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Tunisie : la cour d’appel refuse la libération d’Ahmed Souab et fixe l’audience au 23 février
La chambre d’accusation de la cour d’appel de Tunis a rejeté, jeudi 12 février 2026, la demande de mise en liberté présentée par la défense d’Ahmed Souab. L’ancien magistrat et avocat, condamné en première instance à cinq ans de prison le 31 octobre 2025, reste ainsi détenu dans l’attente de son procès en appel, dont l’audience a été fixée au 23 février.
Près de quatre mois après sa condamnation en première instance, le dossier d’Ahmed Souab est désormais entre les mains de la juridiction d’appel. Ce jeudi, la chambre criminelle était appelée à se prononcer sur une demande de mise en liberté déposée par ses avocats, qui espéraient une libération provisoire dans l’attente de l’examen au fond de son recours.
Un parquet en retrait, une cour inflexible
Lors de cette audience consacrée à la question de la détention, le ministère public a adopté une position inhabituellement mesurée. Contrairement à ses habitudes dans ce type de dossiers, le représentant du parquet général ne s’est pas opposé formellement à la demande de libération, se contentant de « requérir l’application de la loi ».
Une posture que la défense avait interprétée comme un signe encourageant. « Nous pensions que cette position du parquet pouvait indiquer une évolution dans le traitement de ce dossier», a confié à l’issue de l’audience un membre du collectif de avocats.
Mais après délibération, la présidente de la chambre criminelle a annoncé le rejet de la demande de mise en liberté.
Par ailleurs, la cour d’appel a fixé au 23 février 2026 l’audience consacrée à l’examen au fond de l’appel interjeté par la défense contre le jugement de première instance.
Une condamnation à cinq ans pour des propos polémiques
Ahmed Souab, ancien juge administratif à la Cour administrative devenu avocat, a été condamné le 31 octobre 2025 par le tribunal de première instance de Tunis à une peine de cinq ans de prison. Il était poursuivi pour des déclarations jugées « menaçantes » envers les magistrats.
Lors d’une intervention médiatique, il avait affirmé que les juges tunisiens travaillaient « avec des couteaux sur leur gorge », une métaphore qu’il présentait comme une dénonciation des pressions politiques exercées sur la magistrature depuis les mesures exceptionnelles prises par le président Kaïs Saïed à l’été 2021.
Les autorités y ont vu une incitation à la haine et une menace contre les corps constitués. La défense a toujours plaidé la liberté d’expression et l’absence d’intention malveillante, sans convaincre le tribunal de première instance.
L’audience du 23 février sous tension
La fixation de l’audience au 23 février ouvre désormais une brève période d’attente avant l’examen au fond du dossier par la cour d’appel. La défense, qui a annoncé son intention de « plaider l’acquittement », espère obtenir une infirmation du jugement de première instance.
D’ici là, Ahmed Souab reste derrière les barreaux. Ses soutiens, présents jeudi aux abords du palais de justice de Tunis, ont exprimé leur indignation face à ce nouveau refus de libération. « On maintient en prison un homme pour des mots, et on fait traîner la procédure », a déploré un avocat présent.
Ce nouveau développement judiciaire intervient dans un climat politique particulièrement tendu à l’approche de l’élection présidentielle, dont le premier tour est attendu dans les prochains mois.
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