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	<title>Archives des Sihem ben Sedrine - Le pont de Genève</title>
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		<title>Sihem Ben Sedrine, ou le procès d&#8217;une mémoire nationale — Justice transitionnelle, libertés et démocratie en Tunisie</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2026 12:21:33 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Elle avait pour mission de regarder le passé en face, d&rsquo;en extraire la vérité, de nommer les bourreaux et de réparer les victimes. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est elle que la justice regarde. Sihem Ben Sedrine, 76 ans, militante de droits humain, ancienne présidente de l&rsquo;Instance Vérité et Dignité (IVD), comparaît depuis 2023 devant les tribunaux tunisiens dans six affaires distinctes, toutes liées aux travaux de l&rsquo;institution qu&rsquo;elle a dirigée entre 2014 et 2019. Derrière la singularité de son cas se profile une question qui touche à l&rsquo;architecture même de la Tunisie post-révolutionnaire : que reste-t-il de la justice transitionnelle, des libertés publiques et de l&rsquo;ambition démocratique portée par 2011, quinze ans après que le peuple tunisien a fait tomber Ben Ali ?</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="656" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/Ben-Ali-1024x656.jpg" alt="" class="wp-image-31086" srcset="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/Ben-Ali-1024x656.jpg 1024w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/Ben-Ali-300x192.jpg 300w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/Ben-Ali-768x492.jpg 768w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/Ben-Ali-1536x984.jpg 1536w, https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2026/05/Ben-Ali.jpg 1688w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h3 class="wp-block-heading">Quand l&rsquo;institution devient accusée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dans l&rsquo;affaire Ben Sedrine une ironie cruelle que l&rsquo;histoire retiendra. L&rsquo;Instance Vérité et Dignité a été créée pour faire ce que les régimes autoritaires refusent par définition de faire : documenter leurs propres crimes, nommer leurs propres victimes, et les confier à une justice indépendante. En cinq années de travail, l&rsquo;IVD a recueilli plus de 62 000 témoignages, transmis 205 dossiers aux chambres pénales spécialisées, impliquant plus de 1 000 hauts responsables et hommes d&rsquo;affaires. Son rapport final, publié au Journal officiel en juin 2020, constitue une archive nationale d&rsquo;une densité inégalée : violations des droits humains, crimes financiers, réseaux de corruption — tout y est consigné pour la période 1955-2013.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucun de ces 205 dossiers n&rsquo;a, à ce jour, donné lieu à un jugement. En revanche, celle qui les a instruits fait face à des poursuites pénales. C&rsquo;est là le paradoxe fondateur de cette affaire : le bras judiciaire de la transition est paralysé, tandis que la main qui l&rsquo;a armé est traduite en justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les charges retenues contre Ben Sedrine portent sur des irrégularités alléguées dans le traitement de trois dossiers d&rsquo;arbitrage, des manquements dans la gestion des archives de l&rsquo;IVD, des irrégularités administratives et financières, et — accusation la plus symboliquement chargée — la falsification du rapport final de l&rsquo;instance. Ce dernier grief se concentre sur un paragraphe relatif à l&rsquo;affaire de la Banque franco-tunisienne, dossier de corruption vieux de près de quatre décennies, que l&rsquo;IVD avait justement contribué à rouvrir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La défense oppose à ces accusations des arguments à la fois factuels et juridiques. D&rsquo;abord, les travaux sur la BFT ont été présentés publiquement le 14 décembre 2018, filmés et mis en ligne, en présence de l&rsquo;ensemble du conseil de l&rsquo;IVD — y compris la membre qui est aujourd&rsquo;hui à l&rsquo;origine de la plainte. Ensuite, le rapport a été adopté collégialement en séance plénière du conseil le 27 décembre 2018, rendant toute imputation individuelle juridiquement contestable. Enfin, la loi organique n° 53 de 2013, qui fonde l&rsquo;IVD, consacre explicitement un principe de non-responsabilité pour les membres de l&rsquo;instance dans l&rsquo;exercice de leurs fonctions — principe que la défense estime directement violé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une mécanique judiciaire sous surveillance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du fond, c&rsquo;est la forme de ces poursuites qui retient l&rsquo;attention des observateurs. Le dossier Ben Sedrine est, à bien des égards, une étude de cas sur les dérives possibles d&rsquo;un appareil judiciaire insuffisamment protégé contre les pressions politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les irrégularités procédurales alléguées sont nombreuses et documentées. En février 2024, Ben Sedrine est soumise à un interrogatoire continu de plus de quarante heures, étalé sur quatre jours : une durée qui, selon les standards internationaux du droit à un procès équitable — notamment l&rsquo;article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques —, constitue en soi une forme de contrainte susceptible d&rsquo;affecter l&rsquo;intégrité de la procédure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le juge d&rsquo;instruction du bureau 15 décide de la maintenir en liberté. Le parquet fait appel. Deux semaines après que la chambre d&rsquo;accusation a confirmé cette décision, ce même magistrat est muté au tribunal de première instance de Jendouba — en dehors du cycle annuel habituel de mobilité des juges, sans remplacement immédiat. Quelques semaines plus tard, le juge du bureau 6, qui impose à Ben Sedrine une résidence surveillée, est lui promu au poste de procureur général, prenant simultanément la tête du pôle antiterroriste et du pôle économique et financier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En août 2024, une convocation l&rsquo;invite à se présenter devant le bureau 37 — chargé par intérim du bureau 15 — pour une affaire relevant en principe de la compétence du bureau 6. C&rsquo;est à l&rsquo;issue de cette séance, dans un cadre de compétence juridictionnelle contesté par la défense, qu&rsquo;est émis le mandat de dépôt conduisant à son incarcération à la prison de Manouba. En janvier 2025, elle entame une grève de la faim. Son état de santé se détériore au point de nécessiter un transfert en réanimation à l&rsquo;hôpital de La Rabta, où elle affirme avoir été entravée aux chevilles pendant son hospitalisation — un traitement qu&rsquo;elle qualifie de dégradant et que ses avocats comparent à une violation directe de l&rsquo;article 25 de la Constitution tunisienne de 2022, qui garantit l&rsquo;inviolabilité de la dignité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 19 février 2025, la chambre d&rsquo;accusation ordonne sa libération, avec maintien de l&rsquo;interdiction de voyager. Les audiences se succèdent depuis lors dans un mouvement de renvois répétés — novembre 2025, janvier 2026, février, mars, avril, et maintenant mai 2026. D&rsquo;autres séances d&rsquo;instruction sont programmées pour les semaines à venir, portant sur des dossiers complémentaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce calendrier haché, ces mutations de juges aux moments-clés, ces changements de compétence contestés : pour l&rsquo;association Takatof pour les droits et libertés, qui a documenté l&rsquo;ensemble du dossier, ces éléments forment un « pattern » cohérent — celui d&rsquo;une harcèlement judiciaire systématique, plutôt qu&rsquo;une procédure ordinaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La justice transitionnelle tunisienne : une promesse inachevée</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour saisir pleinement ce que représente le procès de Ben Sedrine, il faut revenir à ce que la justice transitionnelle signifiait pour la Tunisie de l&rsquo;après-2011, et mesurer l&rsquo;écart entre cette ambition et la réalité d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution du 14 janvier 2011 a ouvert un espace politique et symbolique sans précédent dans le monde arabe. Pour la première fois, une société arabe se donnait les instruments institutionnels pour regarder son passé autoritaire en face : une Constitution garantissant les libertés fondamentales, des instances indépendantes de contre-pouvoir, et une loi sur la justice transitionnelle parmi les plus élaborées de la région. L&rsquo;IVD était la pièce maîtresse de ce dispositif : une institution dotée de pouvoirs d&rsquo;investigation réels, protégée par la loi, et chargée d&rsquo;une mission historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La justice transitionnelle n&rsquo;est pas qu&rsquo;un mécanisme juridique. Elle est, dans sa conception théorique et dans les expériences qui l&rsquo;ont précédée — de l&rsquo;Afrique du Sud post-apartheid à l&rsquo;Argentine post-dictature —, un acte politique fondateur. Elle dit à une société : nous choisissons de ne pas oublier, nous choisissons de ne pas répéter. Elle conditionne la possibilité d&rsquo;une démocratie réelle à la reconnaissance des crimes passés et à la responsabilisation de leurs auteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, ce processus n&rsquo;a jamais abouti à son terme. Les chambres pénales spécialisées, créées pour juger les dossiers transmis par l&rsquo;IVD, ont fonctionné dans une lenteur chronique, sous-dotées en moyens et exposées à des pressions politiques variables selon les gouvernements successifs. Le rapport final de l&rsquo;IVD, déposé en 2019, a été largement ignoré par les autorités qui se sont succédé. Et depuis 2021, le contexte politique a radicalement changé.</p>



<h3 class="wp-block-heading">2021 : le tournant et ses conséquences</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le 25 juillet 2021 constitue le point d&rsquo;inflexion. Ce jour-là, le président Kaïs Saïed suspend le Parlement, limoge le chef du gouvernement, et s&rsquo;arroge les pleins pouvoirs en invoquant l&rsquo;article 80 de la Constitution — une interprétation que ses adversaires qualifient de coup de force constitutionnel. En 2022, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum, concentrant l&rsquo;essentiel du pouvoir entre les mains du président, affaiblissant les contre-pouvoirs et réduisant l&rsquo;indépendance formelle des institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte que les poursuites contre Ben Sedrine s&rsquo;accélèrent. Mais elle n&rsquo;est pas la seule. L&rsquo;ancien bâtonnier et ex-directeur de l&rsquo;Instance nationale de lutte contre la corruption, Chawki Tabib, est placé en détention en avril 2026. Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha et ancien président du Parlement, détenu depuis avril 2023, cumule désormais plusieurs décennies de condamnations dans des affaires distinctes. Jaouhar Ben Mbarek, figure de l&rsquo;opposition, est en grève de la faim depuis près d&rsquo;un mois. Chaïma Issa, emprisonnée depuis février 2023, voit sa santé se dégrader.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ces cas ont en commun, c&rsquo;est leur profil : des personnalités qui ont joué un rôle institutionnel, politique ou civil dans la période post-2011. Des acteurs de la transition, au sens le plus littéral du terme. Leur mise en accusation systématique donne corps à une lecture que partagent de nombreuses organisations de droits humains : celle d&rsquo;une tentative de disqualifier rétrospectivement la période 2011-2021, de délégitimer ses institutions, et d&rsquo;effacer la mémoire qu&rsquo;elles ont produite.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;espace civique en compression</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le procès de Ben Sedrine s&rsquo;inscrit dans un rétrécissement plus large de l&rsquo;espace civique tunisien, documenté avec une inquiétude croissante par les observateurs internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de la presse, le tableau est sombre. L&rsquo;article 86 du Code des télécommunications, conçu pour réguler les communications électroniques, est régulièrement mobilisé pour poursuivre des journalistes et des citoyens pour des propos publiés en ligne. Le journaliste Zied Heni en a fait l&rsquo;expérience le 24 avril 2026, placé en garde à vue pour avoir commenté une décision judiciaire sur les réseaux sociaux. Ses confrères Mourad Zghidi et Borhene Bessaies sont détenus depuis plus de 700 jours. Le média Inkyfada, référence du journalisme d&rsquo;investigation tunisien, serait exposé à une menace de dissolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de la société civile, les pressions sont multiformes — administratives, financières, judiciaires. Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) et l&rsquo;association Al-Khat font l&rsquo;objet de harcèlement systématique. La Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme (LTDH), la plus ancienne organisation de droits humains du monde arabe, a subi une suspension d&rsquo;activité d&rsquo;un mois. L&rsquo;organisation Avocats sans frontières a reçu une décision de suspension. Ces mesures touchent des structures qui constituent le socle historique de la société civile tunisienne, construite sur plusieurs décennies et reconnue mondialement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rétrécissement de l&rsquo;espace civique ne concerne pas uniquement la Tunisie. Il s&rsquo;inscrit dans une tendance régionale et mondiale que les chercheurs en science politique nomment parfois « déconsolidation démocratique » — ce mouvement par lequel des démocraties consolidées ou en voie de consolidation voient leurs institutions s&rsquo;éroder de l&rsquo;intérieur, par accumulation de précédents, de lois restrictives et de pressions sur les contre-pouvoirs, sans rupture brutale apparente.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que dit le droit international</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les organisations de droits humains qui suivent le dossier Ben Sedrine invoquent un corpus juridique précis pour qualifier les manquements observés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), ratifié par la Tunisie, garantit en son article 14 le droit à un procès équitable devant un tribunal compétent, indépendant et impartial. La notion de « juge naturel » — le droit d&rsquo;être jugé par le tribunal légalement compétent et non désigné ad hoc — est une garantie fondamentale que la défense de Ben Sedrine estime violée dans les circonstances ayant conduit à son incarcération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;article 7 du même Pacte interdit les traitements cruels, inhumains ou dégradants. La durée de l&rsquo;interrogatoire — quarante heures sur quatre jours — et les conditions d&rsquo;hospitalisation décrites par Ben Sedrine elle-même ont conduit plusieurs observateurs à évoquer une possible violation de cette disposition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Principes fondamentaux des Nations Unies relatifs à l&rsquo;indépendance de la magistrature posent que les juges ne peuvent être nommés, mutés ou révoqués en raison de leurs décisions judiciaires. Les mutations de magistrats intervenues aux moments-clés de la procédure soulèvent des interrogations légitimes à cet égard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les Principes directeurs des Nations Unies sur les entreprises et les droits de l&rsquo;homme, ainsi que les Principes de Chicago sur la justice transitionnelle, rappellent que la protection des acteurs de la justice transitionnelle est une condition sine qua non de l&rsquo;efficacité de ces processus. Poursuivre individuellement une présidente d&rsquo;instance pour des décisions prises collégialement revient, selon ces principes, à criminaliser l&rsquo;exercice même de la mission que l&rsquo;État lui avait confiée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La mémoire comme enjeu politique</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une dimension supplémentaire dans cette affaire, que l&rsquo;équipe de défense de Ben Sedrine n&rsquo;hésite pas à formuler explicitement : la tentative de faire disparaître le rapport final de l&rsquo;IVD du Journal officiel et d&rsquo;effacer la mémoire des violations qu&rsquo;il documente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport, publié au Raoued officiel en juin 2020, est un document d&rsquo;État. Il recense des décennies de torture, de détentions arbitraires, d&rsquo;exécutions extrajudiciaires, de pillage des ressources publiques. Il nomme des responsables. Il constitue une ressource pour les victimes, pour les historiens, pour les générations futures. Le fait que les affaires judiciaires visent précisément les actes liés à son élaboration — notamment le paragraphe sur la BFT — confère à ces poursuites une dimension mémorielle qui dépasse de loin le pénal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les régimes autoritaires ont toujours compris que la maîtrise du récit historique était un enjeu de pouvoir. Contester la légitimité de la production de ce rapport, discréditer celle qui l&rsquo;a conduit, c&rsquo;est aussi, potentiellement, fragiliser la valeur juridique et historique du document lui-même. C&rsquo;est cette lecture que défendent les partisans de Ben Sedrine, et elle n&rsquo;est pas sans fondement dans l&rsquo;histoire des transitions démocratiques avortées ou interrompues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prochaine audience dans les affaires de Ben Sedrine est fixée au 18 mai 2026. D&rsquo;autres séances d&rsquo;instruction suivront. Dans un pays où 205 dossiers de crimes et de corruption dorment dans les tiroirs des chambres pénales spécialisées depuis des années, la question qui se posera aux magistrats, aux juristes et à la communauté internationale n&rsquo;est pas seulement celle de la culpabilité ou de l&rsquo;innocence d&rsquo;une femme de 76 ans. C&rsquo;est celle de savoir si la Tunisie choisit de continuer à regarder son passé en face — ou si elle préfère, définitivement, en poursuivre les témoins.</p>
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		<title>Tunisie : Sihem Ben Sedrine, de la justice transitionnelle aux poursuites judiciaires, les ONG dénonce un «acharnement procédural»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 15:07:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;association tunisienne Takato (Intersection pour les droits et les libertés) a publié, mardi 21 avril 2026, une note intitulée « Sihem Ben Sedrine : du parcours de la justice transitionnelle à l&#8217;acharnement judiciaire ». Ce document, présenté à Tunis, revient sur la situation de l&#8217;ancienne présidente de l&#8217;Instance vérité et dignité (IVD), qui fait l&#8217;objet [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;association tunisienne Takato (Intersection pour les droits et les libertés) a publié, mardi 21 avril 2026, une note intitulée « Sihem Ben Sedrine : du parcours de la justice transitionnelle à l&rsquo;acharnement judiciaire ». Ce document, présenté à Tunis, revient sur la situation de l&rsquo;ancienne présidente de l&rsquo;Instance vérité et dignité (IVD), qui fait l&rsquo;objet de six procédures pénales depuis 2023. L&rsquo;ONG y retrace le passage de Mme Ben Sedrine du statut de témoin à celui de prévenue, et s&rsquo;interroge sur le respect des garanties d&rsquo;un procès équitable, dans un contexte politique marqué par les tensions entre le pouvoir et les acteurs de la transition démocratique.</p>



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<div class="fb-post" data-href="https://www.facebook.com/Intersectionuno/posts/pfbid0guv7ayeU3ZkMXy85aQJpehNbBYZ71HTMk17UM8pmGJELfcytMFuUoTUb3bvwZMz8l" data-width="500" data-show-text="true"><blockquote cite="https://www.facebook.com/Intersectionuno/posts/1383583230478706" class="fb-xfbml-parse-ignore"><p>تونس، 21 أفريل 2026

تكشف جمعية تقاطع من أجل الحقوق والحريات، من خلال ورقتها بعنوان «سهام بن سدرين: من مسار العدالة&#8230;</p>Publiée par <a href="https://www.facebook.com/Intersectionuno">Intersection Association for Rights and Freedoms</a> sur&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/Intersectionuno/posts/1383583230478706">Mardi 21 avril 2026</a></blockquote></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Six dossiers, une pression croissante</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la note de Takato, qui s&rsquo;appuie sur <a href="https://intersection.uno/%d8%b3%d9%87%d8%a7%d9%85-%d8%a8%d9%86-%d8%b3%d8%af%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d9%85%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%a7%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%af%d8%a7%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%82%d8%a7%d9%84/" type="link" id="https://intersection.uno/%d8%b3%d9%87%d8%a7%d9%85-%d8%a8%d9%86-%d8%b3%d8%af%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d9%85%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%a7%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%af%d8%a7%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%82%d8%a7%d9%84/">des documents judiciaires</a> et un suivi des audiences, les premières mesures restrictives à l&rsquo;encontre de Sihem Ben Sedrine remontent à 2021. Mais c&rsquo;est à partir de février 2023 que l&rsquo;ancienne présidente de l&rsquo;IVD est formellement mise en examen dans six affaires distinctes, toutes liées, selon elle, à son mandat à la tête de l&rsquo;IVD (2014-2019).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chronologie établie par l&rsquo;association fait état d&rsquo;une intensification progressive : interdiction de quitter le territoire en mars 2023, assignation à résidence à l&rsquo;été 2024, puis des interrogatoires longs et répétés. En novembre 2024, Mme Ben Sedrine est placée en détention provisoire, avant d&rsquo;être <a href="https://lepontdegeneve.ch/?p=31026" target="_blank" rel="noreferrer noopener">libérée en février 2025</a> sous contrôle judiciaire. Les audiences ont été régulièrement reportées, certaines étant désormais programmées pour 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;association relève également des difficultés procédurales : multiplication des dossiers pour des faits relevant du même mandat, conflits de compétence entre différentes juridictions tunisiennes, et des conditions de détention qu&rsquo;elle juge préoccupantes compte tenu de l&rsquo;âge et de l&rsquo;état de santé de l&rsquo;intéressée (75 ans).</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;affaire de la Banque franco-tunisienne comme symbole</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les six dossiers, l&rsquo;un des plus sensibles concerne la publication d&rsquo;informations sur la Banque franco-tunisienne (BFT) dans le rapport final de l&rsquo;IVD. L&rsquo;ex-présidente est accusée par le parquet d&rsquo;avoir divulgué des données « non vérifiées ». Takato rappelle que ce rapport a été officiellement adopté et publié par l&rsquo;IVD avant sa dissolution, dans le cadre de son mandat légal de révélation des violations graves et de la corruption sous l&rsquo;ancien régime Ben Ali.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;association souligne que <a href="https://lepontdegeneve.ch/?p=31032" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Sihem Ben Sedrine</a> n&rsquo;a fait qu&rsquo;exercer les prérogatives attachées à sa fonction. Elle estime que sa mise en cause revient à fragiliser l&rsquo;ensemble du processus de justice transitionnelle, un point de vue que les autorités judiciaires ne partagent pas, réaffirmant le principe selon lequel nul n&rsquo;est au-dessus des lois.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La justice transitionnelle tunisienne en débat</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Créée en 2014 après la révolution de 2011, l&rsquo;Instance vérité et dignité avait pour mission d&rsquo;enquêter sur les abus commis entre 1955 et 2013. Son rapport final, remis en 2019, a été salué par certaines organisations internationales mais critiqué en interne, y compris par une partie de l&rsquo;appareil judiciaire. Depuis, plusieurs de ses membres, et en particulier son ancienne présidente, font l&rsquo;objet de poursuites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation intervient dans un climat politique où le président Kaïs Saïed, élu en 2019 et ayant renforcé ses pouvoirs à partir de l&rsquo;été 2021, a régulièrement critiqué l&rsquo;héritage de la transition. Le gouvernement affirme ne pas intervenir dans les affaires judiciaires. Des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch ont toutefois exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes quant au recul des acquis en matière de justice transitionnelle et de libertés publiques en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que <a href="https://intersection.uno/%d8%b3%d9%87%d8%a7%d9%85-%d8%a8%d9%86-%d8%b3%d8%af%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d9%85%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%a7%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%af%d8%a7%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%82%d8%a7%d9%84/" type="link" id="https://intersection.uno/%d8%b3%d9%87%d8%a7%d9%85-%d8%a8%d9%86-%d8%b3%d8%af%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d9%85%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%a7%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%af%d8%a7%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%82%d8%a7%d9%84/">les six procédures contre Sihem Ben Sedrine</a> se poursuivent sans qu&rsquo;aucun jugement au fond n&rsquo;ait encore été rendu, la question demeure : la Tunisie parvient-elle encore à garantir l&rsquo;indépendance de sa justice dans des dossiers à forte sensibilité politique, ou bien l&rsquo;outil pénal est-il en train de se substituer au débat démocratique sur l&rsquo;héritage de la transition ? L&rsquo;issue de ces procès, attendue pour 2026 au plus tôt, apportera peut-être un premier élément de réponse.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>le report de l&rsquo;audience de Sihem Ben Sedrine au 26 mai 2026 prolonge l&rsquo;attente judiciaire</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le juge d&rsquo;instruction du pôle judiciaire financier a décidé, mardi, de reporter au 26 mai 2026 l&rsquo;audience consacrée à l&rsquo;interrogatoire de Sihem Ben Sedrine, ancienne présidente de l&rsquo;Instance vérité et dignité (IVD). Cette décision, prise à Tunis, intervient alors que l&rsquo;ex-magistrate fait l&rsquo;objet de six procédures pénales distinctes depuis février 2023. Le nouveau renvoi, qui n&rsquo;a pas été motivé publiquement par le juge, allonge encore une procédure que l&rsquo;association Takato (Intersection pour les droits et les libertés) qualifie déjà « d&rsquo;acharnement judiciaire » dans une note publiée le 21 avril.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pour consulter le document, cliquez sur le lien dans les commentaires. <a href="https://intersection.uno/%d8%b3%d9%87%d8%a7%d9%85-%d8%a8%d9%86-%d8%b3%d8%af%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d9%85%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%a7%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%af%d8%a7%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%82%d8%a7%d9%84/" type="link" id="https://intersection.uno/%d8%b3%d9%87%d8%a7%d9%85-%d8%a8%d9%86-%d8%b3%d8%af%d8%b1%d9%8a%d9%86-%d9%85%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%a7%d8%b1-%d8%a7%d9%84%d8%b9%d8%af%d8%a7%d9%84%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%a7%d9%86%d8%aa%d9%82%d8%a7%d9%84/">ICI</a><br></em></p>



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<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/31034">Tunisie : Sihem Ben Sedrine, de la justice transitionnelle aux poursuites judiciaires, les ONG dénonce un «acharnement procédural»</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Sihem Ben Sedrine dénonce une « justice d’État policier » à la veille d’une nouvelle comparution (Vidéo)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 08:30:29 +0000</pubDate>
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<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/31026">Tunisie : Sihem Ben Sedrine dénonce une « justice d’État policier » à la veille d’une nouvelle comparution (Vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’ex-présidente de l’Instance vérité et dignité (IVD), Sihem Ben Sedrine, figure controversée de la transition post-2011, affirme être poursuivie dans sept affaires pénales qu’elle qualifie de représailles politiques. Dans une vidéo publiée dimanche 19 janvier, elle annonce sa comparution prévue le 21 janvier devant un juge d’instruction à Tunis, dénonçant des accusations « inventées de toutes pièces » visant selon elle à discréditer les travaux de l’IVD sur la corruption d’État. Elle accuse l’exécutif de Kais Saied de gouverner par un « État policier » et dit ne plus avoir « confiance en la justice ».  </p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>« Sept affaires pour une seule décision » : le récit d’une judiciarisation ciblée</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><br></strong>Dans une intervention filmée, Sihem Ben Sedrine, 63 ans, ancienne journaliste et militante des droits humains, affirme avoir été inculpée récemment dans trois nouvelles procédures judiciaires, portant à sept le nombre total de dossiers ouverts contre elle. Tous, assure-t-elle, « concernent des décisions d’arbitrage rendues par le Conseil de l’IVD », l’instance chargée entre 2014 et 2019 de juger les violations graves des droits de l’homme commises sous les régimes de Bourguiba, Ben Ali et pendant la révolution de 2011.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon sa transcription, elle compareîtra le 21 janvier devant un juge d’instruction, qu’elle dit ne pas connaître encore, dans l’une de ces affaires. Elle affirme n’y assumer « aucune responsabilité personnelle », estimant que les charges ne reposent que sur « un seul témoin, une chargée de mission » dont les déclarations contrediraient les procès-verbaux d’audiences signés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle rappelle qu’en mars 2024, après un long interrogatoire, un juge du pôle financier avait refusé de délivrer un mandat de dépôt, faute de charges. Ce magistrat, selon elle, a ensuite été « révoqué et relégué dans un tribunal d’instance à Jendouba » pour avoir résisté aux pressions du ministère de la justice. Ces allégations n’ont pas été confirmées par une source judiciaire indépendante, mais plusieurs associations de magistrats tunisiens ont documenté des mutations disciplinaires jugées arbitraires depuis 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ben Sedrine évoque également sa détention de sept mois, qu’elle qualifie de « mauvais traitements », et une grève de la faim ayant fragilisé sa santé. Elle affirme être « en pleine forme » moralement, tout en concédant : « ma santé ne suit pas ».</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’IVD au cœur de la tourmente : un rapport toujours tabou</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Ancienne présidente de l’Instance vérité et dignité (2014-2019), Sihem Ben Sedrine a dirigé la première expérience tunisienne de justice transitionnelle, créée après la chute de Ben Ali. L’IVD a reçu plus de 62 000 plaintes de victimes de violations des droits humains entre 1955 et 2013. Son rapport final, publié en 2019 sous tension politique, a nommé 66 hauts responsables accusés de corruption ou de complicité dans des exactions, dont certaines personnalités encore en poste aujourd’hui dans l’administration, la justice ou les affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rapport n’a jamais été officiellement débattu au Parlement. Sous la présidence de Kais Saied, arrivé au pouvoir en octobre 2019 puis ayant renforcé ses prérogatives par un coup de force constitutionnel en juillet 2021, les travaux de l’IVD ont été progressivement marginalisés, puis ouvertement critiqués par l’exécutif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ben Sedrine affirme aujourd’hui que les poursuites visent à « salir sa réputation » et à « se venger » du travail de l’IVD, alors même que l’instance a été dissoute depuis 2019. « Pourquoi le système s’en prendrait-il à l’IVD, à ses membres et à sa présidente, alors que l’instance n’existe plus ? », interroge-t-elle. Selon elle, la réponse tient dans les noms cités dans le rapport : « une grande partie [des 66 personnes renvoyées devant la justice] est toujours à la manœuvre dans de hautes fonctions ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune des personnalités visées par l’IVD n’a été condamnée pour corruption dans le cadre des recommandations de l’instance, faute de poursuites judiciaires engagées.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>une dérive autoritaire documentée, une opposition sous pression</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Depuis le 25 juillet 2021, date à laquelle Kais Saied a dissous le Parlement, limogé le gouvernement et suspendu la Constitution, la Tunisie a connu un net recul des libertés publiques, régulièrement documenté par des organisations comme Amnesty International, Human Rights Watch ou la Ligue tunisienne des droits de l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kais Saiedt a fait adopter par référendum (avec une faible participation) une nouvelle Constitution en 2022, concentrant l’essentiel des pouvoirs entre ses mains. Le Parlement, élu lors d’un scrutin boycotté par l’opposition en 2022-2023, est largement dominé par des indépendants proches de la présidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan judiciaire, en août 2022 Kais Saied a limogé ,  57 juges, « accusés de corruption ou d’entrave au bon fonctionnement de l’État », une décision qualifiée de « coup dur pour l’indépendance de la justice » par le Conseil supérieur de la magistrature, qu’il avait lui-même dissous. En janvier 2024, le président de l’Association des magistrats tunisiens, Anas Hmadi, a été condamné à un an de prison pour « outrage à magistrat », après avoir dénoncé des ingérences politiques. Ben Sedrine cite ces deux cas pour illustrer ce qu’elle appelle « l’État policier ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs figures de l’opposition, dont l’ancien ministre Ahmed Nejib Chebbi et des responsables des partis politiques et des activistes dans la société civile, sont emprisonnées ou sous contrôle judiciaire. Des ONG locales estiment que le système judiciaire est de plus en plus utilisé pour réprimer la dissidence, sous couvert de lutte contre la corruption ou le terrorisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’IVD a refermé ses portes il y a cinq ans, mais ses fantômes habitent toujours les palais de justice tunisiens. En ciblant sa présidente, le régime de Kais Saied cherche-t-il à signifier aux élites économiques et administratives que le temps des comptes est définitivement révolu ? Ou bien ces procès, en ramenant sous les projecteurs les noms des 66 responsables épinglés par le rapport de 2019, produiront-ils l’effet inverse : raviver une mémoire que le pouvoir voudrait voir entrer dans l’oubli ? La comparution du 21 janvier, à huis clos ou non, ne manquera pas d’apporter un premier élément de réponse.</p>



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    <title>Transcription : Intervention de Sihem Ben Sedrine</title>
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    <!-- entête : titre et cadre journalistique -->
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        <div class="rubrique">DOCUMENT • PROPOS RECUEILLIS</div>
        <div class="titre-transcription">
            « On est en train de juger l’IVD pour ses travaux »
        </div>
        <div class="sous-titre">
            Sihem Ben Sedrine, ex-présidente de l’Instance Vérité et Dignité, s’exprime dans une vidéo<br>
            à la veille d’une comparution judiciaire, le 21 janvier.
        </div>
    </div>

    <!-- métadonnées discrètes -->
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            <span>📄 Transcription intégrale</span>
            <span>•</span>
            <span>Propos non retouchés</span>
        </div>
        <div class="source-note">
            Source : déclaration vidéo de Sihem Ben Sedrine – janvier 2025
        </div>
    </div>

    <!-- corps de la transcription -->
    <div class="transcription-content">
        <p class="intro-speech">
            <strong>Sihem Bensedrine :</strong> « La Tunisie est un beau pays. Mais malheureusement, c’est un État policier qui le gouverne. Un régime qui saccage ses acquis et persécute ses citoyens. Certains ont été contraints à l’exil et ceux qui sont restés croupissent dans les prisons et sont maltraités. Mais ce régime ne tiendra pas plus longtemps que d’autres plus forts que lui. »
        </p>

        <p>« En ce qui me concerne, je tenais aujourd’hui à vous informer qu’on m’a inculpée dans trois nouvelles affaires. Et le 21, après-demain, je comparaîtrai devant le juge d’instruction. Bien sûr, je n’ai même plus confiance en la justice. Car vous connaissez tous l’expérience que j’ai vécue. Quelques jours après le long interrogatoire devant un juge qui essayait de faire son travail en mars 2024, ce dernier a découvert que ces dossiers étaient vides. Ils ont inventé de toutes pièces des accusations qui ne reposaient sur rien. Et ma défense n’a pas eu de mal à démonter cette montagne de falsification et à présenter ses preuves. »</p>

        <p>« Je suis poursuivie maintenant dans sept affaires en cours. Et toutes concernent les décisions d’arbitrage rendues par le Conseil de l’IVD. Je vous apporterai des éclairages sur ces décisions dans la prochaine vidéo. L’affaire pour laquelle je vais comparaître concerne une décision prise par le Conseil de l’IVD et dans laquelle je n’assume aucune responsabilité personnelle, comme pour les six autres affaires. Dans ces sept affaires, ils ont un seul témoin, la chargée de mission pour le compte du système, un seul témoin qui ment et qui s’en prend à tout le monde. Et elle dit des choses qui contredisent les procès-verbaux des audiences, qui sont signés et clairs, et sur lesquels je ne m’attarderai pas. »</p>

        <p>« Je ne sais pas ce qui va se passer le mardi 21. Tout est possible de la part de gens qui n’ont ni foi ni loi. Sept mois de détention et de mauvais traitements ne leur ont pas suffi. Une grève de la faim qui a beaucoup fragilisé mon état de santé, cela ne leur suffisait pas, il fallait qu’ils renouvellent leurs persécutions. Ils ne me font pas peur, j’ai toute l’énergie nécessaire pour résister. Dieu merci, je suis en pleine forme. Même si ma santé ne suit pas. »</p>

        <p>« À travers ces affaires, ils essaient de salir ma réputation et de porter atteinte à mon honneur en m’accusant de corruption, alors qu’ils n’ont trouvé jusqu’à présent pas l’ombre d’un acte de corruption. Vous connaissez l’histoire de ce juge d’instruction du pôle financier qui n’a rien trouvé après un long interrogatoire et qui avait refusé d’émettre un mandat de dépôt en mars 2024. C’est lui qui a été sanctionné, ils l’ont révoqué et relégué dans un tribunal d’instance à Jendouba parce qu’il n’a pas voulu se plier aux ordres du ministère de la justice. »</p>

        <p>« Comme je vous l’ai dit, je n’ai aucune confiance en la justice telle qu’elle est administrée aujourd’hui. Comment les juges peuvent-ils résister ? 57 juges intègres qui voulaient faire leur travail ont été révoqués. Même le président de l’association des magistrats qui est le symbole de l’autorité des juges vient d’être condamné à un an de prison pour avoir fait son travail. C’est un scandale, un véritable scandale. Bien sûr, je sais tout ça, et je sais que je ne comparaîtrai pas devant la justice mais devant l’État policier. »</p>

        <p>« On se pose la question “Pourquoi ? Quelles sont leurs motivations ?” Ils tiennent à se venger de moi en tant que représentante légale de l’IVD. La vérité, c’est que la justice transitionnelle a été ignorée par une partie importante de l’élite. Ils ont tourné le dos à ce processus et n’ont pas mesuré son importance pour l’instauration d’un État de droit. Le système lui a tout compris et mesure la menace que représentent les travaux de l’IVD pour leurs intérêts. Sinon pourquoi le système s’en prendrait-il à l’Instance Vérité et Dignité, à ses membres et à sa présidente alors que l’Instance n’existe plus ? Parce qu’elle a démantelé le système de corruption et de tyrannie, sans complaisance et en s’appuyant sur les faits. Et elle a recommandé les réformes qu’il faut mener dans notre pays pour le prémunir de cette pieuvre mafieuse qui l’a colonisé et qui bafoue l’État de droit et ses lois. Quant aux honnêtes fonctionnaires, ils ont la plupart été limogés et n’ont pas accepté d’exécuter leurs ordres. »</p>

        <p>« Ils accusent de corruption ceux qui ont dévoilé leur corruption. L’IVD a publié dans son rapport les responsables qui se sont livrés à la corruption dans l’exercice de leurs fonctions. Cela signifie qu’ils ont violé les principes fondamentaux de l’État de droit. Ils l’ont gangrené, ils l’ont ruiné, ils ont mis à genoux l’économie du pays. Nous avons renvoyé devant la justice spécialisée soixante-six personnes, dont une grande partie est toujours à la manœuvre dans de hautes fonctions. Et ils ne pardonnent pas à l’IVD de voir que leurs noms sont cités devant les tribunaux afin qu’ils soient tenus de rendre des comptes pour ce qu’ils ont commis à l’encontre de la Tunisie. C’est pour cela qu’ils en veulent à l’instance et ses dirigeants. »</p>

        <p>« Je vais vous mettre un lien dans le commentaire vers les textes utiles, si vous avez le temps de les consulter. Nous sommes fiers que l’Instance ait accompli ce travail, et ce ne sont pas que les membres dirigeants, mais un nombre important de fonctionnaires et d’employés qui ont payé un prix à leur travail au sein de l’Instance en étant écartés, licenciés et empêchés de travailler ailleurs après la fin de l’instance. Le moment viendra où nous parlerons de tout cela. La Commission a accompli un travail très important. Ce qui compte, c’est comment nous allons réformer notre pays. Comment en faire un État de droit. Comment faire en sorte que l’État protège le citoyen au lieu de le réprimer ? Comment faire en sorte qu’il serve les intérêts du citoyen et non des groupes restreints qui veulent profiter de l’État pour s’enrichir de manière scandaleuse aux dépens des citoyens en contrôlant les rouages de l’État ? »</p>

        <p>« Bref, je vais vous donner plus de détails sur ces affaires en cours pour que vous compreniez les faits et les enjeux. On en reparlera dans une prochaine vidéo pour ne pas trop vous charger maintenant. Je vous présenterai les dossiers d’arbitrage en justice pour que vous puissiez bien rire. Je veux dire, ils ne sont même pas capables de faire quelque chose qui tienne la route, que ce soit au niveau de la cohérence, de la chronologie ou même de ce qu’on appelle les “témoins”. Même les feuilles de choux ont eu leur mot à dire dans ces poursuites. Nous tenons à le souligner : La Tunisie appartient aux Tunisiens, pas à la mafia qui a colonisé l’État, et ils ne pourront pas continuer à le faire longtemps encore, cela ne leur durera pas. »</p>

        <div class="fin-transcription">
            Fin de la transcription — conformément aux propos tenus dans la vidéo.
        </div>
    </div>

    <div class="card-footer">
        Document à usage éditorial · Les déclarations ici reproduites relèvent de la seule responsabilité de l’intervenante.
    </div>
</div>
</body>
</html>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/31026">Tunisie : Sihem Ben Sedrine dénonce une « justice d’État policier » à la veille d’une nouvelle comparution (Vidéo)</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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		<title>Tunisie : le juge Akermi paye son refus de soumettre la Justice à la police</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 10:57:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Bechir Akremi]]></category>
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<!-- Début de la mise en page WordPress - Article "Le Pont de Genève" -->
<div class="article-genève" style="font-family: 'Georgia', serif; color: #333; line-height: 1.7; max-width: 800px; margin: auto; padding: 20px;">

<p>Dans un article de Mediapart, Sihem Ben Sedrine relate le parcours d&rsquo;un procureur tunisien qui a été au centre d&rsquo;un différend entre l&rsquo;autorité judiciaire et le pouvoir exécutif. Selon l&rsquo;autrice, il a fait l&rsquo;objet de campagnes de stigmatisation de la part de syndicats de police. Après avoir été démis de ses fonctions, il a été placé en assignation à résidence, puis a fait l&rsquo;objet de poursuites pénales, d&rsquo;une arrestation et enfin d&rsquo;un placement en service psychiatrique en février 2023.
</p>


   
        <p class="author" style="color: #7F8C8D; font-style: italic; font-size: 1.1em;">Par <strong>Sihem Bensedrine</strong> : Défenseure de droits humains, présidente de l&rsquo;Instance Vérité &#038; Dignité (IVD) 2014-2019</p>
    </header>

    <!-- Introduction et citation en exergue -->
    <div class="intro" style="background-color: #f8f9fa; padding: 25px; border-left: 5px solid #8B0000; margin-bottom: 30px; font-size: 1.1em;">
        <p><strong>Résumé :</strong> Un procureur tunisien a été au cœur d’une bataille qui a opposé l’autorité judiciaire à l’Exécutif. Il sera la cible de campagnes de stigmatisation des syndicats de police et de leurs accointances politiques. Arbitrairement démis de ses fonctions, il sera assigné à résidence avant même d’être poursuivi au pénal, puis arrêté et même interné en psychiatrie en février 2023.</p>
        <blockquote style="font-size: 1.2em; color: #555; margin: 20px 0; padding-left: 20px; border-left: 3px solid #ccc;">
            « Il n’y a plus d’institution judiciaire, l’ingérence de l’Exécutif est devenue directe »
        </blockquote>
    </div>

  <!-- Image de Bechir Akermi - Format petit -->
<div class="featured-image" style="text-align: center; margin: 30px 0;">
    <img decoding="async" src="https://lepontdegeneve.ch/wp-content/uploads/2025/11/image.png" 
         alt="Bechir Akermi - Procureur du Tribunal de Tunis" 
         style="max-width: 180px; height: auto; border-radius: 3px; border: 1px solid #ddd;">
    <p style="font-style: italic; color: #7F8C8D; font-size: 0.8em; margin-top: 5px;">Bechir Akermi, procureur du Tribunal de Tunis</p>
</div>

    <!-- Navigation par ancres pour les chapitres -->
    <nav class="article-nav" style="background: #f1f1f1; padding: 15px; border-radius: 5px; margin-bottom: 30px;">
        <h3 style="margin-top: 0; color: #2C3E50;">Sommaire de l&rsquo;enquête :</h3>
        <ol style="columns: 2; list-style-position: inside;">
            <li><a href="#chapitre1" style="color: #8B0000; text-decoration: none;">La leçon du procureur</a></li>
            <li><a href="#chapitre2" style="color: #8B0000; text-decoration: none;">La saga des représailles</a></li>
            <li><a href="#chapitre3" style="color: #8B0000; text-decoration: none;">Objectif : vassaliser les magistrats</a></li>
            <li><a href="#chapitre4" style="color: #8B0000; text-decoration: none;">Les agendas douteux des adversaires</a></li>
            <li><a href="#chapitre5" style="color: #8B0000; text-decoration: none;">Les premiers pas d&rsquo;une Justice indépendante bridés</a></li>
            <li><a href="#chapitre6" style="color: #8B0000; text-decoration: none;">Le combat contre l&rsquo;impunité policière</a></li>
            <li><a href="#chapitre7" style="color: #8B0000; text-decoration: none;">Le Retour de manivelle</a></li>
        </ol>
    </nav>

    <!-- Contenu principal de l'article -->
    <article class="main-content">

        <p><strong>« Il n’y a plus d’institution judiciaire,l’ingérence de l’Exécutif est devenue directe» martèlent les avocats des opposants poursuivis dans des simulacres de procédures judiciaires qui frappent aujourd’hui tous ceux qui osent élever une voix critique ou réfléchir aux alternatives à la mauvaise gouvernance dans la gestion de l’État.</strong></p>

        <p> Depuis le 25 juillet 2021, l’État profond a pu dérouler, sans entraves, son plan de raser l’architecture démocratique née de la révolution en s’attaquant en priorité à l’un de ses piliers, l’indépendance de la Justice.<p>Le 13 février 2022, le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) est dissous par le Président de la république qui le remplace par une nouvelle instance dont il nomme les membres ; selon lui les juges sont des fonctionnaires et non une autorité. Cet acte sera suivi en juin 2022 par la révocation arbitraire de 57 juges de la chaîne pénale dont 48 bénéficieront d’un arrêt de réintégration du Tribunal administratif, resté sans effet. Un feu vert est dès lors donné aux sanctions et au harcèlement des figures rebelles, à leur tête, les dirigeants de l’Association des magistrats tunisiens (AMT).</p>

        <p>Abattre Bechir Akermi, le Procureur du Tribunal de Tunis &#8211; qui gère près de 60% des affaires enrôlées sur toute la république et a la compétence territoriale pour les affaires terroristes – sera la porte d’entrée de la mise au pas de cette institution judiciaire œuvrant à assurer son émancipation.</p>

        <p>Retracer la descente aux enfers de cette personnalité décrite comme « controversée » est un enjeu majeur dans un contexte de désinformation organisée où les victimes sont qualifiées de bourreaux et les forfaits d’actes patriotiques. Il y va de nos droits de citoyens à une justice sereine et équitable.</p>

        <!-- Chapitre 1 -->
        <section id="chapitre1" style="margin-top: 50px;">
            <h2 style="color: #8B0000; border-bottom: 2px solid #8B0000; padding-bottom: 5px;">1- La leçon du procureur</h2>
            <p>J’ai eu l’occasion de connaître le procureur Akermi en 2017 à l’époque où j’étais en charge de la présidence de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) et j’avoue que le premier contact fut rugueux. C’est un homme d’une forte personnalité, au débit rapide, toujours pressé et peu accommodant. Je venais m’enquérir de certaines de nos plaintes, restées sans suites. Il me répondit : « Je n’ai pas non plus donné suite à celles infondées qui ciblaient votre institution, vous voulez faire votre travail ou camper au Palais de justice avec cette masse de plaintes qui vous feront perdre votre temps et le nôtre ? » Décider de l’opportunité des poursuites était une lourde responsabilité qu’il assumait avec perspicacité dans un contexte où la tendance à régler judiciairement des conflits politiques était au goût du jour.

J’insistais cependant pour qu’il donne suite à l’une de nos plaintes relatives à l’écoute illicite de toutes les lignes de l’IVD par la police politique. Un large sourire fendit son petit visage, comme pour signifier la naïveté de notre demande. Il me répondit « tous les jours je reçois des rapports de police incriminant des suspects arrêtés sur la base d’écoutes réalisées en dehors de tout cadre légal et vides de contenus pouvant être incriminés. Et c’est à moi qu’ils transmettent ces rapports d’écoutes illégales ! Vous n’avez pas idée de la machine à laquelle je fais face. Tout ce que je peux faire, c’est refuser de les valider comme source d’information. » J’appris plus tard qu’il avait eu l’audace de poursuivre le tout puissant directeur général des services techniques (DGST) en charge des écoutes téléphoniques dans une affaire beaucoup plus grave.

Entre mars et décembre 2018, nous lui amenions les actes d’accusations préparées par l’Instance Vérité et Dignité après la décision de prolongation de notre mandat disputée par le pouvoir en place. Je lui dis – un peu provocatrice – « vous allez accepter de les enrôler ou vous allez vous aussi obéir à la consigne de nous boycotter ? Il me répondit en colère «je ne reçois d’ordre de personne ! Je fais ce que la loi dicte et la loi dit que vous avez le droit de proroger votre mandat d’un an ; je me dois de respecter votre décision !» Il continua à recevoir nos actes d’accusation jusqu’au 31 décembre et mit un bureau de l’un de ses substituts à notre disposition afin que les délais ne soient pas forclos. Il ne croyait pas beaucoup en la justice transitionnelle, mais pour lui la loi c’était sacré.

L’été 2021, voyant la nasse qui achevait de l’enserrer, je l’avais incité à communiquer ; je lui proposais un journaliste engagé qui acceptait de recueillir sa parole sans censure. Rendez-vous fut pris, mais il s’est vite rétracté. Akermi appartient à cette génération de juges qui ont une conception restrictive de l’obligation de réserve qu’il confondait avec absence de communication. Lorsqu’il s’y résolut en 2022, c’était trop tard et le média qui lui fit une longue interview s’interdit de la diffuser sous la pression. Akermi avait juste le droit d’être diffamé.


        </section>

        <!-- Chapitre 2 -->
        <section id="chapitre2" style="margin-top: 50px;">
            <h2 style="color: #8B0000; border-bottom: 2px solid #8B0000; padding-bottom: 5px;">2- La saga des représailles</h2>
            <div style="background-color: #fff4f4; padding: 20px; margin: 20px 0; border-radius: 5px;">
                <p style="margin: 0;"><strong>Image marquante :</strong> Cette image du président Bechir Akermi à sa sortie de l’hôpital psychiatrique illustre à elle seule le niveau de rabaissement de l’institution judiciaire et de nos mœurs politiques.</p>
            </div>
            <p>Début février 2023, Bechir Akremi est détenu sous de graves charges dont celle de « blanchiment des terroristes » ; Le parquet a confié les investigations à des responsables sécuritaires précédemment poursuivis par l’ancien procureur pour faux et tortures. La saga des représailles ne s’arrête plus. Soumis aux humiliations et aux mauvais traitements, on ira jusqu’à l’interner d’office en psychiatrie le 17 février 2023 ; Libéré par les médecins le 24 février, il est de nouveau interpellé, en toute illégalité par les policiers qui encerclent l’hôpital afin d’empêcher sa famille de l’accompagner à son domicile, puis présenté à un juge d’instruction du pôle antiterroriste, qui le met en liberté provisoire. Les policiers ne le relâchent pas pour autant et Akermi sera maintenu en détention dans le cadre d’une autre affaire réintentée par des membres du parti Watad – extrême gauche nationaliste arabe – qui portent plainte pour des faits (collision avec les terroristes) déjà examinés par le tribunal de Tunis et ayant fait l’objet d’un non-lieu en 2016, en violation du principe de l’autorité de la chose jugée.

        </section>

        <!-- Chapitre 3 -->
        <section id="chapitre3" style="margin-top: 50px;">
            <h2 style="color: #8B0000; border-bottom: 2px solid #8B0000; padding-bottom: 5px;">3- Objectif : vassaliser les magistrats et assurer l’impunité des sécuritaires</h2>
            <p>La première attaque sérieuse contre le juge se fera début 2015, au lendemain des attentats du musée du Bardo et de Sousse ciblant les touristes et occasionnant des dizaines de victimes. En fonction au bureau d’instruction N°13, il fut chargé d’instruire ces deux dossiers brûlants ; Il signa une commission rogatoire confiant les investigations à une équipe de la brigade antiterroriste basée à El Gorjani ; au moment d&rsquo;interroger les suspects – dont l’arrestation a été triomphalement annoncée par le ministre de l’Intérieur, lors d’une conférence de presse où leurs noms étaient cités– il constata d’« horribles » traces de torture, jetant le doute sur les aveux obtenus ; certaines analyses techniques jointes par les policiers au dossier s’avérèrent falsifiées. Il décida de leur retirer l’enquête et de la confier à une autre brigade antiterroriste, dépendant cette fois-ci de la garde nationale (gendarmerie) basée à El Aouina ; Ses investigations conduiront rapidement à l’incrimination d’autres suspects, confondus par des éléments tangibles attestant, également, leur implication dans la tuerie de l’hôtel Impérial de Sousse avec ses victimes majoritairement britanniques. Leur culpabilité fut confirmée par tous les degrés de la procédure pénale, aboutissant à leur condamnation aux peines les plus lourdes. Quant aux officiers de Gorjani, il les inculpa pour tortures et falsification. Ce sont ceux-là mêmes à qui le parquet va confier la tâche de l’interroger en 2023.

C’est dans cette ambiance tragique, que les tortionnaires de l’antiterrorisme, fortement épaulés par les syndicats de police, imposeront à une opinion traumatisée et au sens critique émoussé, l’image &#8211; aussi fallacieuse que tenace &#8211; de « la police qui arrête [les terroristes] et la justice qui [les] relâche ». Une délégation de parlementaires, comprenant des membres du parti Ennahdha, se rendit à El Gorjani avec des bouquets de fleurs pour leur rendre hommage. Bechir Akremi, lui, subissait, dans l’indifférence générale, des attaques sur sa vie privée, au moment où il était félicité par Scotland Yard et loué par l’avocat britannique des victimes du Bardo qui salue sa «décision courageuse ».

La route était balisée pour une guérilla sans merci contre les juges par les syndicats de police pilotés par les services. On se souvient de ce fameux 26 février 2018 où les agents de police armés ont, à l’appel de leurs syndicats, encerclé le tribunal de Ben Arous (banlieue sud de Tunis) et assiégé le bureau du juge d’instruction qui avait « osé » arrêter cinq policiers de la brigade judiciaire de Gorjani, accusés de tortures. Ils sortiront en état de liberté de ce bras de fer. Le ministère de l’Intérieur ne sanctionnera aucun de ces officiers. Ces scènes où les syndicats de police font obstruction à la justice se répéteront à Sfax, Sousse, Kasserine et Mahdia sans que cela ne porte à conséquences.


        </section>

        <!-- Les autres chapitres suivent la même structure... -->
        <section id="chapitre4" style="margin-top: 50px;">
            <h2 style="color: #8B0000; border-bottom: 2px solid #8B0000; padding-bottom: 5px;">4- Les agendas douteux des adversaires du juge Béchir Akremi</h2>
            Sous couvert d’exigence de vérité sur les assassinats des martyrs Belaid et Brahmi, le parti Watad agissant dans le cadre du « comité de défense des deux martyrs » se joindra sans mesure ni réserves à ces assauts contre Béchir Akremi, chargé de l’instruction de l’affaire Belaid uniquement. Profitant de l’immense émotion causée par ces forfaits d’une gravité exceptionnelle, ils instrumentaliseront politiquement la formidable acuité médiatique de ces évènements tragiques.

Le juge révélera plus tard avoir rejeté les pressions du ministre de la Justice lui demandant de donner suite aux exigences de ce comité en impliquant certains dirigeants du parti Ennahdha. « Je juge en fonction des pièces au dossier, qu’on m’amène une preuve et je les incrimine ! » arguera-t-il. Son refus lui vaudra une comparution devant l’inspection générale qui ne relèvera aucune irrégularité dans sa gestion de l’affaire.

Ses pourfendeurs redoublèrent de virulence ; profitant d’une complaisance médiatique aveugle, ils multiplièrent impunément les accusations les plus outrancières : « escamoter » des éléments du dossier pour « protéger ses soutiens au sein du parti Ennahdha ». Dans ce climat survolté, le juge bouclera l’enquête. Ses conclusions seront confirmées par les autres juridictions ; les recours de la partie civile contre ses décisions furent rejetés par la Cour de cassation. Depuis plusieurs années, l’affaire est portée devant les Cours pénales qui ont accédé à toutes les demandes d’investigations complémentaires de la partie civile sans qu’aucun nouvel élément ne vienne infirmer les conclusions établies par le juge Akremi. Le mystère des commanditaires reste cependant entier.

Révélant un agenda douteux et s’écartant de son objectif proclamé, le « comité de défense des deux martyrs » élargira ses cibles et multipliera les coups de mains ; en septembre 2019 il organisa l’occupation du bureau du procureur auprès du tribunal de première instance de Tunis, dont le juge Akremi avait la charge, paralysant le travail du parquet durant une journée entière, sans que cela ne prête à conséquence. Puis, il multiplia vainement les plaintes administratives et pénales contre lui, ressassant à l’envi, les accusations d’« entraver l’établissement de la vérité » et même de « soutien au terroristes », tout en bénéficiant de la bienveillance de médias complaisants.

Le 9 février 2022, au cours d’une conférence de presse de deux heures, intégralement retransmise en direct par les médias publics, ce comité s’en prend au Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), exigeant sa dissolution et annonçant la tenue d’un rassemblement de protestation devant son siège. Leurs vœux furent exaucés par le Président de la république quelques jours plus tard.

A leur instigation, le 6 février 2023, la ministre de la Justice annonce la création d’un comité chargé du suivi de l’affaire Belaid/Brahmi sous sa tutelle directe qui «  vise à tenir responsable de leurs actes tous ceux qui ont perturbé l&rsquo;avancement des dossiers, enfouir les preuves et influencer le cours de la justice. ». C’est on ne peut plus clair, la justice n’est plus l’affaire des juges mais des politiques !

Les médias mainstream vont jouer un rôle clé pour couvrir ces plans de légitimité révolutionnaire et diffuser leurs messages toxiques de façon constante. L’épouvantail islamiste servira d’outil de captation pour rallier une opinion frileuse et les fautes politiques incontestables du parti Ennahdha durant la dernière décennie seront habilement exploitées pour détourner le regard de l’opinion publique de la vraie menace qui déferlait sur la société et ses institutions, l’État policier.


        </section>

        <section id="chapitre5" style="margin-top: 50px;">
            <h2 style="color: #8B0000; border-bottom: 2px solid #8B0000; padding-bottom: 5px;">5- Les premiers pas d’une Justice indépendante bridés</h2>
           Le juge ne fut pas intimidé par toutes ces attaques. En 2016, il postula au poste, devenu vacant, de procureur du tribunal de première instance de Tunis. Contrairement à tout ce que les médias ont véhiculé, ce n’est pas Noureddine Bhiri, alors ministre de la Justice, qui avait nommé Bechir Akermi, mais l’Instance provisoire pour la supervision de la justice judiciaire (IPSJJ) créée en mai 2013 par la loi organique n° 2013-13 en attendant la mise en place du CSM définitif. Une équipe de magistrats indépendants (pour la majorité membres de l’AMT) sont élus par leur corps pour diriger ce CSM provisoire qui comprends parmi ses membres des avocats et des professeurs universitaires élus par leurs pairs.

L’IPSJJ avait désormais la compétence de veiller sur le déroulement de la carrière professionnelle des magistrats (nomination, promotion, mutation et discipline) et va mettre en œuvre, malgré une résistance farouche de l’Exécutif, les premières mesures consacrant l’indépendance de la justice durant trois ans. L’élément principal de cette indépendance, l’inamovibilité des juges &#8211; consacrée par la Constitution de 2014 – qui signifie l’impossibilité de les muter sans leur consentement, levait ainsi le verrou qui enserrait leur libre arbitre en les soustrayant aux pressions politiques,. Malheureusement, ce principe sera égratigné plus tard par le CSM (infiltré par la vieille garde) qui verra le jour en 2016 – il contournera ce principe par le recours excessif à « la mutation pour nécessité de service » prévue par la loi pour des situations exceptionnelles &#8211; dans un contexte de compromissions politiques (Nida-Nahdha), qui vont vider de sa substance la réforme proposée par les structures professionnelles (AMT).
Si l’ère post révolution avait commencé à lever la chape de plomb exercée sur la Justice, elle léguait cependant un champ de mines qui exigeait une vigilance de tous les instants. Il n’y avait plus un seul prétendant à la mise sous tutelle de l’institution, comme sous Ben Ali, mais plusieurs.

Illustration 3
Bechir Akermi avec l&rsquo;UNODOC
Akermi s’affirmera au cours de cette période comme l’un des meilleurs juges anti-terroriste grâce à son talent et aux formations spécialisées dont il bénéficiera, en crime organisé et techniques d’investigation dans les affaires de terrorisme proposée par les Nations Unies (UNODC), l’OCDE, le Conseil de l’Europe, Eurojust et dans des instituts spécialisés. Tous ces organismes peuvent témoigner de son professionnalisme, certains lui décerneront des distinctions.

Que le nouveau procureur de Tunis – qui avait sous son autorité les deux pôles du terrorisme et de la corruption &#8211; ait pu commettre des erreurs en s’essayant à cet art d’équilibriste, nul ne peut l’en absoudre à priori, mais nul ne peut lui dénier d’avoir essayé de mettre le parquet de Tunis sur le chemin de son indépendance de l‘exécutif.


        </section>

        <section id="chapitre6" style="margin-top: 50px;">
            <h2 style="color: #8B0000; border-bottom: 2px solid #8B0000; padding-bottom: 5px;">6- Le combat de Akermi contre l’impunité policière</h2>
            Akermi n’a pas hésité à poursuivre plusieurs cadres sécuritaires haut placés et soupçonnés d’avoir trempé dans de graves crimes : (assassinats, tortures, écoutes illicites, corruption, falsification) ; n’hésitant pas à procéder aux interpellations et aux perquisitions nécessaires aux enquêtes en question. Après les tensions lors des attentats de Sousse et du Bardo, deux événements vont illustrer cet affrontement dans la lutte contre l’impunité policière :

Le faux attentat de Mnihla en mai 2016 : Deux citoyens tunisiens ont été liquidés en dehors de tout cadre légal et tués de sang-froid dans une mise en scène scabreuse d’un faux attentat mettant en cause la responsabilité directe du ministre de l’Intérieur. Les médias salueront « un coup de maître » du ministère. Là encore le Procureur Akermi n’hésite pas à le convoquer avec près de 25 hauts cadres sécuritaires. L’enquête révélera le faux attentat préparé au sein du ministère, imitant le modèle algérien de la décennie noire. Plus tard, le ministre démis sera appelé à une audition au parlement. L’affaire n’a pas encore été jugée et les suspects toujours en poste.
L’inculpation du directeur des services techniques confondu d’avoir mené des opérations d&rsquo;écoutes téléphoniques hors la loi et sans autorisation judiciaire ciblant des hommes politiques, des agents de sécurité et des hommes d&rsquo;affaires au profit de certaines parties non autorisées, achèvera de les dresser contre lui. Akermi n’a pas hésité à poursuivre ces hauts cadres sécuritaires dont l’évocation du nom faisait trembler à l’avenue Bourguiba, siège de la Dakhilya. Pour la première fois dans l&rsquo;histoire de la justice tunisienne, une perquisition a été opérée dans le siège de la DGST en présence du substitut du procureur de la République, et tous les éléments prouvant ces abus saisis. Confondu également pour des faits de corruption, le haut cadre sécuritaire prendra la fuite.

        </section>

        <section id="chapitre7" style="margin-top: 50px;">
            <h2 style="color: #8B0000; border-bottom: 2px solid #8B0000; padding-bottom: 5px;">7- Le Retour de manivelle ou la mise à mort professionnelle</h2>
           Avant d’être jeté en pâture à la police politique, Akermi a été sacrifié par les structures de son corps (le CSM compte parmi ses membres des responsables de l’ancien régime, et notamment l’auteur du coup de force de 2004 contre l’AMT diligenté par Ben Ali). Son nom sera associé au juge corrompu qu’il a contribué à démasquer, bien que les enquêtes de l’inspection concluront à son innocence dans un premier temps. Il servira ainsi d’exemple à ceux qui seraient tentés de s’essayer à l’exercice de l’indépendance.

A l’origine de ce lynchage, une enquête qui lui a été confiée le 7 janvier 2021, par le CSM relative à une suspicion de corruption mettant en cause le Premier président de la Cour de cassation qui a émis un verdict au mois d’août 2019 dans une affaire de corruption financière impliquant des hommes d’affaires et des politiciens. Ses investigations ont confirmé les soupçons de corruption du juge qui était intervenu directement pour que des « décisions de cassation sans renvoi » (le jugement de la cour d’appel est cassé mais n’est pas renvoyé devant une Cour d’appel, ce qui transforme le jugement en acquittement de fait) soient édictées ! Ces décisions soustrayaient près de 6000 millions de dinars au Trésor public. Le 20 août 2021, alors qu’il était en train de mener ses investigations sur cette affaire, le Conseil de la justice judiciaire (CJJ, partie du CSM) décide de le suspendre de ses fonctions et de le déférer devant le parquet. Or il se trouve que le juge accusé de corruption est membre es-qualité du CJJ et compte des « alliés » au sein de ce Conseil qui cherche ainsi à interrompre les investigations de Akermi en décidant de le muter en dehors du mouvement annuel.

En dépit de cette décision, il avait réussi à boucler l’enquête en début septembre et transmettre son rapport au CJJ et à l’inspection, l’informant de ses conclusions et demandant la levée de l’immunité du Premier président de la Cour de cassation pour que les poursuites puisent être engagées. Par des complicités évidentes, le ministère de la Justice le maintiendra en poste pendant six mois encore durant lesquels il continuera à mener ses activités suspectes. Akermi sera déféré devant la justice en même temps que celui dont il a révélé la corruption et son nom sera désormais associé par les médias au juge corrompu. Le 31 décembre 2021, le Tribunal administratif annule la décision du CSM relative à sa mutation suite à son recours, mais le Conseil de la justice judiciaire refuse de se conformer à la décision du tribunal appelant à sa réintégration dans son ancienne fonction. La saga judiciaire peut maintenant avoir libre cours.

Le cas Béchir Akermi est emblématique du pouvoir redoutable de la machine de désinformation qui réussit à intoxiquer une élite politique et associative et lui faire perdre sa capacité à identifier les vrais enjeux de l’Etat de droit. Heureusement, la désinformation autour de la « tentative de coup d’Etat » dont sont accusés actuellement les opposants arbitrairement détenus n’a pas pris. La leçon vaut pour tous ceux que l’on jette en pâture à un lynchage médiatique organisé ; les vrais ennemis de la démocratie ne sont pas toujours ceux qu’on nous désigne, la vigilance est de rigueur, les révélations de Forbiden stories sont édifiants sur cette question.

La solidarité avec le juge Akermi pour la préservation de sa liberté et de son intégrité physique et mentale est un devoir dont l’enjeu est la préservation des droits des citoyens à une justice sereine et impartiale.



        </section>

 

    <!-- Signature du site -->
    <div style="text-align: center; margin-top: 30px; color: #7F8C8D; font-size: 0.9em;">
        <p>Publié sur <em>Le Pont de Genève</em> &#8211; Pour la défense des droits humains et de l&rsquo;État de droit.</p>
    </div>
&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<p>
Source : https://blogs.mediapart.fr</p>
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		<title> Sihem Bensedrine : Une résistante infatigable face à la machine à mensonges</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 13:38:37 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Sihem Ben Sedrine ancienne présidente de l&rsquo;Instance vérité et dignité (IVD), a répondu avec force à une récente série d&rsquo;articles dans les médias. Elle s&rsquo;insurge contre la publication d&rsquo;une liste supposée de figures de l&rsquo;opposition à Ben Ali, accusées d&rsquo;avoir touché de l&rsquo;argent de l&rsquo;État après la révolution. Elle dénonce ces accusations comme de pures « mensonges » orchestrées par une « fabrique à fausses nouvelles » qui travaille pour les intérêts de ceux qui tirent les ficelles en coulisses. Elle est même surprise que certains esprits soi-disant éclairés aient gobé ces histoires sans se poser de questions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prouver son point, elle s&rsquo;appuie sur les règles très claires du système de comptabilité publique tunisien (la loi n° 73-81). Elle explique que chaque centime dépensé par l&rsquo;État doit suivre un chemin légal bien précis, être validé et justifié par une prestation ou un service réellement rendu (article 41). De plus, elle rappelle que les personnes en charge des comptes publics sont responsables de leurs actions (articles 15 et 16). Pour elle, il est donc presque impensable, voire impossible, de réaliser des versements cachés ou illégaux dans l&rsquo;administration tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour finir, elle lance un défi à ceux qui l&rsquo;attaquent : qu&rsquo;ils sortent les preuves, les papiers officiels qui montrent ces prétendus paiements ! Elle leur propose plutôt de s&rsquo;intéresser aux vrais cas de corruption, ceux qui sont prouvés et détaillés dans le rapport de l&rsquo;IVD, un document qui, d&rsquo;après elle, « embête » pas mal de monde au pouvoir.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Anas Chebbi : Une demande de transparence sur les indemnités controversées</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Anas Chebbi, Il était un fervent soutien du régime dictatorial de Ben Ali, a écrit une lettre ouverte au président Kaïs Saïed, suite à la divulgation d&rsquo;une liste qui fait beaucoup parler d&rsquo;elle par un contrôleur financier nommé Riadh Mahlaoui. Chebbi souhaite que l&rsquo;on se penche à nouveau sur la question des sommes d&rsquo;argent versées à des figures politiques après 2011, ce qui n&rsquo;est pas vrai et est nié par la justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Sihem Ben Sedrine incarne la résistance aux mensonges</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de la tempête politique tunisienne, Sihem Ben Sedrine incarne la résistance aux mensonges et à l&rsquo;opacité<strong>.</strong>&nbsp;Sa dispute avec Anas Chebbi est bien plus qu&rsquo;une querelle personnelle : c&rsquo;est le symptôme des mensonges non dissipés de l&rsquo;ère post-2011. Là où d&rsquo;autres pratiquent le secret, elle exige la clarté. Là où le système enterre le passé, elle exige que la lumière soit faite. Dans une Tunisie où le pouvoir de Kaïs Saïed étouffe les dissidences, son combat pour faire éclater la vérité est un rempart essentiel. Pourtant, avec une justice détournée pour réduire au silence les opposants, sa lutte se confronte amèrement à l&rsquo;impunité qui reste la règle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<!DOCTYPE html>
<html lang="fr">
<head>
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    <title>Citation de Sihem Ben Sedrine</title>
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<body>
    <div class="blue-quote-box">
        <blockquote>
            <p><strong>Sihem ben Sedrine à écrit : </strong></p>
            <p><strong>A ceux qui courent les poubelles médiatiques</strong></p>
            <p>Ces derniers jours la machine de désinformation a remis sur le tapis une pseudo liste de personnalités publiques de l&rsquo;opposition sous Ben Ali diffusée au lendemain de la révolution, accusées d&rsquo;avoir profité de prébendes injustifiées de l&rsquo;État.</p>
            <p><a href="https://www.facebook.com/share/1BCus9P16u/?mibextid=wwXIfr" target="_blank">https://www.facebook.com/share/1BCus9P16u/?mibextid=wwXIfr</a></p>
            <p>Les calomnies de la machine de désinformation ne me surprennent pas et c&rsquo;est un honneur pour moi d&rsquo;être la cible de l&rsquo;État profond qui a pris en otage notre pays.</p>
            <p>Mais je reste perplexe face à la disposition d&rsquo;une certaine élite à inhaler les gaz toxiques émanant des bouches d&rsquo;égouts qui baillent de cette machine. Crédules, ils partagent et ajoutent leur signature à la désinformation qui gonfle comme un ballon de baudruche, imitant les apparences de la vérité.</p>
            <p>Leur sens critique s&rsquo;efface, leur intelligence est en panne. La tentation de rabaisser les hommes et les femmes d&rsquo;honneur qui se sont dressés contre la dictature pour se mettre à leur niveau prend le dessus.</p>
            <p>Je vais me permettre de réveiller leur sens critique :</p>
            <p>Les normes de la comptabilité publique exigent un cheminement du paiement que définit la Loi n° 73-81 du 31 décembre 1973, portant promulgation du Code de la comptabilité publique et notamment les articles:</p>
            <p><strong>Art. 41</strong> – Aucun paiement ne peut être effectué qu&rsquo;au véritable créancier justifiant de ses droits et pour l&rsquo;acquittement d&rsquo;un service fait, sous réserve, sur ce dernier point, des dispositions des articles 108 à 118 ci-dessous.</p>
            <p><strong>Art. 54</strong> – Le paiement des dépenses de trésorerie a lieu sans ordonnancement et est effectué suivant les règles prévues pour le paiement des dépenses budgétaires.</p>
            <p><strong>Art. 59</strong> &#8211; Aucune avance sur dépenses budgétaires ne peut être autorisée que pour des dépenses régulières pour lesquelles les crédits budgétaires sont ouverts et disponibles.</p>
            <p><strong>Art. 9</strong> – Les opérations des ordonnateurs sont retracées dans des comptabilités tenues dans les formes déterminées par le ministre des finances ou celui ayant reçu délégation du ministre des finances à cet effet.</p>
            <p><strong>Art. 15</strong> – Les comptables publics sont personnellement et pécuniairement responsables des opérations dont ils sont chargés et de l&rsquo;exercice régulier des contrôles qui leur sont dévolus, ainsi que de la garde et de la conservation des deniers, valeurs, produits et matières qui leur sont confiés.</p>
            <p><strong>Art. 16</strong> – La responsabilité pécuniaire des comptables publics s&rsquo;étend aux opérations effectuées par les agents placés sous leurs ordres.</p>
            <p><strong>Art. 20</strong> – Le contrôle de la gestion des comptables publics incombe, dans sa forme administrative, au « ministre des finances ou celui ayant reçu délégation du ministre des finances à cet effet » qui l&rsquo;exerce par l&rsquo;intermédiaire des services centraux de son département et de l&rsquo;inspection générale des finances.</p>
            <p>Un véritable professionnel de la comptabilité publique pourrait-il se prévaloir dans un courrier officiel d&rsquo;un qualificatif de houqouqi anti corruption? Il cite le décret de Essebsi du 19/02/22&#8230; Un tel texte est institutionnel et émane de la présidence de la république</p>
            <p>et le 19/02/11 c&rsquo;était Mohamed Ghannouchi qui était chef du gouvernement. Beji le sera le 28/02/11.</p>
            <p>Je mets au défi ceux qui font circuler ces mensonges de produire un seul document qui trace de tels paiements et de s&rsquo;intéresser davantage à ceux qui ont réellement bénéficié indûment de la manne publique et qui sont documentés dans le rapport de l&rsquo;Instance Vérité et Dignité qui les dérange tant.</p>
        </blockquote>
    </div>
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</html>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Podcast Sihem Ben Sedrine : révélations sur son arrestation et l&#8217;échec de la justice transitionnelle en Tunisie?</title>
		<link>https://lepontdegeneve.ch/archives/30395</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Jul 2025 17:43:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p> Dans un podcast récent qui fait bruit, Sihem Ben Sedrine, figure emblématique des droits humains et ex-présidente de l&#8217;Instance Vérité et Dignité (IVD), lève le voile sur les circonstances troubles de son arrestation . Elle dénonce des violations procédurales flagrantes et accuse certains magistrats d&#8217;avoir instrumentalisé la justice à des fins politiques. Les irrégularités choquantes [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"> Dans un podcast récent qui fait bruit,  Sihem Ben Sedrine, figure emblématique des droits humains et ex-présidente de l&rsquo;Instance Vérité et Dignité (IVD), lève le voile sur les circonstances troubles de son arrestation . Elle dénonce des violations procédurales flagrantes et accuse certains magistrats d&rsquo;avoir instrumentalisé la justice à des fins politiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les irrégularités choquantes dans son arrestation</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ben Sedrine révèle que le juge d&rsquo;instruction qui a ordonné son placement en détention a commis de graves entorses à la loi :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Mandat d&rsquo;arrêt irrégulier</strong>&nbsp;: émis sans respect des procédures légales</li>



<li><strong>Violation des droits de la défense</strong>&nbsp;: refus d&rsquo;accès à son dossier avant l&rsquo;audience</li>



<li><strong>Motifs politiques</strong>&nbsp;: « Mon seul crime est d&rsquo;avoir défendu les victimes de la dictature et la justice transitionnelle », affirme-t-elle</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;échec de la justice transitionnelle : qui est responsable ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avec une franchise décapante, Ben Sedrine analyse les raisons du naufrage de l&rsquo;IVD :</p>



<ol start="1" class="wp-block-list">
<li><strong>Le double jeu d&rsquo;Ennahdha</strong><br>« Le parti islamiste nous a trahis. Après avoir soutenu l&rsquo;IVD pour des raisons tactiques, ils ont pactisé avec l&rsquo;État profond pour torpiller nos travaux », révèle-t-elle.</li>



<li><strong>L&rsquo;alliance contre-nature</strong><br>« Anciens apparatchiks du RCD et nouveaux opportunistes se sont unis pour enterrer la vérité. Leurs noms figurent dans nos dossiers sur la corruption. »</li>



<li><strong>Le sabotage institutionnel</strong><br>« On nous a privés de moyens, intimidé nos témoins, bloqué l&rsquo;accès aux archives. Le système a tout fait pour protéger ses réseaux. »</li>
</ol>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les victimes, grands perdants de ce hold-up historique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La militante alerte sur les conséquences dramatiques :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Plus de 62 000 dossiers de victimes bloqués.</li>



<li>Des réparations promises jamais versées.</li>



<li>Un message clair aux bourreaux : « L&rsquo;impunité est garantie »</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Ce podcast sonne comme un réquisitoire accablant contre les fossoyeurs de la transition démocratique. Ben Sedrine y apparaît plus déterminée que jamais : « La bataille pour la vérité continue, malgré tout. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<iframe loading="lazy" title="الحوار كاملا مع بن سدرين... التوانسة يدفعون ما نهبه الفاسدون وسر تصدّي النهضة للعدالة الانتقالية؟" width="740" height="555" src="https://www.youtube.com/embed/-OSZpsMNj88?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<iframe loading="lazy" title="سهام بن سدرين تكشف عن سر عدم الافراج عن عماد الطرابلسي، وعن سبب إيداعها السجن" width="740" height="416" src="https://www.youtube.com/embed/k1L1SkhvuZA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<iframe loading="lazy" title="سهام بن سرين تثير قضية رجال الأعمال وتكشف حقيقة ثروتها ؟" width="740" height="416" src="https://www.youtube.com/embed/ACs-WpL9Qb0?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<iframe loading="lazy" title="سهام بن سدرين تطالب بالإفراج عن عبير موسي، وتكشف أسرار علاقتها بها في السجن" width="740" height="416" src="https://www.youtube.com/embed/QL7aWO-S1vQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



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<iframe loading="lazy" title="سهام بن سدرين: المواطنون التونسيون هم من يعوض لرجال الأعمال الذين نهبوا البنك الفرنسي التونسي" width="740" height="555" src="https://www.youtube.com/embed/DhLrrDrlP8I?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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		<title>Interview avec SBS: Alliance maudite, justice bafouée : le témoignage carcéral qui accuse Ennahdha et l&#8217;État profond [ Part 2]</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 18:36:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un entretien exclusif accordé à la plateforme Le Pont de Genève, Sihem Ben Sedrine, ancienne présidente de l’Instance vérité et dignité (IVD), livre une analyse sans concession des raisons ayant conduit à l’échec de la justice transitionnelle en Tunisie. La deuxième partie de cette interview, publiée aujourd’hui mercredi 2 juillet 2025, aborde des sujets [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans un entretien exclusif accordé à la plateforme <strong>Le Pont de Genève</strong>, Sihem Ben Sedrine, ancienne présidente de l’Instance vérité et dignité (IVD), livre une analyse sans concession des raisons ayant conduit à l’échec de la justice transitionnelle en Tunisie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième partie de cette interview, publiée aujourd’hui mercredi 2 juillet 2025, aborde des sujets sensibles : le rôle d’Ennahdha dans ce fiasco, les connivences avec l’État profond, le sort des victimes du régime de Ben Ali, et même son expérience carcérale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ennahdha et l’État profond : les saboteurs de la transition</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ben Sedrine accuse ouvertement le parti Ennahdha d’avoir contribué à l’échec du processus de justice transitionnelle en s’alliant avec les vestiges de l’ancien régime. « Certains dirigeants d’Ennahdha ont choisi de négocier avec les figures de l’État profond plutôt que d’œuvrer pour la vérité et les droits des victimes », affirme-t-elle. Selon elle, Ces compromis politiques ont nui à la justice transitionnelle en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hommes d’affaires et corruption : une justice inachevée</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancienne présidente de l&rsquo;IVD évoque également la question de la justice avec des hommes d’affaires corrompu . </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Des intérêts politiques puissants bloquent quelques cas », dénonce-t-elle, soulignant que la corruption et les réseaux d’influence continuent d’étouffer les droits des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Prison et appel pour la libération d’Abir Moussi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sihem Ben Sedrine revient sur son incarcération, confirmant qu’elle a été détenue dans le même établissement qu’Abir Moussi, la présidente du Parti destourien libre (PDL). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, contre toute attente, Ben Sedrine lance un appel clair en faveur de la libération de son ancienne codétenue : « Il n’y a aucune raison valable pour qu’Abir Moussi soit encore en prison. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Son emprisonnement est politique et ne sert pas la justice », déclare-t-elle. Un positionnement qui pourrait surprendre, compte tenu de leurs divergences, mais qui souligne son rejet des détentions arbitraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Un mandat de dépôt « politique » et une fortune mise en cause</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancienne présidente de l’IVD dénonce également le mandat de dépôt émis contre elle, qu’elle qualifie de « pure manœuvre d’intimidation ». Selon elle, c&rsquo;est une décision politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sihem Ben Sedrine revient sur « sa fortune  » de 600 dinars par mois ( 180 euros).</p>
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		<title>Les véritables raisons de l&#8217;échec de la justice transitionnelle selon Sihem Ben Sedrine (part 1)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Jun 2025 17:51:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un entretien accordé au Pont de Genève, Sihem Ben Sedrine, ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) en Tunisie, a répondu à des questions sur l’échec de la justice transitionnelle et sur l’affaire de la Banque Franco-Tunisienne (BFT). L’échec de la justice transitionnelle en Tunisie Sihem Ben Sedrine a reconnu que la justice [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Dans un entretien accordé au <strong>Pont de Genève</strong>, Sihem Ben Sedrine, ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité <strong>(IVD)</strong> en Tunisie, a répondu à des questions sur l’échec de la justice transitionnelle et sur l’affaire de la Banque Franco-Tunisienne (BFT).</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>L’échec de la justice transitionnelle en Tunisie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> Sihem Ben Sedrine a reconnu que la justice transitionnelle en Tunisie n’a pas atteint ses objectifs, mais elle a imputé cet échec aux gouvernements successifs plutôt qu’à l’IVD. Selon elle, les autorités politiques n’ont pas soutenu le processus.  Elle a expliqué que l’IVD avait rempli son mandat en enquêtant sur les violations des droits de l’homme et en transmettant des dossiers aux Chambres spécialisées. Cependant, le manque de coopération de l’État et l’absence de volonté politique ont empêché la concrétisation des réformes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>L’affaire de la Banque Franco-Tunisienne (BFT) et la corruption</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant la BFT, Sihem Ben Sedrine a déclaré que cette banque représentait un cas emblématique de corruption. Elle a rappelé que l’IVD avait documenté les malversations liées à cette institution, mais que l’État tunisien avait mal géré le dossier.  Elle a précisé que l’IVD n’avait pas recommandé d’indemnisation financière dans cette affaire, mais avait plutôt souligné la nécessité de réformes pour lutter contre la corruption.</p>



<p class="wp-block-paragraph">  Cette première partie de l’interview sera publiée dans Le Pont de Genève. La suite de l’entretien, abordant d’autres aspects de la justice transitionnelle, paraîtra ultérieurement.  </p>



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<iframe loading="lazy" title="سهام بن سدرين: المواطنون التونسيون هم من يعوض لرجال الأعمال الذين نهبوا البنك الفرنسي التونسي" width="740" height="555" src="https://www.youtube.com/embed/DhLrrDrlP8I?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/30340">Les véritables raisons de l&rsquo;échec de la justice transitionnelle selon Sihem Ben Sedrine (part 1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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		<title>Manifestations de la richesse ostentatoire&#8230; dans les griffes d&#8217;une justice corrompue !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Nov 2024 16:56:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le maître Tarek Laabidi, l&#8217;avocat de Sihem Ben Sedrin, présidente de l&#8217;Instance vérité et dignité, a écrit un texte critiquant la justice dans son pays et l&#8217;État profond. Tout le monde sait que Mme Sihem Ben Sedrin, présidente de l&#8217;Instance de la vérité et de la dignité, a été ciblée par la contre-révolution depuis sa [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le maître Tarek Laabidi, l&rsquo;avocat de Sihem Ben Sedrin, présidente de l&rsquo;Instance vérité et dignité, a écrit un texte critiquant la justice dans son pays et l&rsquo;État profond.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le monde sait que Mme Sihem Ben Sedrin, présidente de l&rsquo;Instance de la vérité et de la dignité, a été ciblée par la contre-révolution depuis sa création en 2014. Elle a été calomniée jour et nuit par le système de corruption profond de l&rsquo;État afin de l&#8217;empêcher d&rsquo;accomplir sa mission de révéler la vérité sur les violations et d&rsquo;échouer dans le processus de justice transitionnelle qui vise à juger les responsables de toutes les formes d&rsquo;atteintes infligées au peuple tunisien ainsi qu&rsquo;à ses organisations politiques, juridiques et professionnelles, et à ses secteurs économiques publics. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;État, en tant que concept humain et social, a été sa première victime avant le peuple et ses membres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec toute cette cible systématique qui n&rsquo;a jamais cessé un seul jour et qui a atteint le point d&rsquo;infiltration des membres et de la structure de l&rsquo;instance par des actions destructrices, l&rsquo;instance, sous la présidence de Mme Sihem Ben Sedrin, a réussi à réaliser son travail, à dresser une liste des victimes et à renvoyer les dossiers des violateurs aux tribunaux criminels compétents en matière de justice transitionnelle, tout en publiant son rapport final dans le journal officiel de l&rsquo;État. Bien qu&rsquo;elle ait lutté contre un système d&rsquo;atteintes qui maintient encore le contrôle sur tous les services publics et les appareils solides de l&rsquo;État, entravant tous les programmes et politiques de réforme apportés par la révolution du peuple contre la dictature à la fin de 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soudainement, après tous ces efforts d&rsquo;obstruction qui n&rsquo;ont pas réussi, Mme Sihem Ben Sedrin a été emprisonnée le 1er août 2024 pour des accusations très ridicules émanant du système des violations. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce jour, après plus de 100 jours, elle est toujours détenue dans la prison pour femmes de Manouba. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi a-t-elle été emprisonnée ?&#8230; </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour avoir été accusée soudainement et sans préavis d&rsquo;avoir falsifié des documents et d&rsquo;avoir détenu et utilisé des faux documents, par un juge amené pour cela afin de remplacer le juge d&rsquo;instruction original qui avait longtemps enquêté sur son dossier judiciaire face aux allégations des bras du système des violations exploitant sa position en tant que présidente de l&rsquo;Instance pour obtenir des avantages, accepter des dons et des cadeaux, ainsi que détourner des fonds publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce juge avait rejeté leur demande d&#8217;emprisonnement pour ces absurdités car il n&rsquo;était pas convaincu par leurs ridicules accusations portées contre une femme nationale militante qui a sacrifié beaucoup pour sa dignité et celle de son peuple. Personne ne doute, même parmi ses adversaires, de son intégrité. Depuis sa jeunesse, elle a consacré sa vie à la dignité et au rejet des dons, avantages et détournements.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Obtenir des avantages et des dons :  De qui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;un des victimes de la corruption bancaire du régime de Zine El Abidine Ben Ali que l&rsquo;Instance a cherché à mettre en lumière ! Imaginez une victime du système bancaire corrompu donnant des dons pour révéler la vérité sur le pillage d&rsquo;une banque ayant subi une importante contribution publique ruinée par les mafieux corrompus depuis l&rsquo;arrivée au pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali jusqu&rsquo;à présent !&#8230; Les plus naïfs sur cette terre s&rsquo;attendraient à ce que ceux qui sont proches du concept de donner des dons pour couvrir leur grande corruption soient les hommes ayant pillé les banques via des prêts sans garanties.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les dettes non recouvrées pour cette banque impliquée dans ce scandale s&rsquo;élèvent à environ 700 millions de dinars selon des rapports publiés. Les droits de l&rsquo;État tunisien ont été violés dans cette banque tout comme ceux des investisseurs étrangers contraints d&rsquo;avoir recours à l&rsquo;arbitrage international, ce qui a eu un impact négatif sur l&rsquo;État tunisien couvert par ceux qui s&rsquo;y sont infiltrés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La suspicion concernant les dons est plus proche de vous que quiconque pourrait être inclus dans les travaux de l&rsquo;Instance qui a travaillé sur la corruption bancaire et a mis cela en lumière dans son rapport final. Le proverbe populaire tunisien dit « Celui qui ne mélange pas avec le raisin dit qu&rsquo;il est acide. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Détournement de fonds publics : D&rsquo;où ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les mains mafieuses ayant négligé toute contribution publique dans la banque concernée sous forme de prêts sans garanties dont peu ont été récupérés. L&rsquo;Instance n&rsquo;a plus qu&rsquo;à faire un inventaire sur papier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Falsification : De quel rapport final ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport final de l&rsquo;Instance est le document officiel de la révolution révélant au peuple tunisien l&rsquo;effondrement du réseau de cette clique corrompue ayant bafoué ses ressources sociales, économiques et financières tout en violant tous ses droits civils, politiques, sociaux et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est tout à fait naturel que vous l&rsquo;accusiez de falsification après que vos efforts aient échoué misérablement à entraver le travail de l&rsquo;Instance couronné par la publication de son rapport final dans le journal officiel du pays comme document officiel contraignant à être pris en compte et mis en œuvre sur le terrain. Il est donc logique qu&rsquo;il soit falsifié puisqu&rsquo;il révèle votre sombre vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est tout aussi naturel que détenir ce rapport falsifié soit considéré comme un crime, tout comme son utilisation contre vous dans la construction d&rsquo;un nouvel État sans vous ou son utilisation contre vous devant les tribunaux compétents en matière de justice transitionnelle soit également un crime. C&rsquo;est naturel car ces tribunaux n&rsquo;ont pas encore abouti à un jugement complet concernant ceux accusés d&rsquo;atteintes méprisant même leur présence devant eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est naturel que sa rédaction constitue un crime et que sa détention ainsi que son utilisation soient également considérées comme criminelles car il servira de référence pour réformer toutes les institutions étatiques et éviter les causes et conséquences du retour aux pratiques abusives dont a souffert le peuple tunisien pendant soixante-dix ans, malheureusement toute la durée du manque d&rsquo;indépendance vis-à-vis du colonisateur français !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le juge qui n&rsquo;avait jamais enquêté sur le dossier de SBS</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fait amusant concernant l&rsquo;incarcération de Mme Sihem Ben Sedrin n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;arrivée rapide d&rsquo;un juge qui n&rsquo;avait jamais enquêté sur son dossier pour remplacer celui qui avait refusé son incarcération. Ce dernier a été exempté du dossier et transféré vers un autre tribunal hors ceux de la capitale ! L&rsquo;aspect amusant n&rsquo;est pas non plus qu&rsquo;elle ait été emprisonnée rapidement &#8211; grâce à un juge remplaçant lui-même exempté après avoir accompli sa mission environ un mois plus tard &#8211; sans enquête approfondie sur les concepts du travail de l&rsquo;Instance ou sur sa durée ou les procédures qu&rsquo;elle suivait pour recevoir les plaintes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;aspect amusant n&rsquo;est pas non plus qu&rsquo;on lui demande si elle est fonctionnaire publique ou non ? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il n&rsquo;est pas non plus drôle qu&rsquo;on enquête sur si corriger les erreurs matérielles du rapport final avant sa publication constitue une falsification ou fait partie de ses tâches en tant que responsable dont personne ne peut interroger ni elle ni aucun membre ni même ses agents ou collaborateurs concernant le contenu ou les conclusions ou opinions conformément aux dispositions légales établies par la loi organique n°53/2013 régissant la justice transitionnelle en Tunisie !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre aspect très préoccupant concernant votre acharnement envers Mme Sihem Ben Sedrin est que son équipe juridique a déposé devant la chambre d&rsquo;accusation près la Cour d&rsquo;appel à Tunis depuis le 24 septembre 2024 un recours contre la décision refusant sa libération prise par le juge d&rsquo;instruction amené pour cela&#8230; Le dossier a donc été retardé jusqu&rsquo;à ce jour où cet article est rédigé par « les enfants au nom d&rsquo;Allah » liés à vous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est clair comme le jour que Mme Sihem Ben Sedrin est retenue captive par « les enfants au nom d&rsquo;Allah » liés à vous&#8230; Il est également clair que sa libération ne se fera qu&rsquo;après votre incarcération tous ensemble individuellement Zine El Abidine Ben Ali ainsi que tous ceux injustement emprisonnés&#8230; afin que ce peuple puisse enfin se libérer de votre profonde corruption et vos crimes organisés.</p>
<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/29881">Manifestations de la richesse ostentatoire&#8230; dans les griffes d&rsquo;une justice corrompue !</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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		<title>Omar Mestiri au journal  » Le Pont de Genève : L&#8217;affaire Ben Sedrine est un règlement de compte de l&#8217;État profond »</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Nov 2024 09:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une interview accordé au journal « le Pont de Genève », Omar Mestiri, époux de la militante des droits humains Sihem Ben Sedrine, dénonce ce qu&#8217;il considère comme une persécution politique orchestrée par l&#8217;État profond tunisien. « L&#8217;arrestation de Sihem Ben Sedrine s&#8217;inscrit dans un contexte de règlement de comptes politique », déclare-t-il, pointant [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une interview accordé au journal « le Pont de Genève », Omar Mestiri, époux de la militante des droits humains Sihem Ben Sedrine, dénonce ce qu&rsquo;il considère comme une persécution politique orchestrée par l&rsquo;État profond tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« L&rsquo;arrestation de Sihem Ben Sedrine s&rsquo;inscrit dans un contexte de règlement de comptes politique », déclare-t-il, pointant du doigt le rejet de la justice transitionnelle par les institutions étatiques. Selon lui, la procédure judiciaire engagée contre son épouse est entachée de nombreuses irrégularités et violations des procédures légales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Une affaire aux implications politiques profondes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ancien militant des droits humains livre une analyse critique du paysage politique tunisien actuel. Il regrette particulièrement le silence des élites intellectuelles du pays face au démantèlement progressif du processus de justice transitionnelle, un mécanisme pourtant essentiel pour la reconstruction démocratique post-révolution.« Le retour au pouvoir personnel que nous observons aujourd&rsquo;hui est une conséquence directe de l&rsquo;échec des élites à défendre les acquis de la justice transitionnelle », explique-t-il dans cet entretien où il aborde en détail l&rsquo;affaire de son épouse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Un combat pour les libertés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fervent défenseur des libertés en Tunisie, Omar Mestiri maintient une position claire quant à la situation actuelle du pays. Son témoignage, empreint de franchise, offre un éclairage important sur les enjeux démocratiques auxquels fait face la Tunisie aujourd&rsquo;hui.L&rsquo;interview, qui couvre l&rsquo;ensemble des aspects de l&rsquo;affaire Ben Sedrine, apporte des éléments nouveaux à la compréhension d&rsquo;un dossier qui continue de susciter de vives réactions dans le pays.Cette affaire intervient dans un contexte plus large de débat sur l&rsquo;état des libertés et de la démocratie en Tunisie, ravivant les inquiétudes quant à l&rsquo;indépendance de la justice et au respect des droits fondamentaux dans le pays.</p>



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<iframe loading="lazy" title="Interview avec Omar Mestiri l&#039;époux de Sihem Ben Sedrine" width="740" height="416" src="https://www.youtube.com/embed/BJ8yWxWPXyE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
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<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/29835">Omar Mestiri au journal  » Le Pont de Genève : L&rsquo;affaire Ben Sedrine est un règlement de compte de l&rsquo;État profond »</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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