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	<title>Archives des UGTT - Le pont de Genève</title>
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		<title>Conseil central du PPDS: Kaïs Saïed est le principal responsable de la dégradation politique, sociale et des libertés en Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Apr 2026 09:16:59 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Les 25 et 26 avril 2026, les cadres du Parti patriotique démocratique socialiste (PPDS) se sont réunis à Tunis en une session dédiée à la mémoire du défunt Belkacem Yaacoubi, sous la direction de son secrétaire général Nouri Beltoumi. En présence des représentants des bureaux régionaux, de la diaspora européenne (PPDS Europe), de la Commission des femmes Latifa Taamallah et de l’organisation de jeunesse « Kifah », ce conseil central visait à définir la ligne politique du parti face à une conjoncture nationale, régionale et internationale jugée critique, marquée par l’aggravation des inégalités et des conflits. Le communiqué final adopté, d’une tonalité résolument anti-impérialiste, dresse un tableau sévère des dérives autoritaires en Tunisie, condamne l’offensive militaire américano-sioniste contre l’Iran, et fustige la répression des mouvements progressistes en Turquie, en Inde ou encore au Venezuela.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un diagnostic mondial fondé sur la lutte des classes et la refonte des équilibres stratégiques</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil central du PPDS situe d’abord son analyse dans un contexte de « crise cyclique du capitalisme », dont les soubresauts pousseraient les puissances impérialistes à multiplier les guerres pour sauver leur hégémonie. Les membres relèvent un affaiblissement relatif de la domination états-unienne, marqué par le déclin du dollar et l’émergence de monnaies alternatives ; ils interprètent ce mouvement comme les prémices d’un nouvel ordre mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan militaire, le parti exprime sa solidarité avec l’Iran face à « l’agression impérialiste américano-sioniste », tout en saluant la résistance des peuples comme facteur de rééquilibrage des rapports de force. Les dirigeants du PPDS n’épargnent pas non plus l’administration Trump, qualifiée de « criminelle » et accusée de blocus contre Cuba, de complicité dans l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, et d’ingérence au Mali et au Sahel. Paris est directement mis en cause : la France serait selon le texte à l’origine du recrutement de groupes terroristes pour entraver les aspirations à la libération nationale en Afrique de l’Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même souffle, le Conseil fustige les « régimes fantoches » d’Erdoğan en Turquie et de Modi en Inde, accusés de se servir de lois antiterroristes pour démanteler les partis de gauche révolutionnaires, emprisonner des militants et fermer leurs organes de presse.</p>



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Communiqué final des travaux du Conseil central du Parti Patriotique
démocratique socialiste&#8230;</p>Publiée par <a href="https://www.facebook.com/people/PPDS-Europe/100090464060050/">PPDS Europe</a> sur&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=950345587990901&amp;id=100090464060050">Mercredi 29 avril 2026</a></blockquote></div>



<h3 class="wp-block-heading">Condamnation sans appel de l’offensive sioniste et des régimes arabes « réactionnaires »</h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est toutefois sur la question palestinienne que le ton est le plus appuyé. Le PPDS dénonce la « guerre génocidaire en cours à Gaza », les politiques de blocus, de famine et de déplacement forcé, et réaffirme son soutien « total à la résistance sous toutes ses formes ». Le communiqué rejette une loi autorisant l’exécution des prisonniers, qu’il présente comme une escalade visant le mouvement carcéral palestinien, tandis que le parti promet d’intensifier les démarches pour accueillir en Tunisie des détenus expulsés dont l’état de santé se dégrade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte s’étend également sur la situation au Liban : les attaques sionistes malgré les trêves, le projet d’occupation du Sud-Liban délimité par une « ligne jaune » coloniale, et la volonté de désarmer la résistance libanaise – désormais élevée au rang d’icône historique – sont vigoureusement combattus. Le PPDS, qui dit refuser toute normalisation, accuse les « régimes arabes réactionnaires » de soutenir activement ces entreprises impérialistes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Tunisie : un pouvoir accusé de démanteler les acquis sociaux et les libertés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le volet national de la déclaration est tout aussi acerbe. Pour le PPDS, la crise tunisienne ne relève pas d’une conjoncture défavorable mais de choix structurels : dépendance aux capitaux étrangers, maintien au pouvoir d’une coalition de classe réactionnaire, et renoncement aux revendications populaires des soulèvements de décembre 2010–janvier 2011 et du 25 juillet 2021. Le parti dénonce le démantèlement progressif des subventions, illustré par le retrait des produits soutenus des marchés au profit d’alternatives comme le « pain au son », qui pénalise les classes populaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan institutionnel, le Conseil accuse directement le président Kaïs Saïed et le Parlement de brader la souveraineté énergétique nationale. L’octroi de nouvelles concessions pour les énergies renouvelables à Gafsa, Sidi Bouzid, Gabès et Kairouan est interprété comme une étape vers la privatisation de la STEG, la compagnie nationale d’électricité et de gaz. À cela s’ajoute un système fiscal jugé inéquitable, notamment dans les carrières de sable et de marbre, ainsi que des transferts de crédits carbone sans évaluation sérieuse de leur impact environnemental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le front des droits, le PPDS exige l’abrogation du décret-loi 54, la mise en place effective de la Cour constitutionnelle, et dénonce le « chantage » exercé contre les organisations nationales – qu’il distingue des associations « suspectes » financées par des intérêts coloniaux. Le parti prend la défense de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), dont les « mesures arbitraires » viseraient à étouffer l’activité syndicale (suppression du prélevement automatique, annulation des négociations). De même, il condamne les restrictions imposées au mouvement de solidarité avec la Palestine, et réclame la libération immédiate de Ghassen Henchiri, membre de son bureau politique, détenu selon lui pour des accusations mensongères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le PPDS fustige la montée des discours racistes, dont il tient le régime responsable, et réaffirme que la migration est « un droit humain fondamental et un mouvement de résistance contre le capitalisme ». Le texte appelle à la construction d’un « front national progressiste », distinct des Frères musulmans, des destouriens et du Front du salut, pour constituer une alternative à l’autorité de Saïed, criminaliser la normalisation avec Israël et défendre les marges de liberté.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte tunisien : entre héritage révolutionnaire et recompositions autoritaires</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce discours radical s’inscrit dans un paysage politique tunisien profondément fracturé depuis la révolution de 2011. Le PPDS, qui se réclame d’une gauche patriotique et socialiste, demeure une force relativement marginale sur l’échiquier électoral mais jouit d’une certaine présence militante dans les bastions ouvriers et les universités. Son rejet aussi bien du président Saïed que de l’islam politique et des héritiers du RCD (ex-parti de Ben Ali) illustre la difficulté à constituer une opposition unie. L’évocation répétée du « vide constitutionnel » – la Cour constitutionnelle n’étant toujours pas pleinement opérationnelle plus de deux ans après la nouvelle Constitution de 2022 – est un marqueur récurrent des critiques adressées au chef de l’État. Par ailleurs, le décret-loi 54, réprimant la diffusion de « fausses nouvelles », a été utilisé à plusieurs reprises contre des opposants politiques, des journalistes et des avocats, alimentant les rapports d’organisations internationales dénonçant un recul des libertés en Tunisie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’opposition tunisienne tente de mobiliser, mais la marge de manœuvre se réduit</h3>



<p class="wp-block-paragraph">En achevant ses travaux sur un appel à l’unification des forces progressistes et à l’élargissement du mouvement populaire, le PPDS affiche sa volonté de peser dans le défi politique tunisien. Pourtant, les restrictions à la liberté de réunion et la fragmentation de l’opposition posent la question de sa capacité à transformer ce réquisitoire en rapport de forces. Alors que le pouvoir continue de justifier ses mesures d’exception par la nécessité de lutter contre « l’étranger » et les « traîtres », la ligne tracée par le PPDS – anti-impérialiste, antilibérale et opposée à toute normalisation avec Israël – parviendra-t-elle à rassembler au-delà de son noyau militant, ou restera-t-elle cantonnée à un rôle de vigie radicale dans un espace politique tunisien toujours plus verrouillé ?</p>
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		<title>Démission du secrétaire général de l&#8217;UGTT : une crise institutionnelle s&#8217;ouvre</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Dec 2025 12:08:45 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Tunis, 23 décembre — L&rsquo;Union générale tunisienne du travail (UGTT) est entrée dans une phase de crise aiguë suite à la démission de son secrétaire général, Noureddine Taboubi, intervenue ce mardi 23 décembre. Cette décision laisse vacante la direction de la principale centrale syndicale du pays et jette une incertitude immédiate sur la tenue de la grève générale nationale prévue pour le 21 janvier 2026.</p>
<p>Selon les informations confirmées par des membres du bureau exécutif, le poste de secrétaire général ne fera l&rsquo;objet d&rsquo;aucun remplacement immédiat. La procédure statutaire exige que le dossier soit soumis à la commission administrative nationale, laquelle se verra dans l&rsquo;obligation de convoquer un congrès extraordinaire pour procéder au renouvellement de l&rsquo;ensemble des membres du bureau exécutif.</p>
<p>Pressions internes et report du congrès</p>
<p>La démission de Noureddine Taboubi exerce une pression directe sur les membres du bureau exécutif. L&rsquo;objectif de cette manœuvre serait de les contraindre à actér la tenue d&rsquo;un congrès en mars 2026, selon les sources internes.</p>
<p>Cette crise de leadership survient dans un contexte de fortes tensions au sein de la centrale. Elle risque d&rsquo;affecter sévèrement la mobilisation pour la grève générale du 21 janvier 2026, initialement appelée pour protester contre la suspension du dialogue social par le gouvernement. Les divisions internes, les problèmes de relation avec le pouvoir et les pressions externes multiples créent un climat défavorable à l&rsquo;unité d&rsquo;action nécessaire pour un tel mouvement.</p>
<p>Une guerre de leadership ouverte</p>
<p>La crise actuelle est l&rsquo;aboutissement de mois de tensions internes autour de la date de tenue du prochain congrès. Une faction importante, menée par le secrétaire général adjoint Anouar Ben Gueddour et soutenue par plusieurs fédérations, exigeait depuis des mois la convocation du congrès pour le premier semestre 2025. Elle s&rsquo;opposait ainsi à Noureddine Taboubi, qui, bénéficiant d&rsquo;une modification statutaire de juillet 2021 lui permettant un troisième mandat, aurait envisagé de le repousser jusqu&rsquo;en 2027.</p>
<p>Le scénario d&rsquo;un congrès en mars 2026 apparaît donc comme une proposition de compromis. Le bureau exécutif a d&rsquo;ailleurs acté, lors d&rsquo;une réunion tenue le 4 décembre, que le congrès se tiendrait les 25, 26 et 27 mars 2026 à Tunis.</p>
<p>La situation est d&rsquo;autant plus tendue que l&rsquo;Union régionale du travail de Sfax, bastion historique de l&rsquo;UGTT, avait officiellement demandé la suspension de Noureddine Taboubi pour « violation de la charte syndicale » et « atteinte à l&rsquo;unité de l&rsquo;organisation », l&rsquo;accusant de gérer la centrale de manière « individuelle et unilatérale ».</p>
<p>Une grève générale instrumentalisée</p>
<p>Dans ce climat, la grève générale du 21 janvier a changé de nature. Elle est devenue un levier de pression interne dans la guerre de leadership. Le camp Ben Gueddour avait en effet conditionné son soutien à la grève à la fixation d&rsquo;une date précise et proche pour le congrès.</p>
<p>Alors que l&rsquo;UGTT traverse l&rsquo;une des crises internes les plus graves de son histoire récente, la démission de son secrétaire général ouvre une période d&rsquo;incertitude profonde. Les prochains jours devraient être déterminants pour l&rsquo;avenir de la centrale, entre la tenue de la grève générale et la préparation d&rsquo;un congrès qui s&rsquo;annonce déjà très disputé.</p>
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		<title>Tunisie : à Gabès, la grève générale contre un « terrorisme écologique » qui tue en silence </title>
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		<pubDate>Tue, 21 Oct 2025 15:49:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, la ville de Gabès, au sud de la Tunisie, est complètement bloquée par une grève d&rsquo;une ampleur sans précédent. Sur l&rsquo;initiative de l&rsquo;Union générale tunisienne du travail (UGTT), les habitants manifestent leur ras-le-bol face à une grave catastrophe écologique, causée par les rejets polluants du Groupe chimique tunisien (GCT). Cette action, massivement suivie (95% selon les syndicats), est le point culminant d&rsquo;une colère accumulée depuis des années contre un site industriel tenu responsable de la pollution de l&rsquo;air, de la mer et de l&rsquo;intoxication des habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Gabès, une ville côtière autrefois florissante, une crise environnementale et de santé publique persistante étouffe la population. Le Groupe Chimique Tunisien (GCT), une usine établie en 1972, transforme le phosphate en produits chimiques et engrais, mais déverse des déchets dangereux – gaz nocifs et phosphogypse toxique et légèrement radioactif – directement dans l&rsquo;environnement sans aucun traitement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants souffrent de problèmes respiratoires, de maladies de peau et de cancers. En septembre-octobre 2025, des fuites de gaz ont provoqué des crises d&rsquo;étouffement chez des dizaines d&rsquo;élèves, dont certains ont dû être hospitalisés en urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les promesses de l&rsquo;État de démanteler les installations polluantes dès 2017, rien n&rsquo;a été fait. En 2025, le gouvernement a annoncé un nouveau plan pour stopper les rejets de phosphogypse en mer, mais les habitants, lassés des fausses promesses, restent méfiants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société civile, qui manifeste pacifiquement depuis septembre 2025, est réprimée avec des arrestations massives et de la brutalité policière. Des dizaines de personnes ont été arrêtées, dont des mineurs, et certaines ont été accusées de terrorisme. Un défenseur des droits humains, Mohamed Ali Rtimi, a été arrêté, torturé et accusé de terrorisme après avoir aidé un manifestant blessé. Sa mère et d&rsquo;autres militants sont également harcelés et intimidés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le GCT emploie 4 000 personnes dans une région où le chômage est élevé, ce qui représente une part importante des emplois locaux. Cette dépendance économique rend difficile la mise en œuvre d&rsquo;une transition vers des pratiques plus propres. Cependant, les manifestants insistent sur le fait qu&rsquo;ils ne veulent pas choisir entre l&#8217;emploi et la santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les manifestants demandent la fermeture immédiate des installations polluantes du GCT, la libération des personnes arrêtées et l&rsquo;application des promesses de l&rsquo;État en matière de justice environnementale. Bien que le président ait reconnu la gravité de la situation, la population reste méfiante et se sent abandonnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gabès, autrefois un havre de paix, est aujourd&rsquo;hui le symbole d&rsquo;une catastrophe écologique et d&rsquo;une lutte pour la dignité. La grève d&rsquo;octobre 2025 pourrait marquer un moment décisif, mais les espoirs sont tempérés par un long historique de promesses brisées. L&rsquo;avenir dépendra de la capacité des autorités à agir concrètement et à cesser de privilégier les profits industriels au détriment de la vie et de l&rsquo;environnement.</p>
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		<title>L’UGTT face au pouvoir : Le syndicat-citadelle dans la tourmente autoritaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Aug 2025 12:26:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Tunis, le 15 août 2025 &#8211; Autour du bâtiment emblématique de l&#8217;Union générale tunisienne du travail (UGTT), des restes de slogans arrachés jonchent le sol. Les fenêtres brisées rappellent l&#8217;attaque du 7 août, quand des partisans du gouvernement ont pris d&#8217;assaut les lieux, réclamant la fin de la puissante organisation syndicale. Dans son bureau, Noureddine [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading"></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tunis, le 15 août 2025</strong> &#8211; Autour du bâtiment emblématique de l&rsquo;Union générale tunisienne du travail (UGTT), des restes de slogans arrachés jonchent le sol. Les fenêtres brisées rappellent l&rsquo;attaque du 7 août, quand des partisans du gouvernement ont pris d&rsquo;assaut les lieux, réclamant la fin de la puissante organisation syndicale. Dans son bureau, Noureddine Taboubi, le Secrétaire général de l&rsquo;UGTT, appelle en catastrophe les membres de la Commission administrative à se réunir. Leur but : organiser une grande manifestation de riposte le 21 août et brandir la menace d&rsquo;un arrêt de travail général. Cette montée de tension, sans précédent depuis la révolution de 2011, révèle un désaccord profond entre l&rsquo;UGTT et le président Kaïs Saïed. Cette lutte de pouvoir est ancrée dans le passé de la Tunisie et soulève des questions importantes sur le futur des forces d&rsquo;opposition dans une démocratie fragile.</p>



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<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 1 : L’UGTT, colonne vertébrale de la Tunisie moderne</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;UGTT, créée en 1946 par Farhat Hached (tragiquement assassiné en 1952 par la Main rouge française), a profondément marqué l&rsquo;histoire de la Tunisie. Dans les années 50, elle était en première ligne contre la présence française, organisant des arrêts de travail et des protestations, malgré une répression violente. Après l&rsquo;indépendance, elle est devenue une sorte de contrepoids face au pouvoir de Bourguiba, refusant d&rsquo;être simplement un outil du parti unique. Cette opposition lui a coûté cher en janvier 1978, avec une « grève générale » brutalement réprimée qui a fait de nombreuses victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la période Ben Ali, l&rsquo;UGTT a connu des moments difficiles. Ses dirigeants, soumis au régime, ont même soutenu le président-dictateur en 2004, ce qui a créé des divisions internes. Mais en 2011, elle a retrouvé sa force. Ses militants syndicaux dans les régions de l&rsquo;intérieur, comme Sfax, Kasserine et Sidi Bouzid, ont joué un rôle clé dans la chute du régime. Selon Lamine Bouazizi, un militant de Sidi Bouzid, « Quand l&rsquo;UGTT de Sfax a rejoint les manifestants, j&rsquo;ai compris que la fin de Ben Ali était proche ». En 2015, son rôle dans le « Dialogue national » a été reconnu par l&rsquo;attribution du prix Nobel de la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;UGTT est toujours une organisation importante, avec un grand nombre de membres (800 000), de nombreuses antennes régionales et sectorielles, un journal, et des activités économiques (hôtels, pêche, voyages). Cependant, cette puissance cache certaines faiblesses, comme une organisation peut-être trop centralisée, une présence insuffisante des femmes et du secteur privé, et une influence variable selon les régions.</p>



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<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 2 : Kaïs Saïed, ou la revanche de l’État autoritaire</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La popularité de Kaïs Saïed, qui a gagné les élections de 2019 en se présentant comme un candidat « hors du pouvoir », s&rsquo;explique par les difficultés rencontrées par la Tunisie après sa révolution. Au lieu de « boulot, liberté, respect » comme promis, le pays s&rsquo;est enfoncé dans une grave crise financière.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>16,4% de chômage</strong>&nbsp;fin 2023 (contre 15,2% en 2022)</li>



<li><strong>Inflation à 8%</strong></li>



<li>Pénuries chroniques de farine, sucre et riz</li>



<li>Dette publique à 82,9% du PIB&nbsp;.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Pourquoi avons-nous échoué là où d’autres ont réussi ?</em>« , interroge l’économiste Baccar Gherib. Sa réponse est cinglante : les élites post-2011, issues des classes moyennes urbaines, ont&nbsp;<em>« éclipsé la question sociale au profit des questions démocratiques »</em>, reproduisant un&nbsp;<em>« capitalisme de copinage »</em>&nbsp;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte favorable, Kaïs Saïed met en place une prise de contrôle progressive du pouvoir le 25 juillet 2021. En se basant sur l&rsquo;article 80 de la Constitution, il suspend le Parlement, s&rsquo;attribue tous les pouvoirs, et fait ensuite approuver en 2022 une nouvelle Constitution qui lui donne un pouvoir immense. En octobre 2024, sa réélection avec un score écrasant de 90%, lors d&rsquo;une élection massivement ignorée (71% d&rsquo;abstention), confirme, selon l&rsquo;essayiste Hatem Nafti, l&rsquo;établissement d&rsquo;un régime autoritaire qui se fait passer pour une démocratie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa rhétorique ? Un populisme binaire :&nbsp;<em>« peuple contre élites corrompues »</em>,&nbsp;<em>« nationaux contre étrangers »</em>. Sa méthode : l’éradication méthodique des corps intermédiaires – partis, médias, juges – et la manipulation du&nbsp;<em>« shameta »</em>, cette joie malsaine devant le malheur des anciens privilégiés&nbsp;.</p>



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<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 3 : L’essence de la crise – Une guerre d’usure</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La tension entre l&rsquo;UGTT et le gouvernement en place n&rsquo;est pas récente, mais elle a atteint un point de rupture majeur en 2025. On peut expliquer cette escalade par trois facteurs principaux :</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>1. L’offensive autoritaire contre les contre-pouvoirs</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 2022, le gouvernement a semblé vouloir contrôler l&rsquo;UGTT en utilisant la « circulaire 20 », qui empêchait les organismes publics de discuter avec le syndicat sans le feu vert du président. Ensuite, il y a eu des arrestations qui visaient spécifiquement des syndicalistes : d&rsquo;après Sami Tahri, un dirigeant de l&rsquo;UGTT, plus d&rsquo;une dizaine de membres du syndicat ont été arrêtés depuis 2021. Et en février 2025, l&rsquo;expulsion d&rsquo;Esther Lynch, la responsable de la Confédération européenne des syndicats, venue en signe de soutien, a envoyé un message clair au monde entier : toute forme d&rsquo;aide serait perçue comme une ingérence dans les affaires du pays.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>2. L’UGTT affaiblie par ses divisions internes</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">La centrale syndicale est en difficulté et perd de son crédit. En gros, les gens ne lui font plus confiance. En juillet 2021, ils ont changé les règles à Sousse pour que les mêmes personnes puissent rester aux commandes plus longtemps, ce qui a fait grincer des dents. Puis, fin 2024, cinq membres importants ont claqué la porte, disant que la direction était devenue trop autoritaire et qu&rsquo;elle prenait toutes les décisions seule. Maintenant, une opposition se met en place, demandant un nouveau vote et une direction temporaire. Tout ça crée un vrai blocage et la centrale n&rsquo;arrive plus à agir efficacement.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>3. Le discrédit populaire et la bataille narrative</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">De plus en plus de Tunisiens ont l&rsquo;impression que l&rsquo;UGTT est devenue une organisation déconnectée des réalités, une sorte d&rsquo;<em>« élite d&rsquo;après la révolution »</em> qui n&rsquo;arrive pas à rendre la vie des gens meilleure. Les arrêts de travail fréquents – comme la grève des transports en commun de Tunis en août 2025 – ne font qu&rsquo;aggraver la frustration de la population. Le gouvernement profite de ce mécontentement en menant une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, essayant de faire passer le syndicalisme pour quelque chose de mauvais, d&rsquo;après la Confédération syndicale internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;attaque contre le siège de l&rsquo;UGTT le 7 août, organisée par des soutiens au président Saïed, a vraiment marqué un tournant. Le président lui-même a même justifié cette attaque, accusant l&rsquo;UGTT de <em>« malversations financières »</em> et réclamant que <em>« l&rsquo;argent volé au peuple soit rendu »</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Chapitre 4 : L’horizon de la crise – Jouer sa survie</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à cette attaque, l&rsquo;UGTT essaie de se défendre de manière structurée. Leur rencontre du 11 août a abouti à deux actions principales :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un grand rassemblement à l&rsquo;échelle nationale le 21 août devant leur quartier général à Tunis.</li>



<li>L&rsquo;éventualité d&rsquo;un arrêt de travail général, sans date précise annoncée.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette mobilisation masque une faiblesse importante. Selon Hamza Meddeb (Carnegie Middle East Center), l&rsquo;organisation traverse une période critique et fondamentale de son existence. « Il s&rsquo;agit avant tout de se maintenir à flot ». Trois issues possibles se présentent maintenant :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La capitulation</strong> : Le gouvernement essaie de transformer l&rsquo;UGTT en un simple outil de transmission, comme c&rsquo;était le cas sous Ben Ali. Leur objectif : détruire son rôle de « contre-pouvoir » pour le réduire à un simple « syndicat d&rsquo;entreprise ».</li>



<li><strong>L&rsquo;éclatement</strong> : Les désaccords internes pourraient mener à une division, diminuant considérablement sa capacité à mobiliser les gens.</li>



<li><strong>Le rétablissement</strong> : En retrouvant son rôle de 2011 &#8211; défenseur des zones délaissées et des droits sociaux &#8211; l&rsquo;UGTT pourrait représenter une option valable et digne de confiance.</li>



<li><strong>Épilogue : Le peuple ou le syndicat ?</strong></li>



<li>Un média économique tunisien titrait le 13 août : « On croise les doigts », et ça en dit long. L&rsquo;incertitude est palpable. Mais au-delà de ces tensions entre les pouvoirs, une question essentielle se pose : est-ce que Kaïs Saïed peut vraiment « représenter le peuple » sans relais, sans structures pour faire le lien avec ce que les gens vivent au quotidien ?</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire de l&rsquo;UGTT, véritable reflet de la Tunisie depuis 80 ans, nous dit que non, ça ne marche pas comme ça. Sans des organisations de travailleurs autonomes, un système judiciaire équitable et un parlement élu honnêtement, le pouvoir du président se transforme en une parodie, une sorte de château perché au-dessus d&rsquo;une économie en débris et d&rsquo;une population oubliée. Le 21 août, quand les couleurs de l&rsquo;UGTT seront de nouveau brandies sur l&rsquo;avenue Mohamed-Ali, ce ne sera pas seulement pour protéger leurs bureaux. Ce sera pour rappeler que la démocratie ne peut exister que si elle est surveillée et limitée par d&rsquo;autres forces.</p>



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<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’UGTT est plus qu’un syndicat, mais moins qu’un parti »</em><br><strong>Héla Yousfi, sociologue tunisienne</strong><br><em>« Elle est aujourd’hui plus qu’un syndicat, et plus qu’un parti »</em><br><em><strong>Sami Tahri, secrétaire général adjoint de l’UGTT </strong></em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tableau récapitulatif : Chronologie des tensions UGTT &#8211; Pouvoir (2021-2025)</strong></p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><thead><tr><th><strong>Date</strong></th><th><strong>Événement</strong></th><th><strong>Conséquence</strong></th></tr></thead><tbody><tr><td><strong>Juillet 2021</strong></td><td>Congrès de l’UGTT à Sousse : modification des statuts</td><td>Levée de la limitation des mandats pour Taboubi</td></tr><tr><td><strong>25 juil. 2021</strong></td><td>Kaïs Saïed s’octroie les pleins pouvoirs</td><td>Suspension du Parlement</td></tr><tr><td><strong>2022</strong></td><td>« Circulaire 20 » interdisant les négociations sans autorisation présidentielle</td><td>Tentative de mise sous tutelle de l’UGTT</td></tr><tr><td><strong>Nov. 2024</strong></td><td>Scission de 5 membres du bureau exécutif de l’UGTT</td><td>Crise interne majeure au sein du syndicat</td></tr><tr><td><strong>7 août 2025</strong></td><td>Attaque du siège de l’UGTT par des partisans prorégime</td><td>Appel à une manifestation de défense le 21 août</td></tr></tbody></table></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Sources :</strong>&nbsp;Le Monde (2025), Nawaat (2024), Equal Times, La Vie des Idées.</em></p>
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		<title>Les manifestations devant le siège de l&#8217;UGTT : Une offensive politique calculée</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Aug 2025 12:56:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La mobilisation protestataire devant le siège de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) ce jeudi 7 août 2025 ne relève&#160;ni du spontané ni d’une dynamique contestataire liée à la crise interne&#160;que traverse l’organisation syndicale. Il s’agit d’une manœuvre politique orchestrée, préparée ouvertement durant plusieurs jours via des appels publics. Si certains l’attribuent à des cercles [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La mobilisation protestataire devant le siège de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) ce jeudi 7 août 2025 ne relève&nbsp;<strong>ni du spontané ni d’une dynamique contestataire liée à la crise interne</strong>&nbsp;que traverse l’organisation syndicale. Il s’agit d’<strong>une manœuvre politique orchestrée</strong>, préparée ouvertement durant plusieurs jours via des appels publics. Si certains l’attribuent à des cercles proches du pouvoir, d’autres l’imputent à l’opposition syndicale.</p>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-085d663968a6ee3877ae617dd833516c wp-block-paragraph"><strong>Par Nizar Jlidi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, les événements du 7 août&nbsp;<strong>n’ont aucun lien</strong>&nbsp;avec les revendications portées par les courants dissidents au sein de l’UGTT. Les slogans scandés – appelant à la « dissolution » ou au « gel » du syndicat, qualifiant ses dirigeants des pires insultes et accusations – dépassent largement le cadre des critiques internes.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Le principe de reddition des comptes : Une ligne rouge</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Un principe cardinal définit désormais la gouvernance en Tunisie :&nbsp;<strong>« Nul n’est au-dessus de la loi »</strong>. Cette réalité s’applique déjà à de nombreux responsables syndicaux (locaux et centraux), comme en attestent des procédures judiciaires en cours. La question centrale est :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-9ea5f6c587bbb6404a025278236e37d6 wp-block-paragraph"><em>Le pouvoir actuel, qui fonde sa légitimité sur l’obligation de reddition des comptes, renoncera-t-il à ce principe par crainte d’un affrontement avec l’UGTT ?</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse est sans équivoque :&nbsp;<strong>Non</strong>. Le « parcours » engagé (المسار) ne s’arrêtera pas devant le poids historique du syndicat. Tous – partis, organisations, institutions – y sont soumis. Le discours du président Kaïs Saïed lors de sa récente rencontre avec la Cheffe du gouvernement visait clairement l’UGTT.</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Stratégies contrastées : L’apaisement syndical face à l’escalade</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Des sources proches de la rencontre entre&nbsp;<strong>Noureddine Taboubi</strong>&nbsp;(secrétaire général de l’UGTT) et&nbsp;<strong>Zied Dabbar</strong>&nbsp;(président du SNJT, syndicat des journalistes) indiquent que :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’UGTT, tout en convoquant une assemblée administrative d’urgence, <strong>ne cherche pas l’escalade</strong>.</li>



<li>La preuve en est le report de la grève prévue dans l’aérien, geste d’apaisement.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, les appels à « geler » ou « dissoudre » l’UGTT continuent d’enfler dans l’espace numérique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-ab416a335a40749a2315bee85af67720 wp-block-paragraph">« <strong>Mettre à bas l’UGTT équivaudrait à détruire la clé de voûte de la paix sociale</strong>, surtout quand ses dirigeants tendent la main pour un dialogue national responsable. »</p>
</blockquote>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Un avertissement : La dangereuse méconnaissance de l’histoire</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’affrontement avec l’UGTT ne saurait être mené par des « porte-voix hystériques » ignorants de l’histoire syndicale. Rappelons :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’UGTT est un <strong>partenaire de gouvernance depuis l’Indépendance</strong>.</li>



<li>Son rôle clé dans le Dialogue National (2013) lui valut le <strong>Prix Nobel de la Paix</strong>.</li>



<li>Il a <strong>soutenu le Président Saïed au moment du 25 Juillet 2021</strong>.</li>
</ul>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Crise interne et résilience</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, l’UGTT paie le prix de la&nbsp;<strong>modification controversée de l’article 20</strong>&nbsp;de ses statuts (limitant les mandats). Mais la solution passe par ses instances internes : un congrès extraordinaire est prévu.<br>S’il a perdu une partie de sa base et de son influence à cause d’erreurs (voire de cas de corruption présumés, en cours de jugement),&nbsp;<strong>rien ne justifie les appels à sa dissolution</strong>. Quelques centaines de manifestants devant le siège historique ne représentent pas la légitimité du syndicat.</p>



<h4 class="wp-block-heading"> <strong>L’UGTT : Pierre angulaire de la paix sociale</strong></h4>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation reste <strong>sourde aux provocations</strong> La batha (بطحاء محمد علي الصمّاء) car elle sait pouvoir compter sur ses soutiens réels. Certaines forces politiques cherchent à exploiter sa colère pour en faire un allié de l’opposition, dans un contexte de crise multidimensionnelle (politique, économique, sociale).</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"></p>
</blockquote>
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		<title>Violences contre l’UGTT : Une attaque planifiée et un syndicat sous tension</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Aug 2025 14:51:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le siège de l’UGTT pris pour cible Jeudi 7 août 2025, une centaine de personnes, dont des mineurs et des sans-abris, ont tenté d’envahir le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Tunis. Scandant des slogans hostiles appelant à la « dissolution du syndicat » et traitant son secrétaire général, Noureddine Taboubi, de [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/30444">Violences contre l’UGTT : Une attaque planifiée et un syndicat sous tension</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading">Le siège de l’UGTT pris pour cible</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Jeudi 7 août 2025, une centaine de personnes, dont des mineurs et des sans-abris, ont tenté d’envahir le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Tunis. Scandant des slogans hostiles appelant à la « dissolution du syndicat » et traitant son secrétaire général, Noureddine Taboubi, de « lâche » ou de « symbole de corruption », les assaillants ont été repoussés&nbsp;<em>in extremis</em>&nbsp;par un bouclier humain de syndicalistes. Selon Sami Tahri, porte-parole de l’UGTT, cette attaque était minutieusement préparée : repérages préalables, mobilisation via des vidéos en direct sur les réseaux sociaux, et levée soudaine des barrages policiers protégeant le bâtiment&nbsp;.</p>



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#LCV_PARIS_NEWS</p>Publiée par <a href="https://www.facebook.com/people/Imed-Ben-Abdallah-Dhouilaa/100075914451804/">Imed Ben Abdallah Dhouilaa</a> sur Jeudi 7 août 2025</blockquote></div>



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وهم بأوجاع الشعب يتاجرون.
برافو 
Arrêtez vos grêves triviales et mesquines, L&#039;UGTT met La Tunisie en ruine.
أكرم الأبيض
#Lcv_paris_news</p>Publiée par <a href="https://www.facebook.com/people/Imed-Ben-Abdallah-Dhouilaa/100075914451804/">Imed Ben Abdallah Dhouilaa</a> sur Jeudi 7 août 2025</blockquote></div>



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<h3 class="wp-block-heading"> Accusations et responsabilités : Le pouvoir dans le viseur</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une déclaration cinglante,&nbsp;<strong>Sami Tahri</strong>&nbsp;accuse ouvertement les partisans du président Kaïs Saïed et d&rsquo;almassar (« أنصار المسار ») d’avoir orchestré l’opération. Il dénonce :</p>



<div id="fb-root"></div>
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<div class="fb-post" data-href="https://www.facebook.com/sami.tahri.7/posts/pfbid02j5uhdG3JkAfxtgo9BQosY8F39YAKT4QypzmrW3CYpJxaKppxsszSSb5ZNPGcTxr2l" data-width="500" data-show-text="true"><blockquote cite="https://www.facebook.com/sami.tahri.7/posts/24154852900822351" class="fb-xfbml-parse-ignore"><p>إيضاحات لا بد منها

عفوا، مضطر إلى توضيح مطول، فعذرا على الإطالة، فلست ممن يحبذها وأعلم قيمة التكثيف والإيجاز والاختصار&#8230;</p>Publiée par <a href="#" role="button">Sami Tahri</a> sur&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/sami.tahri.7/posts/24154852900822351">Jeudi 7 août 2025</a></blockquote></div>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Un scénario toléré par les autorités</strong>&nbsp;: La levée des barrages policiers et l’absence d’intervention suggèrent une complicité étatique&nbsp;.</li>



<li><strong>Une campagne de diabolisation antérieure</strong>&nbsp;: L’attaque survient après des semaines de discours officiels criminalisant les grévistes, qualifiés de « traîtres » ou d’« agents au service d’agendas étrangers »&nbsp;.</li>



<li><strong>Des parallèles historiques troublants</strong>&nbsp;: Tahri compare les méthodes des assaillants à celles des&nbsp;<em>Ligues de protection de la révolution</em>&nbsp;(2012), soulignant l’usage de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux pour mobiliser des « groupes criminels »&nbsp;.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le bureau exécutif de l’UGTT a porté plainte, exigeant une enquête pour « agression, diffamation et incitation à la violence ».</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Crise interne : L’UGTT minée par ses divisions</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’attaque révèle une offensive externe, elle met aussi en lumière&nbsp;<strong>les fractures internes</strong>&nbsp;du syndicat :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La légitimité contestée de Taboubi</strong>&nbsp;: Des voix internes et des partis politiques réclament son départ, pointant son mandat « illégal » après la modification controversée de l’article 20 des statuts de l’UGTT. Cet article, limitant à deux le nombre de mandats, a été amendé en 2021 lors d’un congrès non électif à Sousse, permettant à Taboubi et quatre autres dirigeants (« les Cinq ») de se maintenir au pouvoir&nbsp;.</li>



<li><strong>Une gouvernance accusée d’autoritarisme</strong>&nbsp;: Des syndicalistes dénoncent une « bureaucratie syndicale » qui marginalise les bases, tandis que l’opposition parlementaire (comme le député Youssef Tarchoun) fustige « des opportunistes aux commandes »&nbsp;.</li>
</ul>



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<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Réactions en chaîne : Solidarités et ambiguïtés</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’événement a suscité un tollé :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Soutiens internationaux</strong>&nbsp;: L’UGTT a reçu des messages de solidarité de syndicats arabes et internationaux, d’ONG et de personnalités politiques, saluant son rôle de « rempart des libertés »&nbsp;1.</li>



<li><strong>Des condamnations en demi-teinte</strong>&nbsp;: Certaines organisations ont émis des réserves, liant leur soutien à une critique des « dérives bureaucratiques » de la direction&nbsp;.</li>



<li><strong>La société civile en alerte</strong>&nbsp;: La LTDH et le CRLDHT dénoncent une « escalade autoritaire », tandis que des partis (Haqq, Front de salut national) appellent à une mobilisation unitaire&nbsp;.</li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Contexte explosif : Grèves et rupture du dialogue social</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’attaque s’inscrit dans une&nbsp;<strong>crise sociale aiguë</strong>&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La grève des transports (30-31 juillet)</strong>&nbsp;: Son succès a exacerbé les tensions. Le gouvernement a réagi en annulant les réunions de négociation prévues début août, violant le Code du travail (articles 378 et suivants)&nbsp;.</li>



<li><strong>Un dialogue social au point mort</strong>&nbsp;: L’exécutif refuse toute discussion avec l’UGTT sur les salaires ou l’emploi précaire, poussant le syndicat à brandir la menace de nouvelles grèves&nbsp;.</li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Perspectives : Vers une escalade de violence ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Sami Tahri met en garde : cette attaque n’est «&nbsp;<strong>pas un incident isolé</strong>, mais le prélude à une violence généralisée ». Il rappelle les conséquences de la décennie noire post-2011 et exige des actes concrets :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Sans enquête et sanctions, ces groupes criminels reproduiront leurs exactions avec la bénédiction du pouvoir »</em> .</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’UGTT, fragilisée mais résistante, appelle à l’unité des travailleurs pour « défendre l’organisation sans céder à la provocation ». Taboubi, actuellement en congé, pourrait anticiper son retour face à l’urgence&nbsp;.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<h3 class="wp-block-heading">Un test pour la démocratie tunisienne</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’assaut contre l’UGTT dépasse le cadre syndical : il symbolise&nbsp;<strong>l’affrontement entre un pouvoir autoritaire et le dernier contre-pouvoir structuré</strong>&nbsp;en Tunisie. Alors que le pays s’enfonce dans la crise économique, la réponse judiciaire à cette attaque et la capacité de l’UGTT à surmonter ses divisions seront des indicateurs clés de l’avenir démocratique tunisien.</p>
<p>L’article <a href="https://lepontdegeneve.ch/archives/30444">Violences contre l’UGTT : Une attaque planifiée et un syndicat sous tension</a> est apparu en premier sur <a href="https://lepontdegeneve.ch">Le pont de Genève</a>.</p>
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		<title>Vingt organisations tunisiennes dénoncent la répression croissante des militants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Nov 2024 13:51:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt organisations de la société civile tunisienne ont publié un communiqué commun appelant à l&#8217;arrêt immédiat des poursuites judiciaires contre les militants politiques, civils et syndicaux, mettant en garde contre l&#8217;utilisation croissante des appareils d&#8217;État pour restreindre l&#8217;espace civil et l&#8217;activité politique et sociale.Le communiqué fait état d&#8217;une série de procédures judiciaires visant plusieurs militants, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vingt organisations de la société civile tunisienne ont publié un communiqué commun appelant à l&rsquo;arrêt immédiat des poursuites judiciaires contre les militants politiques, civils et syndicaux, mettant en garde contre l&rsquo;utilisation croissante des appareils d&rsquo;État pour restreindre l&rsquo;espace civil et l&rsquo;activité politique et sociale.<br>Le communiqué fait état d&rsquo;une série de procédures judiciaires visant plusieurs militants, dont Israr Ben Jouira, Seif Ayadi, Wael Naouar et d&rsquo;autres, suite à leur participation à des manifestations pacifiques sur l&rsquo;avenue Habib Bourguiba le 18 juillet 2022.<br>Parmi les cas cités figure l&rsquo;arrestation du secrétaire général de l&rsquo;Union locale de Sbikha, Jamal Cherif, ainsi qu&rsquo;un groupe de travailleurs, pour leur activité syndicale. Le document mentionne également le procès de quatre agriculteurs du village « Al-Bahrain » à Siliana, certains septuagénaires, poursuivis pour avoir protesté contre le forage d&rsquo;un nouveau puits profond menaçant leurs ressources en eau.<br>Les organisations signataires soulignent également l&rsquo;arrestation d&rsquo;Abdullah Saïd, président de l&rsquo;association des Enfants de la Lune, placé en garde à vue par la brigade des recherches économiques d&rsquo;El Gorjani. Selon le communiqué, ces mesures s&rsquo;inscrivent dans le cadre d&rsquo;une « politique systématique visant à restreindre la liberté de manifestation pacifique et d&rsquo;expression ».<br>Les signataires réaffirment leur attachement aux droits acquis par le peuple tunisien lors de la révolution de 2011, appelant les forces démocratiques et progressistes à faire front commun contre ce qu&rsquo;ils qualifient de « tentatives de régression des acquis ». Ils exigent la fin de la criminalisation de l&rsquo;exercice des droits et des libertés et le respect du pluralisme intellectuel et politique</p>
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		<title>Une crise politique en Tunisie ou une crise politique tunisienne ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pont de Genève]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jul 2024 14:46:29 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La scène politique en Tunisie soulève plus d'une question, notamment face au déséquilibre total des rapports de force en faveur d'une seule partie qui a réussi à prendre tous les éléments de l'équation en main, et trouve des partisans pour cela.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par: Mongi KHADRAOUI</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La scène politique en Tunisie soulève plus d&rsquo;une question, notamment face au déséquilibre total des rapports de force en faveur d&rsquo;une seule partie qui a réussi à prendre tous les éléments de l&rsquo;équation en main, et trouve des partisans pour cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La composante politique :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les composantes de la scène sont, à l&rsquo;origine, l&rsquo;ensemble des partis et organisations politiques opposés aux orientations et mesures du président Kais Saied.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis la partie syndicale qui était considérée comme la plus forte et la plus capable de changer l&rsquo;équation politique, à savoir l&rsquo;Union Générale Tunisienne du Travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les partisans du président Kais Saied sont principalement des groupes majoritairement de gauche, les plus importants étant des factions affiliées au courant de patriote démocratique, un courant issu de sa négation au sens hégélien (Hegel) du maoïsme (en référence au leader chinois Mao Zedong). S&rsquo;ajoutent à cela certains courants nationalistes nassériens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l&rsquo;appel du président Kais Saied aux électeurs pour les élections présidentielles le dimanche 6 octobre 2024, le mouvement politique n&rsquo;a pas connu de changements notables, puisqu&rsquo;un certain nombre de ceux qui ont exprimé leur désir de se présenter à la présidentielle se sont retrouvés devant la justice avec diverses accusations puis en prison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains candidats ont été contraints de mener leur campagne depuis l&rsquo;étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;autres observent encore avec beaucoup d&rsquo;hésitation l&rsquo;évolution de la situation politique et sécuritaire en Tunisie pour mesurer le niveau de sécurité en cas de candidature à la présidence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les rapports de force sont devenus hors de la logique des équations face à leur déséquilibre important en faveur du président Kais Saied, qui a réussi à marginaliser ses adversaires et à mettre fin à la visibilité des partis politiques qu&rsquo;il tient pour responsables de la crise en Tunisie, en particulier le parti Ennahdha.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Union Générale Tunisienne du Travail, qui est considérée comme un élément essentiel des paramètres politiques tunisiens, s&rsquo;est retrouvée marginalisée pour trois raisons :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, le non-respect par sa direction actuelle des lois de l&rsquo;organisation et le coup d&rsquo;État contre elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, la perte par l&rsquo;Union d&rsquo;une grande partie de sa popularité due à son renforcement pendant une période importante durant la révolution et son exploitation du climat de libertés pour réaliser des avantages catégoriels étroits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, la question de la confusion de la position au sein de la direction qui est en train de suivre les positions de ses bases entre partisans des choix de Kais Saied et opposants à ceux-ci, ce qui a compliqué le rôle politique traditionnel de l&rsquo;organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceci sans oublier l&rsquo;infiltration de dirigeants intermédiaires opportunistes dans l&rsquo;Union et leur manque d&rsquo;attachement aux principes de lutte et leur capacité uniquement à changer de couleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La composante économique et sociale :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autre donnée qui entre dans les éléments des rapports de force est un élément de fond, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;élément des indicateurs. Officiellement, le taux de chômage en Tunisie a atteint 16,2%, tandis que le taux de croissance économique n&rsquo;a pas dépassé 0,2% face à un taux d&rsquo;inflation de 7,2%.</p>



<p class="wp-block-paragraph">// Chiffres de l&rsquo;Institut National de la Statistique //</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces indicateurs ont suffi à marginaliser de larges catégories de la société tunisienne, en particulier dans certains quartiers et régions pauvres, et par conséquent, l&rsquo;élément d&rsquo;appauvrissement et de marginalisation de ces catégories aura des conséquences sociales et c&rsquo;est l&rsquo;élément le plus important dans la possibilité de changer les rapports de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La donnée extérieure :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, la Tunisie n&rsquo;est pas une île isolée, elle est en lien étroit avec la donnée internationale :</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, l&rsquo;intervention européenne politique et économique, à travers les accords d&rsquo;abord, puis à travers le soutien de certaines parties, et enfin la pression sur le régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est clair que le système politique en Tunisie adopte la théorie de la souveraineté nationale, ce qui l&rsquo;a amené à essayer de fermer la porte à ces pressions malgré leur importance, au point de refuser l&rsquo;entrée d&rsquo;une délégation européenne (de contrôle) sur le territoire tunisien par une décision politique. C&rsquo;est ce qui distingue le pouvoir actuel de Kais Saied des autres pouvoirs politiques qui ont gouverné le pays auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis d&rsquo;Amérique adoptent une politique pragmatique, ils suivent les rapports de force et les observent et profitent généralement de la partie la plus forte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains pays arabes sont entre soutien au pouvoir et appui direct ou indirect à certains opposants au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et généralement, les Tunisiens rejettent en majorité l&rsquo;intervention étrangère et formulent une accusation grave contre ceux qui traitent avec l&rsquo;étranger et les condamnent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La composante économique internationale :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;autorité politique actuelle cherche à diversifier les sources de traitement et de liaison économique et financière. Bien que la plus grande proportion des échanges économiques de la Tunisie reste européenne et particulièrement française, elle cherche à s&rsquo;ouvrir à la Chine et à la Russie et peut-être au groupe BRICS, mais elles restent toutes des groupes financiers qui ne sortent pas du mode de production capitaliste, et par conséquent le pays reste lié à la métropole financière mondiale s&rsquo;il ne change pas le mode de production et ses formations économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise économique en Tunisie, la faiblesse du taux de croissance et l&rsquo;augmentation du taux d&rsquo;inflation avec le déficit de la balance commerciale et l&rsquo;augmentation du taux de pauvreté sont considérées comme une introduction importante à une situation sociale fragile qui contient en elle-même des dispositions au trouble. C&rsquo;est ce qui en fait une crise tunisienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, la crise économique mondiale et la formation des rapports de force internationaux selon les variables économiques et le travail pour contrôler les ressources énergétiques dans le monde et dominer les sources de richesse comme l&rsquo;Afrique, et considérant que la Tunisie a une position stratégique importante, elle est au cœur de la lutte d&rsquo;influence qui se déroule au sein du mouvement du capital, ce qui fait qu&rsquo;une partie des éléments de la crise se déroule en Tunisie, à travers le conflit direct entre les forces capitalistes centrales ou à travers certains pays qui jouent le rôle d&rsquo;agence, ce qui en fait une crise en Tunisie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;horizon de la crise :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus important que la nature de la crise est la façon de la gérer, entre une gestion locale de la crise et une gestion extérieure qui cherche à imposer ses conditions dans les éléments qui forment la réalité économique et sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, nous pouvons considérer que la Tunisie aujourd&rsquo;hui est un champ d&rsquo;expérimentation pour la formation d&rsquo;une composition politique, économique, sociale et de valeurs soit avec une essence locale soit un point d&rsquo;intersections externes et internes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La donnée interne ne peut être affectée par la donnée externe que si elle a des dispositions intrinsèques à accepter son influence.</p>
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