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	<title>Archives des repression - Le pont de Genève</title>
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		<title>Répression en Tunisie : l&#8217;ONU exige la fin des poursuites contre la société civile et les médias</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 15:27:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l&#8217;homme, Volker Türk, a interpellé jeudi les autorités tunisiennes pour qu&#8217;elles mettent fin à une vague de répression grandissante visant la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les figures de l&#8217;opposition. Dans une déclaration publiée depuis Genève, le responsable onusien dénonce le recours [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l&rsquo;homme, Volker Türk, a interpellé jeudi les autorités tunisiennes pour qu&rsquo;elles mettent fin à une vague de répression grandissante visant la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits humains et les figures de l&rsquo;opposition. Dans une déclaration publiée depuis Genève, le responsable onusien dénonce le recours systématique à des procédures judiciaires et à des obstacles administratifs pour réduire au silence toute voix critique, au mépris des obligations internationales auxquelles la Tunisie a souscrit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des suspensions en série qui paralysent la société civile</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La déclaration de Volker Türk intervient dans un contexte d&rsquo;escalade visible. En l&rsquo;espace de quelques jours seulement, deux organisations majeures ont été frappées par des décisions judiciaires de suspension temporaire. Le mardi précédant la déclaration onusienne, un tribunal tunisien a ordonné la suspension pour trente jours d&rsquo;Avocats Sans Frontières, une organisation internationale dont les activités de terrain sont directement interrompues par cette mesure. Quelques jours auparavant, c&rsquo;est la Ligue Tunisienne des Droits de l&rsquo;Homme — l&rsquo;une des plus anciennes et des plus respectées du pays — qui avait subi le même sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, les autorités ont invoqué des irrégularités dans le financement ou des manquements aux procédures d&rsquo;audit. Mais pour le Haut-Commissaire, ces justifications masquent une réalité plus préoccupante : « Nous observons une tendance croissante dans laquelle les autorités tunisiennes ont recours à des sanctions imposées par voie judiciaire pour restreindre l&rsquo;exercice du droit à la liberté d&rsquo;association, sans tenir compte des principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les médias dans le viseur : arrestations et lois liberticides</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La pression sur les médias suit une trajectoire similaire. Le 24 avril dernier, le journaliste Zied El Heni a été arrêté sur la base d&rsquo;une disposition légale qui incrimine de façon vague l&rsquo;utilisation des réseaux de télécommunication dans le but de « nuire à autrui ». Il se trouvait toujours en détention provisoire au moment de la déclaration onusienne. Son cas n&rsquo;est pas isolé : vingt-huit autres journalistes, dont Mourad Zghidi, avaient été arrêtés l&rsquo;année précédente, jugés et condamnés à diverses peines d&#8217;emprisonnement pour des actes directement liés à l&rsquo;exercice de leur profession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces poursuites reposent principalement sur un décret-loi adopté en 2022, portant sur la lutte contre les infractions liées aux systèmes d&rsquo;information et de communication. Ce texte, aux formulations délibérément larges, permet de sanctionner des formes d&rsquo;expression pourtant protégées par le droit international, y compris la critique d&rsquo;agents publics. L&rsquo;ONU encourage d&rsquo;ailleurs les parlementaires tunisiens, actuellement engagés dans un processus de révision de ce décret, à aller au bout de cette démarche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette situation, Volker Türk a été explicite : « J&rsquo;exhorte les autorités tunisiennes à libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues ou emprisonnées pour avoir exprimé leurs opinions, et à lever toutes les restrictions arbitraires aux libertés d&rsquo;expression et d&rsquo;association. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une dérive dans un pays qui fut un symbole de la transition démocratique arabe</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la portée de cette mise en garde internationale, il faut remonter à 2011. Cette année-là, la Tunisie avait été le premier pays du monde arabe à renverser un régime autoritaire — celui de Zine El-Abidine Ben Ali — et à s&rsquo;engager sur la voie d&rsquo;une transition démocratique, saluée à l&rsquo;époque par la communauté internationale. La constitution de 2014, considérée comme l&rsquo;une des plus progressistes de la région, avait consacré un large éventail de libertés fondamentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l&rsquo;accession au pouvoir du président Kaïs Saïed, et plus particulièrement depuis le coup de force institutionnel de juillet 2021 — par lequel il a suspendu le Parlement, concentré les pouvoirs exécutif et législatif entre ses mains, puis fait adopter une nouvelle constitution en 2022 — le pays connaît une recomposition profonde de son paysage politique et civique. Les organisations de défense des droits humains, les syndicats, les partis d&rsquo;opposition et les médias indépendants signalent depuis lors une pression croissante sur leurs activités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ONU pointe par ailleurs l&rsquo;absence d&rsquo;une Cour constitutionnelle fonctionnelle comme une lacune institutionnelle majeure, privant les citoyens d&rsquo;un recours effectif contre les atteintes à leurs droits fondamentaux. « Les restrictions aux libertés fondamentales doivent demeurer exceptionnelles, fondées sur une loi claire, nécessaires et proportionnées à un objectif légitime, non discriminatoires et accompagnées de garanties procédurales et d&rsquo;un contrôle judiciaire effectif », a rappelé le Haut-Commissaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en garde de l&rsquo;ONU résonne comme un signal d&rsquo;alarme adressé à un pays dont le parcours post-révolutionnaire était scruté bien au-delà de ses frontières. « Les acquis démocratiques et en matière de droits humains de la Tunisie après 2011 doivent être maintenus, et non progressivement démantelés », a conclu Volker Türk. Reste à savoir si cette pression internationale, qui s&rsquo;additionne aux voix de la société civile tunisienne, sera de nature à infléchir une trajectoire que rien, pour l&rsquo;heure, ne semble véritablement enrayer.</p>
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