgB5StPcvVm-ksp9AIL6wgbXdECr-0KzuzQNXgCPXd8NO47mdx_iOp7M_aem_l1CBXVvhP1kwQghtB5Rc9g" type="link" id="https://cpj.org/2026/05/beyond-decree-54-tunisias-latest-measures-to-silence-the-press/?fbclid=IwZnRzaAR__XlleHRuA2FlbQIxMQBzcnRjBmFwcF9pZAo2NjI4NTY4Mzc5AAEexajUgB5StPcvVm-ksp9AIL6wgbXdECr-0KzuzQNXgCPXd8NO47mdx_iOp7M_aem_l1CBXVvhP1kwQghtB5Rc9g">CPJ</a>) a documenté, dans un rapport publié le 12 mai 2026, une stratégie qui va bien au-delà du tristement célèbre décret-loi 54 de 2021, et qui vise à démanteler méthodiquement l&rsquo;infrastructure médiatique indépendante tunisienne.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-1024x683.png" alt="" class="wp-image-31128" style="aspect-ratio:1.5000633472697327;width:560px;height:auto" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-1024x683.png 1024w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-300x200.png 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-768x512.png 768w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image.png 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;avocate et écrivaine tunisienne Sonia Dahmani s&rsquo;exprime chez elle à Tunis le 27 novembre 2025, après sa sortie de prison. (Photo : AFP/Fethi Belaid)<br></figcaption></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Un arsenal juridique qui dépasse le seul décret 54</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant près d&rsquo;une décennie après la révolution de 2011, la Tunisie incarnait une exception dans le monde arabe : celle d&rsquo;un pays où des journalistes pouvaient enquêter, critiquer le pouvoir et informer librement, sans craindre systématiquement la prison. Ce temps semble révolu.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-committee-to-protect-journalists wp-block-embed-committee-to-protect-journalists"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eUPuYYdAGo"><a href="https://cpj.org/2026/05/beyond-decree-54-tunisias-latest-measures-to-silence-the-press/">Beyond Decree 54: Tunisia’s latest measures to silence the press</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="“Beyond Decree 54: Tunisia’s latest measures to silence the press” — Committee to Protect Journalists" src="https://cpj.org/2026/05/beyond-decree-54-tunisias-latest-measures-to-silence-the-press/embed/#?secret=lXMZPtHBmp#?secret=eUPuYYdAGo" data-secret="eUPuYYdAGo" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décret-loi 54, imposé par le président Kaïs Saïed en 2021 pour réprimer la diffusion de « fausses informations », demeure l&rsquo;instrument central de la répression. En mars 2026, Ghassen Ben Khelifa, rédacteur en chef du journal indépendant <em>Inhiyez</em>, a été condamné à deux ans de prison dans une affaire ouverte depuis septembre 2022, liée à une page sur les réseaux sociaux que les autorités lui attribuent. Le 13 avril, c&rsquo;est la commentatrice politique et avocate Sonia Dahmani qui a écopé de dix-huit mois d&#8217;emprisonnement — sa cinquième procédure judiciaire au moins, toutes liées à ses prises de position médiatiques. Le 7 mai, le journaliste Zied el-Heni, rédacteur en chef du site <em>Tunisian Press</em>, a été condamné à un an de prison pour avoir publié sur Facebook une critique contre la justice dans l&rsquo;affaire d&rsquo;un confrère.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="512" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1024x512.png" alt="" class="wp-image-31129" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-1-1024x512.png 1024w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-1-300x150.png 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-1-768x384.png 768w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-1.png 1500w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un tribunal de Tunis a condamné les journalistes radio Borhen Bsaies (à gauche) et Mourad Zghidi pour diffamation et diffusion de fausses informations. (Captures d&rsquo;écran : Carthage Plus/YouTube ; IFM/YouTube)<br></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ni Dahmani ni Ben Khelifa ne sont, à ce jour, incarcérés. Mais c&rsquo;est précisément cet entre-deux juridique qui constitue le piège. Leurs peines restent exécutoires à tout moment. « Les autorités tunisiennes ont transformé la liberté de Sonia en menace », confie au CPJ Ramla Dahmani, la sœur de la condamnée. « En maintenant cette sentence suspendue au-dessus d&rsquo;elle, ils nous imposent le silence : si nous parlons, elle peut être emmenée en prison le lendemain. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">La criminalisation financière, nouvelle arme contre la presse</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des poursuites pour discours, le CPJ documente une escalade inédite : le recours aux accusations de criminalité financière pour prolonger les détentions et radicaliser la stigmatisation des journalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cas de Mourad Zghidi et Borhen Bsaies, journalistes de radio arrêtés en mai 2024 en même temps que Sonia Dahmani, en sont l&rsquo;illustration la plus saisissante. Initialement poursuivis sous le décret 54, ils avaient vu leurs peines réduites en appel. Mais au lieu d&rsquo;être libérés, ils ont fait l&rsquo;objet de nouvelles enquêtes pour blanchiment d&rsquo;argent et enrichissement illicite. En janvier 2026, un tribunal de Tunis les a condamnés à trois ans et demi de prison, assortis d&rsquo;amendes lourdes et de saisies d&rsquo;actifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yesmine Zghidi, fille de Mourad, décrit ces charges comme des mesures de représailles destinées à maintenir son père derrière les barreaux tout en le requalifiant en criminel de droit commun. « Nos vies se sont arrêtées le jour où notre père a été arrêté », témoigne-t-elle. « Le plus difficile, c&rsquo;est de savoir qu&rsquo;il n&rsquo;a rien fait de mal, et qu&rsquo;il est pourtant en cellule. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des médias indépendants sous étranglement institutionnel</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La stratégie répressive dépasse désormais les individus pour viser les organisations elles-mêmes. L&rsquo;association Al Khatt, structure mère de la plateforme d&rsquo;investigation <em>Inkyfada</em> et acteur central de la presse indépendante tunisienne depuis plus d&rsquo;une décennie, fait face à une procédure de dissolution. Une audience sur la demande gouvernementale est prévue en juin 2026. Depuis fin 2023, Al Khatt enchaîne les restrictions bancaires répétées, les audits administratifs, les demandes de documentation et une suspension d&rsquo;un mois de ses activités en 2025.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="544" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png" alt="" class="wp-image-31130" style="width:575px;height:auto" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-2.png 1024w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-2-300x159.png 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/image-2-768x408.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le journaliste tunisien Zied el-Heni a récemment été condamné à un an de prison. (Capture d&rsquo;écran : YouTube/IFM)<br></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">« L&rsquo;obstacle le plus dévastateur a été les restrictions bancaires », explique Malek Khadhraoui, cofondateur d&rsquo;<em>Inkyfada</em>, au CPJ. « Des virements liés à nos projets ou services sont bloqués pendant des mois sans explication — personne ne nous dit pourquoi ni pour combien de temps. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le site indépendant <em>Nawaat</em> a lui aussi été suspendu pendant un mois en octobre 2025, à la suite d&rsquo;une série de contrôles fiscaux et de incidents de harcèlement. Le média <em>Tumedia</em> a vu un virement international d&rsquo;un donateur bloqué par sa banque après que les autorités ont exigé une documentation étendue sur les sources de financement du donateur lui-même. Les fonds restent gelés, sans explication claire. La rédactrice en chef du site, Khaoula Boukrim, serait par ailleurs visée par ce qui apparaît comme une campagne de discrédit coordonnée en ligne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin d&rsquo;avril 2026, la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme (LTDH), membre du Quartet du Dialogue National lauréat du prix Nobel de la paix en 2015, a elle aussi été suspendue pour un mois — signal supplémentaire que la pression s&rsquo;étend bien au-delà du seul secteur médiatique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte : quinze ans de liberté de la presse, un héritage fragilisé</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution du 14 janvier 2011 avait ouvert une brèche inédite dans le paysage médiatique tunisien. Dès les premières années post-Ben Ali, des titres indépendants ont émergé, des journalistes d&rsquo;investigation ont pu travailler avec une liberté relative, et la Tunisie a été fréquemment citée comme un modèle de transition démocratique dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce relatif pluralisme reposait sur un équilibre institutionnel fragile. Le décret-loi 115 de 2011, adopté après la révolution, garantissait des protections spécifiques aux journalistes et établissait un cadre de poursuites distinct du droit pénal commun. C&rsquo;est précisément ce texte que le CPJ appelle les autorités à appliquer en lieu et place du décret 54.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tournant a coïncidé avec la consolidation du pouvoir par Kaïs Saïed. Élu en 2019, ce dernier a procédé en juillet 2021 à une suspension du Parlement, avant d&rsquo;adopter une nouvelle Constitution en 2022 et de gouverner par décrets. Le décret-loi 54, adopté dans ce contexte, criminalise vaguement la diffusion de « fausses nouvelles » et de contenus jugés portant atteinte à la sécurité nationale, laissant une marge d&rsquo;interprétation très large aux autorités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2026, selon le CPJ, la Tunisie illustre un glissement vers un modèle de répression à plusieurs niveaux, combinant intimidation judiciaire, criminalisation financière et asphyxie administrative — un dispositif qui vise non seulement les voix, mais les moyens de les faire entendre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une pression internationale insuffisante, mais pas sans effets</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Des signaux ténus suggèrent que la mobilisation internationale peut peser. En 2025, le CPJ a facilité l&rsquo;audition de Ramla Dahmani devant le Parlement européen. Le même jour où l&rsquo;assemblée a adopté une résolution exprimant sa préoccupation pour l&#8217;emprisonnement de Sonia Dahmani et la situation générale de la presse en Tunisie, cette dernière a été libérée. Carlos Martínez de la Serna, directeur des programmes du CPJ, a souligné que Bruxelles dispose d&rsquo;une réelle capacité d&rsquo;influence sur Tunis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;organisation continue de presser la Commission européenne et le Service européen pour l&rsquo;action extérieure d&rsquo;exiger la libération de Mourad Zghidi et Borhen Bsaies, et appelle les autorités tunisiennes à abandonner l&rsquo;usage du décret 54 contre les journalistes, à protéger les organisations de presse indépendantes et à mettre fin aux tentatives de dissolution de leurs associations. Le gouvernement tunisien n&rsquo;a pas répondu aux demandes de commentaires du CPJ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question qui se pose désormais est moins celle de savoir si la Tunisie a rompu avec son héritage post-révolutionnaire — les faits semblent l&rsquo;attester — que celle de savoir si les partenaires internationaux du pays, et en premier lieu l&rsquo;Union européenne, sont prêts à subordonner leurs intérêts économiques et migratoires à des exigences fermes en matière de libertés fondamentales.</p>
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		<title>Tunisie : les avocats entrent en lutte contre l&#8217;immobilisme gouvernemental</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 15:56:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis mardi 19 mai, les cours et tribunaux tunisiens connaissent une paralysie progressive. Des centaines d&#8217;avocats vêtus de leurs robes noires se rassemblent chaque jour devant les palais de justice du pays, scandant des slogans qui résument leur frustration : « Le juge n&#8217;a pas peur ». Ce mouvement sans précédent, orchestré par l&#8217;ordre nationale [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Depuis mardi 19 mai, les cours et tribunaux tunisiens connaissent une paralysie progressive. Des centaines d&rsquo;avocats vêtus de leurs robes noires se rassemblent chaque jour devant les palais de justice du pays, scandant des slogans qui résument leur frustration : « Le juge n&rsquo;a pas peur ». Ce mouvement sans précédent, orchestré par l&rsquo;ordre nationale des avocats, répond au refus répété du gouvernement d&rsquo;engager un dialogue constructif sur des enjeux qui dépassent largement les seuls intérêts corporatistes. Réforme du système judiciaire, dégradation des infrastructures, atteintes à l&rsquo;indépendance des magistrats et détérioration des conditions de travail : les griefs s&rsquo;accumulent, tout comme les tensions avec la ministre de la Justice, Leïla Jaffel. En suspens : une question centrale pour la démocratie tunisienne, celle du respect de l&rsquo;État de droit dans un contexte de crispations politiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le déclenchement d&rsquo;une mobilisation organisée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La protestation s&rsquo;est cristallisée de façon graduelle avant d&rsquo;exploser publiquement. Après des mois de demandes de dialogue restées sans réponse, la Chambre nationale des avocats a décidé de passer à l&rsquo;action. Le calendrier fixé est révélateur de l&rsquo;ampleur anticipée du mouvement : des grèves régionales, échelonnées sur plusieurs semaines à partir du 19 mai, débouchent sur une grève générale nationale convoquée le 18 juin devant le palais de justice de la capitale.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703055703_1410483627782887_1744848292091679220_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-31113" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703055703_1410483627782887_1744848292091679220_n-1024x683.jpg 1024w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703055703_1410483627782887_1744848292091679220_n-300x200.jpg 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703055703_1410483627782887_1744848292091679220_n-768x512.jpg 768w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703055703_1410483627782887_1744848292091679220_n-1536x1024.jpg 1536w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703055703_1410483627782887_1744848292091679220_n.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le parvis de la cour tunisoise, lundi 19 mai 2026, les avocats ont déployé des banderoles explicites : « Non à l&rsquo;ignorance des revendications du barreau&#8230; Non à la négation de la justice ». Boubaker Bethabet, bâtonnier de l&rsquo;ordre, a martelé le message avec fermeté : « Aujourd&rsquo;hui est le premier pas dans les protestations de l&rsquo;ordre judiciaire tunisien. Nous allons nous diriger vers la grève et l&rsquo;arrêt du travail dans tous les tribunaux ». Il a insisté sur un point décisif : ce n&rsquo;est pas une grève de confort, mais une nécessité vitale pour la survie même de la profession et la défense de ses droits fondamentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les manifestations se déploient en multipliant les symboles de protestation. Au-delà des paroles des chefs de file, les avocats affichent une détermination visible : port de brassards rouges dans les tribunaux de province, refus de reprendre les dossiers, blocage des audiences. C&rsquo;est une mobilisation totale qui s&rsquo;annonce.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les revendications : bien au-delà des intérêts catégorisés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière les apparences d&rsquo;un conflit professionnel se dissimule un affrontement autour de principes fondamentaux. Les demandes de la Chambre des avocats portent sur six axes majeurs qui interpellent l&rsquo;État tunisien dans ses responsabilités de base.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;abord, une réforme en profondeur du système judiciaire s&rsquo;impose. Les infrastructures des cours sont vétustes, les conditions de travail détériorées, les moyens matériels insuffisants. Les avocats ne demandent pas des privilèges, mais simplement que justice soit rendue dans des cadres décents.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/701459628_1410484654449451_7648799736896765944_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-31114" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/701459628_1410484654449451_7648799736896765944_n-1024x683.jpg 1024w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/701459628_1410484654449451_7648799736896765944_n-300x200.jpg 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/701459628_1410484654449451_7648799736896765944_n-768x512.jpg 768w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/701459628_1410484654449451_7648799736896765944_n-1536x1024.jpg 1536w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/701459628_1410484654449451_7648799736896765944_n.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, la question du Conseil supérieur de la magistrature cristallise les tensions. Cet organe, censé garantir l&rsquo;indépendance des juges, demeure paralysé par des blocages gouvernementaux. Pour les avocats, cette obstruction représente une menace directe pour l&rsquo;État de droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les droits sociaux des professionnels du barreau constituent un troisième champ de bataille. Le fonds de retraite des avocats, appelé fonds de prévoyance, traverse une crise profonde. Son système de financement s&rsquo;est dégradé, menaçant la sécurité des praticiens en fin de carrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le cœur du conflit se situe ailleurs : les avocats dénoncent ce qu&rsquo;ils qualifient d&rsquo;atteintes croissantes à l&rsquo;exercice de leur profession. Certains d&rsquo;entre eux ont fait l&rsquo;objet de poursuites pénales pour des soupçons de corruption financière—des accusations que les avocats considèrent comme des représailles politiques. Plus révélateur encore, les dirigeants politiques sont jugés lors de procès dits de « complot contre la sécurité de l&rsquo;État » en visioconférence, une pratique que l&rsquo;ordre dénonce comme contraire aux standards d&rsquo;une justice équitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bâtonnier a résumé les enjeux fondamentaux : « Nous défendons notre droit à la liberté, nous garantissons les procès justes et nous demandons la libération des avocats des prisons. Nous demandons que la justice ne soit pas utilisée comme un instrument des querelles politiques ». Ce n&rsquo;est pas une simple grève corporatiste : c&rsquo;est une bataille pour l&rsquo;intégrité du système judiciaire lui-même.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte : une justice sous tension dans la Tunisie contemporaine</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre cette mobilisation, il convient de situer les événements dans le contexte plus large de la trajectoire politique et judiciaire tunisienne depuis une décennie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie émergente de 2014, avec l&rsquo;adoption de sa nouvelle constitution, avait fait de l&rsquo;indépendance judiciaire un pilier de son projet démocratique. Cependant, au fil du temps, notamment depuis le coup de force du président Kaïs Saïed en juillet 2021, le système judiciaire s&rsquo;est progressivement instrumentalisé. Les magistrats sont demeurés sensibles aux pressions gouvernementales, et plusieurs procès contre des figures politiques d&rsquo;opposition ont suscité des critiques internationales quant à leur conformité aux standards du droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La profession d&rsquo;avocat, garante historique des droits de la défense, s&rsquo;est trouvée comprimée. Les praticiens rapportent des entraves accrues à l&rsquo;exercice de leurs fonctions, notamment des restrictions d&rsquo;accès aux dossiers, des limitations du temps de parole en audience, et une multiplication des poursuites contre certains d&rsquo;entre eux. Ces tensions se sont accélérées au cours des deux dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;absence de réforme structurelle du secteur judiciaire a aggravé la situation. Les bâtiments judiciaires restent délabrés, les greffes insuffisamment équipés, et les délais des procédures demeurent excessifs. Entre-temps, le gouvernement n&rsquo;a pas fait progresser la composition et l&rsquo;installation du Conseil supérieur de la magistrature, pourtant censé représenter la garantie institutionnelle de l&rsquo;indépendance des juges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan corporatiste, les avocats font face à une précarité croissante. Beaucoup d&rsquo;entre eux, notamment les jeunes praticiens, peinent à trouver des dossiers suffisants pour vivre décemment. Le fonds de retraite collectif, qui était supposé assurer leur sécurité sociale, traverse une crise de liquidité chronique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrivée de Leïla Jaffel au portefeuille du ministère de la Justice a coïncidé avec un durcissement des relations. Les demandes de dialogue de la Chambre des avocats sont restées sans écho, donnant l&rsquo;impression d&rsquo;une volonté délibérée d&rsquo;ignorer les revendications professionnelles. Cette impasse successive a poussé l&rsquo;ordre à franchir le pas vers la mobilisation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réaction gouvernementale et l&rsquo;impasse du dialogue</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette mobilisation, l&rsquo;État a adopté une position de fermeté. Lundi, le ministère de la Justice a annoncé la continuation du fonctionnement normal des cours malgré la grève, une déclaration qui revient à ignorer la légitimité de la protestation. Aucun responsable gouvernemental n&rsquo;a fourni de réponse substantielle aux revendications exposées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703844552_1410483751116208_2459571450412202639_n-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-31115" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703844552_1410483751116208_2459571450412202639_n-1024x683.jpg 1024w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703844552_1410483751116208_2459571450412202639_n-300x200.jpg 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703844552_1410483751116208_2459571450412202639_n-768x512.jpg 768w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703844552_1410483751116208_2459571450412202639_n-1536x1024.jpg 1536w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/703844552_1410483751116208_2459571450412202639_n.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette posture de non-réactivité est révélatrice. Elle suggère soit une incompréhension des enjeux, soit, plus probablement, une conviction gouvernementale que céder aux demandes compromettrait la capacité de l&rsquo;exécutif à contrôler le système judiciaire. C&rsquo;est un pari risqué : en refusant le dialogue, l&rsquo;État transforme une négociation de revendications professionnelles en conflit frontal autour des principes mêmes de l&rsquo;État de droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les avocats, de leur côté, n&rsquo;ont pas fermé la porte au dialogue. La Chambre a expliqué avoir demandé à plusieurs reprises des rencontres avec le ministère. Mais l&rsquo;absence de réponse a vidé cette demande de sens. Le calendrier de grève progressive vers une mobilisation générale mi-juin apparaît donc comme un ultime avertissement : si aucun mouvement n&rsquo;intervient, l&rsquo;escalade sera inévitable.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les enjeux plus larges pour la démocratie tunisienne</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du conflit immédiat, cette crise judiciaire touche aux fondations mêmes de la démocratie tunisienne. Un système judiciaire fragmenté, où l&rsquo;indépendance est compromise et où les droits de la défense sont restreints, affaiblit la confiance dans l&rsquo;État de droit. Les entreprises hésitent à investir dans un cadre juridique incertain. Les citoyens perdent confiance en une justice perçue comme partisan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les avocats, rappelons-le, ne sont pas une caste privilégiée demandant des faveurs : ce sont les gardiens du droit de toute personne à une défense équitable. Quand on entrave leur exercice professionnel, c&rsquo;est le droit de chacun que l&rsquo;on asphyxie progressivement. Quand on instrumentalise les procédures pénales pour régler des comptes politiques, on détruit la séparation des pouvoirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réussite ou l&rsquo;échec de cette mobilisation d&rsquo;avocats déterminera donc beaucoup plus que des ajustements administratifs : elle dira quelque chose d&rsquo;essentiel sur la trajectoire que la Tunisie a choisie, dix ans après le texte constitutionnel de 2014.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quel avenir pour la justice tunisienne ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les semaines à venir seront décisives. Si la grève générale du 18 juin mobilise massivement et si le gouvernement persiste dans l&rsquo;immobilisme, le conflit risque de dégénérer en crise institutionnelle plus profonde. À l&rsquo;inverse, une ouverture gouvernementale au dialogue pourrait déboucher sur un accord. Mais le silence maintained du ministère de la Justice laisse craindre l&rsquo;escalade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question reste ouverte : la Tunisie parviendra-t-elle à redéfinir les contours d&rsquo;une justice indépendante et respectueuse de l&rsquo;État de droit, ou glissera-t-elle davantage vers un modèle où l&rsquo;appareil judiciaire demeure un instrument du pouvoir exécutif ? Le mouvement des avocats, loin d&rsquo;être une simple contestation corporatiste, force les Tunisiens et la communauté internationale à regarder cette question en face.</p>
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		<title>Tunisie : quatre militants interpellés avenue Bourguiba pour avoir distribué des tracts appelant à manifester</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 16:09:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Distribuer des tracts dans la rue, un geste banal dans toute démocratie, a suffi, vendredi, à conduire quatre personnes en garde à vue au cœur de Tunis. Naoures Douzi, Naoures Hamadi, Seif Ayadi et Mehdi El Aach ont été interpellés avenue Habib Bourguiba selon l&#8217;avocate Feryel Jradi Charfeddine, l’artère centrale et symbolique de la capitale [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Distribuer des tracts dans la rue, un geste banal dans toute démocratie, a suffi, vendredi, à conduire quatre personnes en garde à vue au cœur de Tunis. Naoures Douzi, Naoures Hamadi, Seif Ayadi et Mehdi El Aach ont été interpellés avenue Habib Bourguiba selon l&rsquo;avocate Feryel Jradi Charfeddine, l’artère centrale et symbolique de la capitale tunisienne, alors qu’ils distribuaient des invitations appelant à participer à une marche prévue le lendemain, samedi. Aucun acte de violence, aucun trouble à l’ordre public signalé : c’est le simple fait de diffuser une invitation à manifester qui a motivé leur arrestation, dans une ville où cette avenue a pourtant été, il y a quinze ans à peine, le théâtre d’une révolution.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quatre noms, un geste, une arrestation</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><br></strong>Les faits sont simples dans leur déroulement, complexes dans ce qu’ils révèlent. Nours El Douzi, Nours Hamadi, Seif Ayadi et Mehdi El Aach se trouvaient avenue Habib Bourguiba — l’axe central de Tunis, bordé de cafés, de ministères et de l’emblématique Théâtre municipal — lorsqu’ils ont été appréhendés par les forces de l’ordre. Leur activité au moment de l’interpellation : distribuer des tracts annonçant une marche prévue pour le lendemain, samedi.<br>Il n’est pas fait état de violences, d’altercations, ni de trouble manifeste à l’ordre public dans les informations disponibles au moment de la publication de cet article. Ce sont les tracts eux-mêmes — des invitations à une manifestation — qui semblent avoir constitué le motif de l’intervention policière. Les quatre militants ont été conduits dans les locaux des forces de sécurité pour y être entendus.<br>Leur identité et leur sort précis au-delà de l’interpellation initiale n’étaient pas entièrement connus au moment de la rédaction de cet article. Ce que l’on sait, c’est que l’arrestation a eu lieu avant que la marche du lendemain ne se tienne — créant de facto une situation où l’acte de promouvoir une manifestation légale s’est transformé, pour ces quatre personnes, en motif d’interpellation.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’avenue Bourguiba : un espace chargé d’histoire et de symboles</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Le choix du lieu — ou plutôt, le fait que c’est dans ce lieu précis que l’arrestation s’est produite — mérite qu’on s’y attarde. L’avenue Habib Bourguiba n’est pas une rue comme les autres à Tunis. C’est l’artère qui concentre, mieux que toute autre, la mémoire politique et civique de la Tunisie contemporaine.<br>C’est sur cette avenue que des centaines de milliers de Tunisiens ont défilé en janvier 2011, les jours qui ont précédé et suivi la fuite de Ben Ali. C’est là que la foule a célébré la chute du régime, que des discours ont été prononcés, que l’histoire a basculé. Dans la géographie symbolique de Tunis, l’avenue Bourguiba est à la fois un lieu de pouvoir — elle mène au ministère de l’Intérieur, dont la silhouette imposante domine son extrémité — et un espace de liberté conquise, associé dans la mémoire collective à l’expression publique et à la revendication citoyenne.<br>Y distribuer des tracts appelant à manifester, c’est se placer dans cette tradition. Y être arrêté pour ce geste, c’est produire une image dont la charge symbolique n’échappe à personne.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Liberté de manifestation en Tunisie : une conquête en recul</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Pour comprendre la portée de cette interpellation, il faut la replacer dans le cadre légal et politique qui régit aujourd’hui la liberté de rassemblement en Tunisie.<br>Après la révolution de 2011, le droit de manifester a été consacré comme une liberté fondamentale. Le décret-loi n° 88 de 2011 et les textes constitutionnels successifs ont formellement garanti la liberté de réunion et de manifestation pacifique. Dans les années qui ont suivi, Tunis a connu une effervescence manifestante inédite : marches syndicales, rassemblements de partis, protestations étudiantes, sit-in devant l’Assemblée — la rue est devenue un espace politique à part entière, reconnu et toléré.<br>Depuis le tournant de juillet 2021 et la concentration du pouvoir entre les mains du président Kaïs Saïed, ce cadre s’est progressivement resserré. Des manifestations ont été dispersées, des organisateurs interpellés, des appels à rassemblement contrariés par des dispositifs sécuritaires préventifs. La notion de « trouble à l’ordre public » a été invoquée dans des situations où aucun désordre n’était constaté, servant de justification à des interventions policières sur des rassemblements pacifiques.<br>Ce glissement s’inscrit dans un mouvement plus large de restriction des libertés publiques documenté par plusieurs organisations de droits humains — Amnesty International, Human Rights Watch, la LTDH — qui ont signalé, rapport après rapport, une dégradation des conditions d’exercice des libertés fondamentales en Tunisie. La liberté de manifestation, conquête centrale de 2011, figure parmi les droits dont l’exercice effectif est devenu plus précaire.<br>L’interpellation de quatre personnes pour la simple distribution de tracts d’invitation à une marche s’inscrit dans cette trajectoire. Elle ne constitue pas un événement isolé mais s’ajoute à une série de signaux convergents : arrestations préventives avant des manifestations annoncées, dispersion de rassemblements avant même qu’ils ne se forment, surveillance accrue des espaces publics à l’approche de dates politiquement sensibles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Manifester demain : ce que le samedi dira</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>La marche pour laquelle ces quatre militants distribuaient des tracts était prévue pour le samedi. Au moment où ces lignes sont écrites, leur situation exacte — libérés, maintenus en garde à vue, ou poursuivis — n’est pas entièrement établie. Ce que leur arrestation a déjà produit, en revanche, est documenté : elle a créé une perturbation dans l’organisation d’un événement public légal, à la veille de sa tenue.<br>La question que pose cette interpellation ne se réduit pas au sort de quatre individus. Elle touche à quelque chose de plus fondamental : dans la Tunisie de 2026, l’acte d’inviter ses concitoyens à marcher ensemble dans une rue est-il encore un droit, ou est-il devenu un risque ? La réponse à cette question se lira, en partie, dans ce qui se passera — ou ne se passera pas — avenue Bourguiba le samedi.</p>
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		<title>Répression en Tunisie : l&#8217;ONU exige la fin des poursuites contre la société civile et les médias</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:27:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Une]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l&#8217;homme, Volker Türk, a interpellé jeudi les autorités tunisiennes pour qu&#8217;elles mettent fin à une vague de répression grandissante visant la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les figures de l&#8217;opposition. Dans une déclaration publiée depuis Genève, le responsable onusien dénonce le recours [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l&rsquo;homme, Volker Türk, a interpellé jeudi les autorités tunisiennes pour qu&rsquo;elles mettent fin à une vague de répression grandissante visant la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les figures de l&rsquo;opposition. Dans une déclaration publiée depuis Genève, le responsable onusien dénonce le recours systématique à des procédures judiciaires et à des obstacles administratifs pour réduire au silence toute voix critique, au mépris des obligations internationales auxquelles la Tunisie a souscrit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des suspensions en série qui paralysent la société civile</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de Volker Türk intervient dans un contexte d&rsquo;escalade visible. En l&rsquo;espace de quelques jours seulement, deux organisations majeures ont été frappées par des décisions judiciaires de suspension temporaire. Le mardi précédant la déclaration onusienne, un tribunal tunisien a ordonné la suspension pour trente jours d&rsquo;Avocats Sans Frontières, une organisation internationale dont les activités de terrain sont directement interrompues par cette mesure. Quelques jours auparavant, c&rsquo;est la Ligue Tunisienne des Droits de l&rsquo;Homme — l&rsquo;une des plus anciennes et des plus respectées du pays — qui avait subi le même sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, les autorités ont invoqué des irrégularités dans le financement ou des manquements aux procédures d&rsquo;audit. Mais pour le Haut-Commissaire, ces justifications masquent une réalité plus préoccupante : « Nous observons une tendance croissante dans laquelle les autorités tunisiennes ont recours à des sanctions imposées par voie judiciaire pour restreindre l&rsquo;exercice du droit à la liberté d&rsquo;association, sans tenir compte des principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les médias dans le viseur : arrestations et lois liberticides</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La pression sur les médias suit une trajectoire similaire. Le 24 avril dernier, le journaliste Zied El Heni a été arrêté sur la base d&rsquo;une disposition légale qui incrimine de façon vague l&rsquo;utilisation des réseaux de télécommunication dans le but de « nuire à autrui ». Il se trouvait toujours en détention provisoire au moment de la déclaration onusienne. Son cas n&rsquo;est pas isolé : vingt-huit autres journalistes, dont Mourad Zghidi, avaient été arrêtés l&rsquo;année précédente, jugés et condamnés à diverses peines d&#8217;emprisonnement pour des actes directement liés à l&rsquo;exercice de leur profession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces poursuites reposent principalement sur un décret-loi adopté en 2022, portant sur la lutte contre les infractions liées aux systèmes d&rsquo;information et de communication. Ce texte, aux formulations délibérément larges, permet de sanctionner des formes d&rsquo;expression pourtant protégées par le droit international, y compris la critique d&rsquo;agents publics. L&rsquo;ONU encourage d&rsquo;ailleurs les parlementaires tunisiens, actuellement engagés dans un processus de révision de ce décret, à aller au bout de cette démarche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, Volker Türk a été explicite : « J&rsquo;exhorte les autorités tunisiennes à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues ou emprisonnées pour avoir exprimé leurs opinions, et à lever toutes les restrictions arbitraires aux libertés d&rsquo;expression et d&rsquo;association. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une dérive dans un pays qui fut un symbole de la transition démocratique arabe</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la portée de cette mise en garde internationale, il faut remonter à 2011. Cette année-là, la Tunisie avait été le premier pays du monde arabe à renverser un régime autoritaire — celui de Zine El-Abidine Ben Ali — et à s&rsquo;engager sur la voie d&rsquo;une transition démocratique, saluée à l&rsquo;époque par la communauté internationale. La constitution de 2014, considérée comme l&rsquo;une des plus progressistes de la région, avait consacré un large éventail de libertés fondamentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l&rsquo;accession au pouvoir du président Kaïs Saïed, et plus particulièrement depuis le coup de force institutionnel de juillet 2021 — par lequel il a suspendu le Parlement, concentré les pouvoirs exécutif et législatif entre ses mains, puis fait adopter une nouvelle constitution en 2022 — le pays connaît une recomposition profonde de son paysage politique et civique. Les organisations de défense des droits humains, les syndicats, les partis d&rsquo;opposition et les médias indépendants signalent depuis lors une pression croissante sur leurs activités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ONU pointe par ailleurs l&rsquo;absence d&rsquo;une Cour constitutionnelle fonctionnelle comme une lacune institutionnelle majeure, privant les citoyens d&rsquo;un recours effectif contre les atteintes à leurs droits fondamentaux. « Les restrictions aux libertés fondamentales doivent demeurer exceptionnelles, fondées sur une loi claire, nécessaires et proportionnées à un objectif légitime, non discriminatoires et accompagnées de garanties procédurales et d&rsquo;un contrôle judiciaire effectif », a rappelé le Haut-Commissaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en garde de l&rsquo;ONU résonne comme un signal d&rsquo;alarme adressé à un pays dont le parcours post-révolutionnaire était scruté bien au-delà de ses frontières. « Les acquis démocratiques et en matière de droits humains de la Tunisie après 2011 doivent être maintenus, et non progressivement démantelés », a conclu Volker Türk. Reste à savoir si cette pression internationale, qui s&rsquo;additionne aux voix de la société civile tunisienne, sera de nature à infléchir une trajectoire que rien, pour l&rsquo;heure, ne semble véritablement enrayer.</p>
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		<title>Lotfi Mraihi condamné à six ans de prison ferme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 21:01:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a rendu, ce vendredi 10 avril 2026, un verdict de six ans de prison ferme à l&#8217;encontre de Mohamed Lotfi Mraihi, secrétaire général de l&#8217;Union Populaire Républicaine (UPR) et ancien candidat à l&#8217;élection présidentielle de 2019. Le tribunal a retenu contre lui les chefs d&#8217;inculpation [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a rendu, ce vendredi 10 avril 2026, un verdict de six ans de prison ferme à l&rsquo;encontre de Mohamed Lotfi Mraihi, secrétaire général de l&rsquo;Union Populaire Républicaine (UPR) et ancien candidat à l&rsquo;élection présidentielle de 2019. Le tribunal a retenu contre lui les chefs d&rsquo;inculpation de blanchiment d&rsquo;argent et d&rsquo;infractions bancaires et financières graves, notamment des transactions irrégulières impliquant des résidents et des non-résidents, ainsi que des transferts de fonds à l&rsquo;étranger et l&rsquo;ouverture de comptes bancaires hors de Tunisie sans autorisation de la Banque centrale.</p>
<p>Un procès attendu de longue date</p>
<p>La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis avait rejeté, le lundi 16 mars 2026, la demande de mise en liberté de Mraihi, et le procès avait alors été renvoyé à ce 10 avril. L&rsquo;affaire portait sur des accusations à caractère bancaire et financier, notamment des infractions liées aux opérations avec des résidents et des non-résidents, ainsi que des faits présumés de blanchiment d&rsquo;argent.</p>
<p>Les faits à l&rsquo;origine de la procédure remontent à l&rsquo;été 2024. Une enquête avait été ouverte le 1er juillet 2024 pour des soupçons de blanchiment d&rsquo;argent, de transfert illégal de fonds à l&rsquo;étranger et d&rsquo;ouverture de comptes bancaires hors du territoire tunisien sans autorisation de la Banque centrale. L&rsquo;enquête avait également révélé l&rsquo;implication présumée de la secrétaire générale du parti, qui avait admis avoir participé au transfert illégal de fonds vers des comptes étrangers.</p>
<p>Un parcours judiciaire chargé</p>
<p>Mraihi est incarcéré depuis le 3 juillet 2024. Il avait été condamné le 19 juillet 2025 à huit mois de prison ferme pour achat de voix lors de l&rsquo;élection présidentielle de 2019, ainsi qu&rsquo;à une inéligibilité à vie. La Cour d&rsquo;appel de Tunis avait ensuite confirmé la condamnation initiale, en ramenant toutefois la peine privative de liberté de huit à six mois.</p>
<p>Dans une procédure distincte, la 14e chambre correctionnelle de la Cour d&rsquo;appel de Tunis l&rsquo;avait condamné à six mois de prison ferme supplémentaires pour avoir utilisé des moyens de télécommunication afin de diffuser de fausses informations, à la suite de vidéos publiées sur son compte Facebook.</p>
<p>Qui est Lotfi Mraihi ?</p>
<p>Médecin pneumologue de formation, Lotfi Mraihi est le fondateur et secrétaire général de l&rsquo;Union Populaire Républicaine, un parti à vocation sociale qu&rsquo;il a créé en 2012. Il avait participé à l&rsquo;élection présidentielle tunisienne de 2019 en tant que candidat. Au fil des années, il s&rsquo;est distingué par des prises de position critiques à l&rsquo;égard du président de la République Kaïs Saïed, notamment à travers des publications sur les réseaux sociaux, ce qui lui a valu la procédure pour diffusion de fausses informations.</p>
<p>Mraihi affirme être un prisonnier politique et soutient qu&rsquo;il est poursuivi en justice en raison de ses critiques envers le président de la République. Il rejette l&rsquo;ensemble des charges retenues contre lui. Le parquet, pour sa part, maintient que les poursuites reposent exclusivement sur des éléments factuels d&rsquo;ordre pénal et financier.</p>
<p>La suite de la procédure</p>
<p>La condamnation prononcée ce 10 avril 2026 est susceptible de faire l&rsquo;objet d&rsquo;un recours en appel de la part de la défense. Le verdict s&rsquo;ajoute aux condamnations antérieures déjà prononcées contre Mraihi, portant à plusieurs années le total des peines auxquelles il a été condamné depuis son arrestation en juillet 2024. Aucune déclaration officielle de son parti n&rsquo;avait été rendue publique au moment de la mise sous presse de cet article.</p>
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		<title>Tunisie : Les autorités doivent cesser de harceler le juge Anas Hmedi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 14:51:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tunis – 2 avril 2026 – Le juge Anas Hmedi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), est de nouveau au centre d’une controverse judiciaire qui suscite l’inquiétude des organisations internationales de défense des droits humains. Avant son procès prévu ce 2 avril, Amnesty International et l’Union Internationale des Magistrats (UIM) ont dénoncé les accusations [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tunis – 2 avril 2026</strong> – Le juge Anas Hmedi, président de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), est de nouveau au centre d’une controverse judiciaire qui suscite l’inquiétude des organisations internationales de défense des droits humains. Avant son procès prévu ce 2 avril, Amnesty International et l’Union Internationale des Magistrats (UIM) ont dénoncé les accusations infondées portées contre lui, qualifiant ces actions de harcèlement visant à museler les juges critiques du gouvernement de Kaïs Saïed.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2022, Anas Hmedi fait face à des procédures disciplinaires et pénales arbitraires. Ces poursuites, motivées par son rôle à la tête de l’AMT et sa défense de l’indépendance judiciaire, incluent des accusations d’« atteinte à la liberté de travail », souvent utilisées pour sanctionner la participation à des grèves ou à des manifestations pacifiques. Si elles étaient confirmées, ces accusations pourraient lui valoir jusqu’à trois ans de prison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Anas Hmedi est un juge courageux qui a refusé de garder le silence, a défendu l’indépendance du pouvoir judiciaire et s’est opposé à l’ingérence de l’exécutif », déclare Sara Hashash, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International. « Les poursuites qui le visent constituent des représailles contre l’exercice de ses droits fondamentaux à la liberté d’expression et à l’association. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AMT a été particulièrement active depuis la prise de pouvoir de Kaïs Saïed en 2021, dénonçant les ingérences de l’exécutif et soutenant les juges victimes de représailles. En juin 2022, 57 magistrats ont été révoqués de manière sommaire par le président, ce qui a conduit l’AMT à organiser une grève nationale de quatre semaines. Anas Hmedi a ensuite été convoqué à plusieurs interrogatoires en représailles à ses actions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Union Internationale des Magistrats souligne que les procédures engagées contre Hmedi violent gravement les principes fondamentaux d’indépendance de la magistrature et portent atteinte à ses droits à un procès équitable. La répétition des transferts de dossiers entre juridictions et le non-respect du droit à la défense suggèrent, selon l’UIM, une instrumentalisation politique de la justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les experts des Nations unies, ainsi que plusieurs organisations internationales, appellent les autorités tunisiennes à suspendre immédiatement ces poursuites, à garantir l’indépendance judiciaire et à cesser toute forme de harcèlement à l’encontre des juges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2011, l’AMT est un acteur majeur en Tunisie dans la réforme de la justice et la défense des droits des magistrats. Aujourd’hui, face aux pressions et aux menaces de dissolution, elle continue de dénoncer les atteintes à l’état de droit. La communauté internationale est invitée à rester vigilante afin de protéger l’indépendance de la justice et la liberté d’expression dans le pays.</p>
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		<title>La justice française refuse d&#8217;extrader Halima Ben Ali vers la Tunisie</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Apr 2026 15:45:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La cour d&#8217;appel de Paris a rejeté ce mercredi 1er avril 2026 la demande d&#8217;extradition formulée par Tunis à l&#8217;encontre de la fille cadette de l&#8217;ancien président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, invoquant des garanties juridiques insuffisantes. La chambre de l&#8217;instruction de la cour d&#8217;appel de Paris a rendu ce mercredi son délibéré dans l&#8217;affaire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La cour d&rsquo;appel de Paris a rejeté ce mercredi 1er avril 2026 la demande d&rsquo;extradition formulée par Tunis à l&rsquo;encontre de la fille cadette de l&rsquo;ancien président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, invoquant des garanties juridiques insuffisantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chambre de l&rsquo;instruction de la cour d&rsquo;appel de Paris a rendu ce mercredi son délibéré dans l&rsquo;affaire opposant les autorités tunisiennes à Halima Ben Ali, fille cadette de l&rsquo;ex-président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali. La juridiction parisienne, compétente en matière d&rsquo;extradition, a refusé de faire droit à la demande de remise formulée par Tunis.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une arrestation à l&rsquo;automne 2025</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Halima Ben Ali avait été interpellée à l&rsquo;automne 2025 dans un aéroport parisien. Les autorités tunisiennes lui reprochaient principalement des infractions financières graves, notamment des faits de blanchiment de capitaux en lien avec l&rsquo;exercice du pouvoir de son père. Ces infractions étaient passibles d&rsquo;une peine pouvant atteindre vingt ans d&#8217;emprisonnement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des garanties jugées insuffisantes</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour motiver son refus, la cour d&rsquo;appel a notamment relevé l&rsquo;absence de réponses satisfaisantes de la partie tunisienne à plusieurs demandes formulées par la justice française. Celle-ci avait sollicité des garanties quant à l&rsquo;indépendance et à l&rsquo;impartialité des autorités judiciaires tunisiennes, ainsi que des informations précises sur les conditions de détention auxquelles Halima Ben Ali aurait été soumise et sur les voies de recours disponibles en cas de mauvais traitements. Ces questions étant restées sans réponse, la cour a estimé ne pas disposer des assurances nécessaires pour autoriser la remise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&rsquo;issue de l&rsquo;audience, la cour a également levé le contrôle judiciaire auquel était soumise Halima Ben Ali, qui recouvre ainsi l&rsquo;entière liberté de ses mouvements.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« La justice est passée »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La décision a été accueillie avec soulagement par la défense. Son avocate, Maître Samia Maktouf, avait plaidé lors des débats que renvoyer sa cliente en Tunisie équivaudrait à « une condamnation à mort ». À l&rsquo;issue du délibéré, elle a déclaré à l&rsquo;Agence France-Presse : « Cette décision est un immense soulagement, la justice est passée et nous ne pouvons qu&rsquo;être satisfaits que la justice prenne une décision conforme au droit. » Halima Ben Ali, présente à l&rsquo;audience, n&rsquo;a quant à elle fait aucune déclaration.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une famille symbole de la Révolution de 2011</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette affaire s&rsquo;inscrit dans le sillage de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011, qui avait contraint Zine El-Abidine Ben Ali à fuir son pays après vingt-trois ans de règne autoritaire. Le départ précipité du président avait fait suite à un soulèvement populaire déclenché en décembre 2010 par l&rsquo;immolation d&rsquo;un vendeur ambulant de Sidi Bouzid, acte de désespoir face à la pauvreté et aux humiliations policières qui avait embrasé le pays. Ben Ali avait quitté la Tunisie accompagné de sa seconde épouse Leïla Trabelsi, de leur fille Halima et de leur fils. Il mourut en exil en Arabie saoudite en 2019.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte politique tendu</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs organisations non gouvernementales, tunisiennes et internationales, ont signalé une dégradation des droits et libertés en Tunisie depuis 2021, ce qui constitue un élément de fond susceptible d&rsquo;éclairer les réserves exprimées par la justice française quant aux garanties offertes par les autorités de Tunis.</p>
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		<title>Tunisie : Chaima Issa a passé 100 jours en détention, symbole de la dérive autoritaire et du sort des femmes prisonnières</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 14:53:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;opposante politique Chaima Issa a franchi ce mois-ci le cap des 100 jours de détention , une situation qui illustre la répression croissante contre les voix critiques en Tunisie et pose avec acuité la question du traitement des femmes incarcérées sous le régime du président Kaïs Saïed. Figure de l&#8217;opposition et militante de premier plan, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;opposante politique Chaima Issa a franchi ce mois-ci le cap des 100 jours de détention , une situation qui illustre la répression croissante contre les voix critiques en Tunisie et pose avec acuité la question du traitement des femmes incarcérées sous le régime du président Kaïs Saïed.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Figure de l&rsquo;opposition et militante de premier plan, Chaima Issa a été arrêtée dans le cadre d&rsquo;une vague de poursuites visant personnalités politiques, journalistes et militants. Son maintien en détention, au-delà des délais légaux que plusieurs organisations dénoncent comme systématiquement bafoués, est devenu l&rsquo;un des symboles de ce que les associations de défense des droits humains qualifient de « démantèlement méthodique des acquis démocratiques » post-2011 .</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Des femmes derrière les barreaux pour leur engagement</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas de Chaima Issa n&rsquo;est malheureusement pas isolé. Derrière les murs des prisons tunisiennes, elles sont nombreuses à purger des peines ou à attendre un procès pour des motifs liés à leur engagement citoyen. L&rsquo;organisation <em>Women Journalists Without Chains</em> a dénoncé avec force, à l&rsquo;occasion de la Journée nationale de la femme d&rsquo;août 2025, une situation alarmante : « Le préjudice va au-delà de l&rsquo;abolition de la parité dans la Constitution de 2022 et de l&rsquo;affaiblissement des institutions pour l&rsquo;égalité — il pénètre dans les foyers, arrachant des mères, des sœurs, des avocates, des journalistes et des activistes, souvent sur la base d&rsquo;accusations forgées de toutes pièces » .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces « femmes prisonnières d&rsquo;opinion » subissent le poids d&rsquo;un système judiciaire de plus en plus politisé. Le décret-loi 54, utilisé pour réduire au silence les voix dissidentes, est régulièrement brandi contre elles . Derrière les statistiques, il y a des vies et des familles brisées. L&rsquo;organisation cite des exemples poignants comme Monia Ibrahim, épouse du prisonnier politique Abdelhamid Jelassi, ou l&rsquo;avocate Dalila Ben Mabrouk Mossadeq, qui endurent chaque semaine l&rsquo;épreuve dégradante de la <em>quffa</em> — ce lourd panier de nourriture et de vêtements qu&rsquo;elles doivent porter après de longues heures d&rsquo;attente pour quelques minutes de visite à leurs proches détenus .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas récent de Chadha Hadj Mbarek, journaliste emprisonnée depuis juillet 2023, a particulièrement ému l&rsquo;opinion. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), sa santé s&rsquo;est gravement détériorée en détention, avec la découverte d&rsquo;une tumeur maligne dont le diagnostic a été retardé en raison d&rsquo;une négligence médicale prolongée, mettant sa vie en danger . Cette situation « cruelle et inhumaine », selon les termes du CPJ, illustre les conditions de détention indignes auxquelles sont confrontées ces détenues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même lorsque la justice semble faire un pas en arrière, l&rsquo;arbitraire reste palpable. La libération en janvier 2026 de Sharifa Riahi, directrice de l&rsquo;ONG France Terre d&rsquo;Asile, et de ses collègues après plus de 20 mois de détention provisoire, n&rsquo;a été qu&rsquo;une demi-victoire . Si leur relaxe a été saluée, elle ne masque pas la répression continue du travail associatif et la facilité avec laquelle des défenseurs des droits, en particulier des femmes, peuvent être broyées par une machine judiciaire accusée de servir un agenda politique .</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un espace de liberté qui se referme</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le sort de Chaima Issa et de toutes ces femmes incarcérées est le symptôme le plus visible d&rsquo;un mal plus profond : la transformation du régime tunisien en un système autoritaire. Depuis le coup de force du 25 juillet 2021, le président Kaïs Saïed a progressivement concentré tous les pouvoirs, rédigé une Constitution sur mesure et verrouillé l&rsquo;espace public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société civile, autrefois florissante et fer de lance de la révolution de 2011, est aujourd&rsquo;hui criminalisée. Les accusations de « complot contre la sûreté de l&rsquo;État » ou d' »offense au chef de l&rsquo;État » sont devenues monnaie courante pour museler toute opposition . Les garanties constitutionnelles et les engagements internationaux de la Tunisie, notamment en matière de liberté et de droits à un procès équitable, sont ouvertement bafoués .</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Organisation HuMENA a dénoncé une « escalade tangible de la politique répressive et une grave détérioration des libertés publiques et de la liberté du travail associatif » . Les propos du président Saïed lui-même, qualifiant en 2023 les migrants subsahariens de « hordes » constituant une menace démographique, ont non seulement déclenché une vague de violences racistes, mais ont également donné le ton d&rsquo;un discours officiel qui exclut et rejette la différence, dans un climat d&rsquo;hostilité croissante envers les corps intermédiaires .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que Chaima Issa entame son quatrième mois de détention, son combat rejoint celui de toutes les Tunisiennes et Tunkisiens qui refusent de voir leur pays sombrer dans l&rsquo;autoritarisme. Leur détention n&rsquo;est pas seulement une injustice individuelle ; elle est le miroir d&rsquo;une nation où les libertés fondamentales, gagnées au prix du sang et de la révolution, sont méthodiquement démantelées. Le régime de Kaïs Saïed, en enfermant des femmes pour leurs idées et leur engagement, montre son vrai visage : celui d&rsquo;un pouvoir qui a peur de ses citoyens et qui, pour se maintenir, est prêt à sacrifier l&rsquo;âme même de la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/30925">Tunisie : Chaima Issa a passé 100 jours en détention, symbole de la dérive autoritaire et du sort des femmes prisonnières</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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		<title>Tunisie : 3 ans d’une justice au service de l’élimination politique.Manifestation samedi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 10:59:27 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les familles de prisonniers politiques et ce qui reste de l&#8217;opposition tunisienne appellent à manifester ce samedi 14 février à 15 heures, au square du Passage à Tunis. Trois ans après les premières vagues d&#8217;arrestations dans ce que le pouvoir présente comme « l&#8217;affaire du complot», elles veulent briser le silence. « Nous descendrons dans [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les familles de prisonniers politiques et ce qui reste de l&rsquo;opposition tunisienne appellent à manifester ce samedi 14 février à 15 heures, au square du Passage à Tunis. Trois ans après les premières vagues d&rsquo;arrestations dans ce que le pouvoir présente comme « l&rsquo;affaire du complot», elles veulent briser le silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Nous descendrons dans les rues pour dire non à l&rsquo;injustice et à la criminalisation du militantisme », affirme la Coordination des familles des prisonniers politiques, qui organise l&rsquo;événement. La marche a reçu une autorisation, ce qui surprend dans un pays où les règles changent au gré des humeurs du pouvoir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Février 2023 : le début d&rsquo;une purge</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire commence en février 2023. C&rsquo;est à ce moment-là que les enquêtes s&rsquo;ouvrent et que les arrestations commencent à toucher des figures de l&rsquo;opposition, des avocats, des militants. Tous accusés de comploter contre la sûreté de l&rsquo;État. Depuis, la machine s&#8217;emballe. Pour la Coordination, cette prétendue conspiration sert surtout à masquer les faiblesses d&rsquo;un régime qui gouverne à coups de dossiers montés de toutes pièces.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="743" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/02/629398442_122234543240060503_8404963328535679673_n.jpg" alt="" class="wp-image-30875" style="aspect-ratio:1.292082719484913;width:553px;height:auto" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/02/629398442_122234543240060503_8404963328535679673_n.jpg 960w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/02/629398442_122234543240060503_8404963328535679673_n-300x232.jpg 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/02/629398442_122234543240060503_8404963328535679673_n-768x594.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La justice tunisienne, elle, n&rsquo;a plus grand-chose d&rsquo;indépendant. Depuis que Kaïs Saïed a dissous le Conseil supérieur de la magistrature en février 2022, le ministère de la Justice gère les carrières des juges par simple note administrative. Résultat : des magistrats dociles aux postes clés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les procès se suivent et se ressemblent. Des audiences éclair, des accusés qui comparaissent par visioconférence depuis leur cellule, des peines hallucinantes. En avril dernier, le premier volet de « l&rsquo;affaire du complot » a abouti à quarante condamnations, dont certaines dépassent les 60 ans de prison. Jawhar Ben Mbarek et Ridha Belhaj figurent parmi les condamnés. En novembre, la cour d&rsquo;appel a confirmé ces peines et refusé que les accusés soient physiquement présents à leur procès.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;avocat Ahmed Souab, symbole d&rsquo;une dérive</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed Souab incarne cette dérive. À 69 ans, cet ancien juge administratif purge cinq ans de prison pour avoir dit publiquement que « les juges ont le couteau sous la gorge ». La chambre antiterroriste l&rsquo;a condamné en utilisant le décret-loi 54 et la loi antiterroriste de 2015. Human Rights Watch a réclamé son acquittement le 10 février, dénonçant une mascarade judiciaire. Sa santé s&rsquo;est dégradée en prison. Il passera en appel ce mercredi 12 février, juste avant la manifestation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Début février, un deuxième volet de « l&rsquo;affaire du complot » a confirmé la logique d&rsquo;élimination. Rached Ghannouchi, 84 ans, ancien leader du mouvement Ennahdha, a vu sa peine passer de 14 à 20 ans. D&rsquo;autres, comme Kamel Guizani, Rafik Abdessalem et Lotfi Zitoun, écopent de 35 ans par contumace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« En Tunisie aujourd&rsquo;hui, la plupart des opposants sont déjà en prison », constate Sara Hashash d&rsquo;Amnesty International. « Ce message est clair : toute opposition pacifique vaut désormais une dizaine d&rsquo;années de détention. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même Hichem Mechichi n&rsquo;a pas échappé à la purge. Lui qui fut chef du gouvernement jusqu&rsquo;au 25 juillet 2021 — date qu&rsquo;il qualifie aujourd&rsquo;hui de « coup d&rsquo;État » — a été assigné à résidence pendant quatre mois avant de s&rsquo;exiler. Il parle de dossiers fabriqués et d&rsquo;une atmosphère de peur entretenue sciemment. Les femmes ne sont pas épargnées. Chaima Issa, militante de la société civile, est derrière les barreaux depuis fin 2023.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une économie en trompe-l&rsquo;œil</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce tableau politique accablant, le pouvoir brandit des chiffres économiques. La croissance est revenue à 2,4-2,5 % en 2025, l&rsquo;inflation est redescendue sous les 5 %, les réserves de change couvrent 108 jours d&rsquo;importation. Fitch et Moody&rsquo;s ont même relevé la note du pays, ouvrant la porte à un retour sur les marchés financiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ces statistiques ne disent pas tout. Le chômage reste bloqué à 15,4 %. Pire : celui des jeunes femmes diplômées a grimpé de cinq points pour atteindre 42,7 %. Le coût de la vie continue de peser lourd, notamment pour l&rsquo;alimentation. Le déficit commercial a gonflé à 20,2 milliards de dinars. La Tunisie pointe au 149e rang mondial pour la liberté économique — une « économie réprimée », selon la Heritage Foundation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis Paris, Hichem Mechichi ne mâche pas ses mots : « Les indicateurs économiques et sociaux sont en ruine. La Tunisie est au bord du gouffre, quand elle ne l&rsquo;a pas déjà franchi. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Samedi : un test pour les libertés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La manifestation du 14 février ne se limite pas à réclamer la libération des prisonniers. Elle vise à dénoncer un système qui, selon la Coordination, « a transformé le pays en une vaste prison ». Derrière la lutte contre le prétendu complot, c&rsquo;est le récit du 25 juillet qui vacille : celui d&rsquo;un homme providentiel sauvant le pays de la corruption et de la trahison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samedi après-midi, le square du Passage pourrait redevenir, le temps de quelques heures, un espace de résistance citoyenne que le pouvoir croyait avoir étouffé pour de bon. Reste à voir si les autorités laisseront faire, ou si elles choisiront de rappeler que la Tunisie de Kaïs Saïed a tourné la page des libertés publiques.</p>
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