<br />
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	<title>Archives des Sami Tahri - Le pont de Genève</title>
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		<title>Démission du secrétaire général de l&#8217;UGTT : une crise institutionnelle s&#8217;ouvre</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 12:08:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tunis, 23 décembre — L&#8217;Union générale tunisienne du travail (UGTT) est entrée dans une phase de crise aiguë suite à la démission de son secrétaire général, Noureddine Taboubi, intervenue ce mardi 23 décembre. Cette décision laisse vacante la direction de la principale centrale syndicale du pays et jette une incertitude immédiate sur la tenue de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tunis, 23 décembre — L&rsquo;Union générale tunisienne du travail (UGTT) est entrée dans une phase de crise aiguë suite à la démission de son secrétaire général, Noureddine Taboubi, intervenue ce mardi 23 décembre. Cette décision laisse vacante la direction de la principale centrale syndicale du pays et jette une incertitude immédiate sur la tenue de la grève générale nationale prévue pour le 21 janvier 2026.</p>
<p>Selon les informations confirmées par des membres du bureau exécutif, le poste de secrétaire général ne fera l&rsquo;objet d&rsquo;aucun remplacement immédiat. La procédure statutaire exige que le dossier soit soumis à la commission administrative nationale, laquelle se verra dans l&rsquo;obligation de convoquer un congrès extraordinaire pour procéder au renouvellement de l&rsquo;ensemble des membres du bureau exécutif.</p>
<p>Pressions internes et report du congrès</p>
<p>La démission de Noureddine Taboubi exerce une pression directe sur les membres du bureau exécutif. L&rsquo;objectif de cette manœuvre serait de les contraindre à actér la tenue d&rsquo;un congrès en mars 2026, selon les sources internes.</p>
<p>Cette crise de leadership survient dans un contexte de fortes tensions au sein de la centrale. Elle risque d&rsquo;affecter sévèrement la mobilisation pour la grève générale du 21 janvier 2026, initialement appelée pour protester contre la suspension du dialogue social par le gouvernement. Les divisions internes, les problèmes de relation avec le pouvoir et les pressions externes multiples créent un climat défavorable à l&rsquo;unité d&rsquo;action nécessaire pour un tel mouvement.</p>
<p>Une guerre de leadership ouverte</p>
<p>La crise actuelle est l&rsquo;aboutissement de mois de tensions internes autour de la date de tenue du prochain congrès. Une faction importante, menée par le secrétaire général adjoint Anouar Ben Gueddour et soutenue par plusieurs fédérations, exigeait depuis des mois la convocation du congrès pour le premier semestre 2025. Elle s&rsquo;opposait ainsi à Noureddine Taboubi, qui, bénéficiant d&rsquo;une modification statutaire de juillet 2021 lui permettant un troisième mandat, aurait envisagé de le repousser jusqu&rsquo;en 2027.</p>
<p>Le scénario d&rsquo;un congrès en mars 2026 apparaît donc comme une proposition de compromis. Le bureau exécutif a d&rsquo;ailleurs acté, lors d&rsquo;une réunion tenue le 4 décembre, que le congrès se tiendrait les 25, 26 et 27 mars 2026 à Tunis.</p>
<p>La situation est d&rsquo;autant plus tendue que l&rsquo;Union régionale du travail de Sfax, bastion historique de l&rsquo;UGTT, avait officiellement demandé la suspension de Noureddine Taboubi pour « violation de la charte syndicale » et « atteinte à l&rsquo;unité de l&rsquo;organisation », l&rsquo;accusant de gérer la centrale de manière « individuelle et unilatérale ».</p>
<p>Une grève générale instrumentalisée</p>
<p>Dans ce climat, la grève générale du 21 janvier a changé de nature. Elle est devenue un levier de pression interne dans la guerre de leadership. Le camp Ben Gueddour avait en effet conditionné son soutien à la grève à la fixation d&rsquo;une date précise et proche pour le congrès.</p>
<p>Alors que l&rsquo;UGTT traverse l&rsquo;une des crises internes les plus graves de son histoire récente, la démission de son secrétaire général ouvre une période d&rsquo;incertitude profonde. Les prochains jours devraient être déterminants pour l&rsquo;avenir de la centrale, entre la tenue de la grève générale et la préparation d&rsquo;un congrès qui s&rsquo;annonce déjà très disputé.</p>
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		<title>L’UGTT face au pouvoir : Le syndicat-citadelle dans la tourmente autoritaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Aug 2025 12:26:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tunis, le 15 août 2025 &#8211; Autour du bâtiment emblématique de l&#8217;Union générale tunisienne du travail (UGTT), des restes de slogans arrachés jonchent le sol. Les fenêtres brisées rappellent l&#8217;attaque du 7 août, quand des partisans du gouvernement ont pris d&#8217;assaut les lieux, réclamant la fin de la puissante organisation syndicale. Dans son bureau, Noureddine [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tunis, le 15 août 2025</strong> &#8211; Autour du bâtiment emblématique de l&rsquo;Union générale tunisienne du travail (UGTT), des restes de slogans arrachés jonchent le sol. Les fenêtres brisées rappellent l&rsquo;attaque du 7 août, quand des partisans du gouvernement ont pris d&rsquo;assaut les lieux, réclamant la fin de la puissante organisation syndicale. Dans son bureau, Noureddine Taboubi, le Secrétaire général de l&rsquo;UGTT, appelle en catastrophe les membres de la Commission administrative à se réunir. Leur but : organiser une grande manifestation de riposte le 21 août et brandir la menace d&rsquo;un arrêt de travail général. Cette montée de tension, sans précédent depuis la révolution de 2011, révèle un désaccord profond entre l&rsquo;UGTT et le président Kaïs Saïed. Cette lutte de pouvoir est ancrée dans le passé de la Tunisie et soulève des questions importantes sur le futur des forces d&rsquo;opposition dans une démocratie fragile.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 1 : L’UGTT, colonne vertébrale de la Tunisie moderne</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;UGTT, créée en 1946 par Farhat Hached (tragiquement assassiné en 1952 par la Main rouge française), a profondément marqué l&rsquo;histoire de la Tunisie. Dans les années 50, elle était en première ligne contre la présence française, organisant des arrêts de travail et des protestations, malgré une répression violente. Après l&rsquo;indépendance, elle est devenue une sorte de contrepoids face au pouvoir de Bourguiba, refusant d&rsquo;être simplement un outil du parti unique. Cette opposition lui a coûté cher en janvier 1978, avec une « grève générale » brutalement réprimée qui a fait de nombreuses victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la période Ben Ali, l&rsquo;UGTT a connu des moments difficiles. Ses dirigeants, soumis au régime, ont même soutenu le président-dictateur en 2004, ce qui a créé des divisions internes. Mais en 2011, elle a retrouvé sa force. Ses militants syndicaux dans les régions de l&rsquo;intérieur, comme Sfax, Kasserine et Sidi Bouzid, ont joué un rôle clé dans la chute du régime. Selon Lamine Bouazizi, un militant de Sidi Bouzid, « Quand l&rsquo;UGTT de Sfax a rejoint les manifestants, j&rsquo;ai compris que la fin de Ben Ali était proche ». En 2015, son rôle dans le « Dialogue national » a été reconnu par l&rsquo;attribution du prix Nobel de la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;UGTT est toujours une organisation importante, avec un grand nombre de membres (800 000), de nombreuses antennes régionales et sectorielles, un journal, et des activités économiques (hôtels, pêche, voyages). Cependant, cette puissance cache certaines faiblesses, comme une organisation peut-être trop centralisée, une présence insuffisante des femmes et du secteur privé, et une influence variable selon les régions.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 2 : Kaïs Saïed, ou la revanche de l’État autoritaire</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La popularité de Kaïs Saïed, qui a gagné les élections de 2019 en se présentant comme un candidat « hors du pouvoir », s&rsquo;explique par les difficultés rencontrées par la Tunisie après sa révolution. Au lieu de « boulot, liberté, respect » comme promis, le pays s&rsquo;est enfoncé dans une grave crise financière.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>16,4% de chômage</strong>&nbsp;fin 2023 (contre 15,2% en 2022)</li>



<li><strong>Inflation à 8%</strong></li>



<li>Pénuries chroniques de farine, sucre et riz</li>



<li>Dette publique à 82,9% du PIB&nbsp;.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Pourquoi avons-nous échoué là où d’autres ont réussi ?</em>« , interroge l’économiste Baccar Gherib. Sa réponse est cinglante : les élites post-2011, issues des classes moyennes urbaines, ont&nbsp;<em>« éclipsé la question sociale au profit des questions démocratiques »</em>, reproduisant un&nbsp;<em>« capitalisme de copinage »</em>&nbsp;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte favorable, Kaïs Saïed met en place une prise de contrôle progressive du pouvoir le 25 juillet 2021. En se basant sur l&rsquo;article 80 de la Constitution, il suspend le Parlement, s&rsquo;attribue tous les pouvoirs, et fait ensuite approuver en 2022 une nouvelle Constitution qui lui donne un pouvoir immense. En octobre 2024, sa réélection avec un score écrasant de 90%, lors d&rsquo;une élection massivement ignorée (71% d&rsquo;abstention), confirme, selon l&rsquo;essayiste Hatem Nafti, l&rsquo;établissement d&rsquo;un régime autoritaire qui se fait passer pour une démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa rhétorique ? Un populisme binaire :&nbsp;<em>« peuple contre élites corrompues »</em>,&nbsp;<em>« nationaux contre étrangers »</em>. Sa méthode : l’éradication méthodique des corps intermédiaires – partis, médias, juges – et la manipulation du&nbsp;<em>« shameta »</em>, cette joie malsaine devant le malheur des anciens privilégiés&nbsp;.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 3 : L’essence de la crise – Une guerre d’usure</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tension entre l&rsquo;UGTT et le gouvernement en place n&rsquo;est pas récente, mais elle a atteint un point de rupture majeur en 2025. On peut expliquer cette escalade par trois facteurs principaux :</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>1. L’offensive autoritaire contre les contre-pouvoirs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 2022, le gouvernement a semblé vouloir contrôler l&rsquo;UGTT en utilisant la « circulaire 20 », qui empêchait les organismes publics de discuter avec le syndicat sans le feu vert du président. Ensuite, il y a eu des arrestations qui visaient spécifiquement des syndicalistes : d&rsquo;après Sami Tahri, un dirigeant de l&rsquo;UGTT, plus d&rsquo;une dizaine de membres du syndicat ont été arrêtés depuis 2021. Et en février 2025, l&rsquo;expulsion d&rsquo;Esther Lynch, la responsable de la Confédération européenne des syndicats, venue en signe de soutien, a envoyé un message clair au monde entier : toute forme d&rsquo;aide serait perçue comme une ingérence dans les affaires du pays.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>2. L’UGTT affaiblie par ses divisions internes</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La centrale syndicale est en difficulté et perd de son crédit. En gros, les gens ne lui font plus confiance. En juillet 2021, ils ont changé les règles à Sousse pour que les mêmes personnes puissent rester aux commandes plus longtemps, ce qui a fait grincer des dents. Puis, fin 2024, cinq membres importants ont claqué la porte, disant que la direction était devenue trop autoritaire et qu&rsquo;elle prenait toutes les décisions seule. Maintenant, une opposition se met en place, demandant un nouveau vote et une direction temporaire. Tout ça crée un vrai blocage et la centrale n&rsquo;arrive plus à agir efficacement.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>3. Le discrédit populaire et la bataille narrative</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">De plus en plus de Tunisiens ont l&rsquo;impression que l&rsquo;UGTT est devenue une organisation déconnectée des réalités, une sorte d&rsquo;<em>« élite d&rsquo;après la révolution »</em> qui n&rsquo;arrive pas à rendre la vie des gens meilleure. Les arrêts de travail fréquents – comme la grève des transports en commun de Tunis en août 2025 – ne font qu&rsquo;aggraver la frustration de la population. Le gouvernement profite de ce mécontentement en menant une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, essayant de faire passer le syndicalisme pour quelque chose de mauvais, d&rsquo;après la Confédération syndicale internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;attaque contre le siège de l&rsquo;UGTT le 7 août, organisée par des soutiens au président Saïed, a vraiment marqué un tournant. Le président lui-même a même justifié cette attaque, accusant l&rsquo;UGTT de <em>« malversations financières »</em> et réclamant que <em>« l&rsquo;argent volé au peuple soit rendu »</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 4 : L’horizon de la crise – Jouer sa survie</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à cette attaque, l&rsquo;UGTT essaie de se défendre de manière structurée. Leur rencontre du 11 août a abouti à deux actions principales :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un grand rassemblement à l&rsquo;échelle nationale le 21 août devant leur quartier général à Tunis.</li>



<li>L&rsquo;éventualité d&rsquo;un arrêt de travail général, sans date précise annoncée.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette mobilisation masque une faiblesse importante. Selon Hamza Meddeb (Carnegie Middle East Center), l&rsquo;organisation traverse une période critique et fondamentale de son existence. « Il s&rsquo;agit avant tout de se maintenir à flot ». Trois issues possibles se présentent maintenant :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La capitulation</strong> : Le gouvernement essaie de transformer l&rsquo;UGTT en un simple outil de transmission, comme c&rsquo;était le cas sous Ben Ali. Leur objectif : détruire son rôle de « contre-pouvoir » pour le réduire à un simple « syndicat d&rsquo;entreprise ».</li>



<li><strong>L&rsquo;éclatement</strong> : Les désaccords internes pourraient mener à une division, diminuant considérablement sa capacité à mobiliser les gens.</li>



<li><strong>Le rétablissement</strong> : En retrouvant son rôle de 2011 &#8211; défenseur des zones délaissées et des droits sociaux &#8211; l&rsquo;UGTT pourrait représenter une option valable et digne de confiance.</li>



<li><strong>Épilogue : Le peuple ou le syndicat ?</strong></li>



<li>Un média économique tunisien titrait le 13 août : « On croise les doigts », et ça en dit long. L&rsquo;incertitude est palpable. Mais au-delà de ces tensions entre les pouvoirs, une question essentielle se pose : est-ce que Kaïs Saïed peut vraiment « représenter le peuple » sans relais, sans structures pour faire le lien avec ce que les gens vivent au quotidien ?</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire de l&rsquo;UGTT, véritable reflet de la Tunisie depuis 80 ans, nous dit que non, ça ne marche pas comme ça. Sans des organisations de travailleurs autonomes, un système judiciaire équitable et un parlement élu honnêtement, le pouvoir du président se transforme en une parodie, une sorte de château perché au-dessus d&rsquo;une économie en débris et d&rsquo;une population oubliée. Le 21 août, quand les couleurs de l&rsquo;UGTT seront de nouveau brandies sur l&rsquo;avenue Mohamed-Ali, ce ne sera pas seulement pour protéger leurs bureaux. Ce sera pour rappeler que la démocratie ne peut exister que si elle est surveillée et limitée par d&rsquo;autres forces.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’UGTT est plus qu’un syndicat, mais moins qu’un parti »</em><br><strong>Héla Yousfi, sociologue tunisienne</strong><br><em>« Elle est aujourd’hui plus qu’un syndicat, et plus qu’un parti »</em><br><em><strong>Sami Tahri, secrétaire général adjoint de l’UGTT </strong></em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tableau récapitulatif : Chronologie des tensions UGTT &#8211; Pouvoir (2021-2025)</strong></p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th><strong>Date</strong></th><th><strong>Événement</strong></th><th><strong>Conséquence</strong></th></tr></thead><tbody><tr><td><strong>Juillet 2021</strong></td><td>Congrès de l’UGTT à Sousse : modification des statuts</td><td>Levée de la limitation des mandats pour Taboubi</td></tr><tr><td><strong>25 juil. 2021</strong></td><td>Kaïs Saïed s’octroie les pleins pouvoirs</td><td>Suspension du Parlement</td></tr><tr><td><strong>2022</strong></td><td>« Circulaire 20 » interdisant les négociations sans autorisation présidentielle</td><td>Tentative de mise sous tutelle de l’UGTT</td></tr><tr><td><strong>Nov. 2024</strong></td><td>Scission de 5 membres du bureau exécutif de l’UGTT</td><td>Crise interne majeure au sein du syndicat</td></tr><tr><td><strong>7 août 2025</strong></td><td>Attaque du siège de l’UGTT par des partisans prorégime</td><td>Appel à une manifestation de défense le 21 août</td></tr></tbody></table></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Sources :</strong>&nbsp;Le Monde (2025), Nawaat (2024), Equal Times, La Vie des Idées.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Violences contre l’UGTT : Une attaque planifiée et un syndicat sous tension</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Aug 2025 14:51:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le siège de l’UGTT pris pour cible Jeudi 7 août 2025, une centaine de personnes, dont des mineurs et des sans-abris, ont tenté d’envahir le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Tunis. Scandant des slogans hostiles appelant à la « dissolution du syndicat » et traitant son secrétaire général, Noureddine Taboubi, de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le siège de l’UGTT pris pour cible</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Jeudi 7 août 2025, une centaine de personnes, dont des mineurs et des sans-abris, ont tenté d’envahir le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Tunis. Scandant des slogans hostiles appelant à la « dissolution du syndicat » et traitant son secrétaire général, Noureddine Taboubi, de « lâche » ou de « symbole de corruption », les assaillants ont été repoussés&nbsp;<em>in extremis</em>&nbsp;par un bouclier humain de syndicalistes. Selon Sami Tahri, porte-parole de l’UGTT, cette attaque était minutieusement préparée : repérages préalables, mobilisation via des vidéos en direct sur les réseaux sociaux, et levée soudaine des barrages policiers protégeant le bâtiment&nbsp;.</p>



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<div class="fb-video" data-href="https://www.facebook.com/100075914451804/videos/744729668322603/" data-width="500" data-show-text="false"><blockquote cite="https://www.facebook.com/100075914451804/videos/744729668322603/" class="fb-xfbml-parse-ignore"><a href="https://www.facebook.com/100075914451804/videos/744729668322603/"></a><p>جماعة الإتحاد رافعين شعار على العهد باقون 
وهم بأوجاع الشعب يتاجرون.
برافو 
Arrêtez vos grêves triviales et mesquines, L&#039;UGTT met La Tunisie en ruine.
أكرم الأبيض
#Lcv_paris_news</p>Publiée par <a href="https://www.facebook.com/people/Imed-Ben-Abdallah-Dhouilaa/100075914451804/">Imed Ben Abdallah Dhouilaa</a> sur Jeudi 7 août 2025</blockquote></div>



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<h3 class="wp-block-heading"> Accusations et responsabilités : Le pouvoir dans le viseur</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une déclaration cinglante,&nbsp;<strong>Sami Tahri</strong>&nbsp;accuse ouvertement les partisans du président Kaïs Saïed et d&rsquo;almassar (« أنصار المسار ») d’avoir orchestré l’opération. Il dénonce :</p>



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<div class="fb-post" data-href="https://www.facebook.com/sami.tahri.7/posts/pfbid02j5uhdG3JkAfxtgo9BQosY8F39YAKT4QypzmrW3CYpJxaKppxsszSSb5ZNPGcTxr2l" data-width="500" data-show-text="true"><blockquote cite="https://www.facebook.com/sami.tahri.7/posts/24154852900822351" class="fb-xfbml-parse-ignore"><p>إيضاحات لا بد منها

عفوا، مضطر إلى توضيح مطول، فعذرا على الإطالة، فلست ممن يحبذها وأعلم قيمة التكثيف والإيجاز والاختصار&#8230;</p>Publiée par <a href="#" role="button">Sami Tahri</a> sur&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/sami.tahri.7/posts/24154852900822351">Jeudi 7 août 2025</a></blockquote></div>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Un scénario toléré par les autorités</strong>&nbsp;: La levée des barrages policiers et l’absence d’intervention suggèrent une complicité étatique&nbsp;.</li>



<li><strong>Une campagne de diabolisation antérieure</strong>&nbsp;: L’attaque survient après des semaines de discours officiels criminalisant les grévistes, qualifiés de « traîtres » ou d’« agents au service d’agendas étrangers »&nbsp;.</li>



<li><strong>Des parallèles historiques troublants</strong>&nbsp;: Tahri compare les méthodes des assaillants à celles des&nbsp;<em>Ligues de protection de la révolution</em>&nbsp;(2012), soulignant l’usage de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux pour mobiliser des « groupes criminels »&nbsp;.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le bureau exécutif de l’UGTT a porté plainte, exigeant une enquête pour « agression, diffamation et incitation à la violence ».</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Crise interne : L’UGTT minée par ses divisions</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’attaque révèle une offensive externe, elle met aussi en lumière&nbsp;<strong>les fractures internes</strong>&nbsp;du syndicat :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La légitimité contestée de Taboubi</strong>&nbsp;: Des voix internes et des partis politiques réclament son départ, pointant son mandat « illégal » après la modification controversée de l’article 20 des statuts de l’UGTT. Cet article, limitant à deux le nombre de mandats, a été amendé en 2021 lors d’un congrès non électif à Sousse, permettant à Taboubi et quatre autres dirigeants (« les Cinq ») de se maintenir au pouvoir&nbsp;.</li>



<li><strong>Une gouvernance accusée d’autoritarisme</strong>&nbsp;: Des syndicalistes dénoncent une « bureaucratie syndicale » qui marginalise les bases, tandis que l’opposition parlementaire (comme le député Youssef Tarchoun) fustige « des opportunistes aux commandes »&nbsp;.</li>
</ul>



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<div class="fb-post" data-href="https://www.facebook.com/achaab.naqaby/posts/pfbid0LGW6GZ4YC6aUXFtB6deEse9235Eogw5bB8a6EZKkyhaXtH7sQAB8VaQ4AU7kn76sl" data-width="500" data-show-text="true"><blockquote cite="https://www.facebook.com/achaab.naqaby/posts/122139403694718943" class="fb-xfbml-parse-ignore">Publiée par <a href="https://www.facebook.com/achaab.naqaby">Achaab Naqaby</a> sur&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/achaab.naqaby/posts/122139403694718943">Jeudi 7 août 2025</a></blockquote></div>



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<h3 class="wp-block-heading">Réactions en chaîne : Solidarités et ambiguïtés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’événement a suscité un tollé :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Soutiens internationaux</strong>&nbsp;: L’UGTT a reçu des messages de solidarité de syndicats arabes et internationaux, d’ONG et de personnalités politiques, saluant son rôle de « rempart des libertés »&nbsp;1.</li>



<li><strong>Des condamnations en demi-teinte</strong>&nbsp;: Certaines organisations ont émis des réserves, liant leur soutien à une critique des « dérives bureaucratiques » de la direction&nbsp;.</li>



<li><strong>La société civile en alerte</strong>&nbsp;: La LTDH et le CRLDHT dénoncent une « escalade autoritaire », tandis que des partis (Haqq, Front de salut national) appellent à une mobilisation unitaire&nbsp;.</li>
</ul>



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<h3 class="wp-block-heading">Contexte explosif : Grèves et rupture du dialogue social</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’attaque s’inscrit dans une&nbsp;<strong>crise sociale aiguë</strong>&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La grève des transports (30-31 juillet)</strong>&nbsp;: Son succès a exacerbé les tensions. Le gouvernement a réagi en annulant les réunions de négociation prévues début août, violant le Code du travail (articles 378 et suivants)&nbsp;.</li>



<li><strong>Un dialogue social au point mort</strong>&nbsp;: L’exécutif refuse toute discussion avec l’UGTT sur les salaires ou l’emploi précaire, poussant le syndicat à brandir la menace de nouvelles grèves&nbsp;.</li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives : Vers une escalade de violence ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sami Tahri met en garde : cette attaque n’est «&nbsp;<strong>pas un incident isolé</strong>, mais le prélude à une violence généralisée ». Il rappelle les conséquences de la décennie noire post-2011 et exige des actes concrets :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Sans enquête et sanctions, ces groupes criminels reproduiront leurs exactions avec la bénédiction du pouvoir »</em> .</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’UGTT, fragilisée mais résistante, appelle à l’unité des travailleurs pour « défendre l’organisation sans céder à la provocation ». Taboubi, actuellement en congé, pourrait anticiper son retour face à l’urgence&nbsp;.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Un test pour la démocratie tunisienne</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’assaut contre l’UGTT dépasse le cadre syndical : il symbolise&nbsp;<strong>l’affrontement entre un pouvoir autoritaire et le dernier contre-pouvoir structuré</strong>&nbsp;en Tunisie. Alors que le pays s’enfonce dans la crise économique, la réponse judiciaire à cette attaque et la capacité de l’UGTT à surmonter ses divisions seront des indicateurs clés de l’avenir démocratique tunisien.</p>
<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/30444">Violences contre l’UGTT : Une attaque planifiée et un syndicat sous tension</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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