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La condamnation de Zied El Heni relance le débat sur la liberté d’expression en Tunisie
Le journaliste et commentateur politique tunisien Zied El Heni a vu sa condamnation à un an de prison confirmée le 26 juin 2026 par la cour d’appel de Tunis. Il avait été arrêté le 24 avril 2026, puis placé en détention avant son procès, après avoir critiqué publiquement une décision de justice. Sa condamnation, prononcée sur la base de l’article 86 du code des télécommunications, est dénoncée par Amnesty International comme une nouvelle illustration des atteintes à la liberté d’expression en Tunisie, dans un climat où plusieurs voix critiques du pouvoir ont récemment fait l’objet de poursuites similaires.
Une procédure judiciaire scrutée de près
Selon les informations rendues publiques par Amnesty International, l’affaire trouve son origine dans des propos tenus par Zied El Heni à l’encontre d’une décision judiciaire qu’il jugeait contestable. Ces déclarations lui ont valu d’être arrêté le 24 avril 2026, puis d’être placé en détention en amont de son procès. Il a ensuite été reconnu coupable en vertu de l’article 86 du code des télécommunications tunisien, une disposition régulièrement critiquée par les organisations de défense des droits humains pour son usage extensif contre les journalistes et les commentateurs politiques.
La décision du 26 juin 2026 de la cour d’appel de Tunis, qui confirme la peine d’un an de prison, clôt pour l’instant la voie de recours engagée par le journaliste. Amnesty International souligne que cette condamnation intervient alors qu’aucune personne ne devrait, selon les standards internationaux relatifs aux droits humains, être privée de liberté pour avoir exprimé pacifiquement une opinion.
Dans son communiqué, l’organisation appelle les autorités tunisiennes à procéder à la libération immédiate et sans condition de Zied El Heni, ainsi qu’à l’annulation de sa condamnation. Elle demande également que l’article 86 du code des télécommunications, de même que d’autres dispositions pénales similaires, cesse d’être utilisé pour poursuivre des journalistes et d’autres personnes exerçant légitimement leur droit à la liberté d’expression.
Un climat de pressions croissantes sur la presse tunisienne
Le cas de Zied El Heni ne constitue pas un épisode isolé. Depuis plusieurs années, des organisations internationales de défense des droits humains, dont Amnesty International, documentent un recours croissant aux textes pénaux existants pour poursuivre des journalistes, des blogueurs et des personnalités critiques envers les autorités tunisiennes. L’article 86 du code des télécommunications, qui réprime les propos jugés attentatoires à autrui via les réseaux de communication, a fait l’objet de critiques récurrentes en raison de son champ d’application jugé trop large et de son utilisation fréquente pour restreindre le débat public.
Ce contexte s’inscrit dans une dynamique plus large observée en Tunisie, où la question de la liberté d’expression en Tunisie occupe une place centrale dans les débats sur l’état du droit depuis plusieurs années. Plusieurs affaires similaires, impliquant des figures médiatiques ou des commentateurs politiques, ont été relayées par des organisations non gouvernementales et par des associations professionnelles de journalistes, qui alertent régulièrement sur les risques que ces poursuites font peser sur le pluralisme de l’information et l’exercice du journalisme critique dans le pays.
Une affaire qui interroge sur l’avenir du débat public
Alors que la décision de la cour d’appel de Tunis referme, pour l’heure, une étape judiciaire de l’affaire Zied El Heni, les appels internationaux à sa libération laissent ouverte la question du sort qui sera réservé au journaliste dans les prochaines semaines. Reste à savoir si cette affaire, largement relayée, pèsera sur les discussions en cours autour de la réforme des textes encadrant la liberté d’expression en Tunisie.
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