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Violences contre l’UGTT : Une attaque planifiée et un syndicat sous tension

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Le siège de l’UGTT pris pour cible

Jeudi 7 août 2025, une centaine de personnes, dont des mineurs et des sans-abris, ont tenté d’envahir le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Tunis. Scandant des slogans hostiles appelant à la « dissolution du syndicat » et traitant son secrétaire général, Noureddine Taboubi, de « lâche » ou de « symbole de corruption », les assaillants ont été repoussés in extremis par un bouclier humain de syndicalistes. Selon Sami Tahri, porte-parole de l’UGTT, cette attaque était minutieusement préparée : repérages préalables, mobilisation via des vidéos en direct sur les réseaux sociaux, et levée soudaine des barrages policiers protégeant le bâtiment .

#UGTT #DÉGAGÉE #نقولها_عاليا_لاخوف_على_تونس #رجال_المرحلة #الوطن_الصادقين #انتم_صناع_الفخر_العز #تونس_دولة_متقدمة #تونس_نفكوها #LCV_PARIS_NEWS

Publiée par Imed Ben Abdallah Dhouilaa sur Jeudi 7 août 2025

جماعة الإتحاد رافعين شعار على العهد باقون وهم بأوجاع الشعب يتاجرون. برافو Arrêtez vos grêves triviales et mesquines, L'UGTT met La Tunisie en ruine. أكرم الأبيض #Lcv_paris_news

Publiée par Imed Ben Abdallah Dhouilaa sur Jeudi 7 août 2025

Accusations et responsabilités : Le pouvoir dans le viseur

Dans une déclaration cinglante, Sami Tahri accuse ouvertement les partisans du président Kaïs Saïed et d’almassar (« أنصار المسار ») d’avoir orchestré l’opération. Il dénonce :

إيضاحات لا بد منها عفوا، مضطر إلى توضيح مطول، فعذرا على الإطالة، فلست ممن يحبذها وأعلم قيمة التكثيف والإيجاز والاختصار…

Publiée par Sami Tahri sur Jeudi 7 août 2025
  • Un scénario toléré par les autorités : La levée des barrages policiers et l’absence d’intervention suggèrent une complicité étatique .
  • Une campagne de diabolisation antérieure : L’attaque survient après des semaines de discours officiels criminalisant les grévistes, qualifiés de « traîtres » ou d’« agents au service d’agendas étrangers » .
  • Des parallèles historiques troublants : Tahri compare les méthodes des assaillants à celles des Ligues de protection de la révolution (2012), soulignant l’usage de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux pour mobiliser des « groupes criminels » .

Le bureau exécutif de l’UGTT a porté plainte, exigeant une enquête pour « agression, diffamation et incitation à la violence ».


Crise interne : L’UGTT minée par ses divisions

Si l’attaque révèle une offensive externe, elle met aussi en lumière les fractures internes du syndicat :

  • La légitimité contestée de Taboubi : Des voix internes et des partis politiques réclament son départ, pointant son mandat « illégal » après la modification controversée de l’article 20 des statuts de l’UGTT. Cet article, limitant à deux le nombre de mandats, a été amendé en 2021 lors d’un congrès non électif à Sousse, permettant à Taboubi et quatre autres dirigeants (« les Cinq ») de se maintenir au pouvoir .
  • Une gouvernance accusée d’autoritarisme : Des syndicalistes dénoncent une « bureaucratie syndicale » qui marginalise les bases, tandis que l’opposition parlementaire (comme le député Youssef Tarchoun) fustige « des opportunistes aux commandes » .
Publiée par Achaab Naqaby sur Jeudi 7 août 2025

Réactions en chaîne : Solidarités et ambiguïtés

L’événement a suscité un tollé :

  • Soutiens internationaux : L’UGTT a reçu des messages de solidarité de syndicats arabes et internationaux, d’ONG et de personnalités politiques, saluant son rôle de « rempart des libertés » 1.
  • Des condamnations en demi-teinte : Certaines organisations ont émis des réserves, liant leur soutien à une critique des « dérives bureaucratiques » de la direction .
  • La société civile en alerte : La LTDH et le CRLDHT dénoncent une « escalade autoritaire », tandis que des partis (Haqq, Front de salut national) appellent à une mobilisation unitaire .

Contexte explosif : Grèves et rupture du dialogue social

L’attaque s’inscrit dans une crise sociale aiguë :

  • La grève des transports (30-31 juillet) : Son succès a exacerbé les tensions. Le gouvernement a réagi en annulant les réunions de négociation prévues début août, violant le Code du travail (articles 378 et suivants) .
  • Un dialogue social au point mort : L’exécutif refuse toute discussion avec l’UGTT sur les salaires ou l’emploi précaire, poussant le syndicat à brandir la menace de nouvelles grèves .

Perspectives : Vers une escalade de violence ?

Sami Tahri met en garde : cette attaque n’est « pas un incident isolé, mais le prélude à une violence généralisée ». Il rappelle les conséquences de la décennie noire post-2011 et exige des actes concrets :

« Sans enquête et sanctions, ces groupes criminels reproduiront leurs exactions avec la bénédiction du pouvoir » .

L’UGTT, fragilisée mais résistante, appelle à l’unité des travailleurs pour « défendre l’organisation sans céder à la provocation ». Taboubi, actuellement en congé, pourrait anticiper son retour face à l’urgence .


Un test pour la démocratie tunisienne

L’assaut contre l’UGTT dépasse le cadre syndical : il symbolise l’affrontement entre un pouvoir autoritaire et le dernier contre-pouvoir structuré en Tunisie. Alors que le pays s’enfonce dans la crise économique, la réponse judiciaire à cette attaque et la capacité de l’UGTT à surmonter ses divisions seront des indicateurs clés de l’avenir démocratique tunisien.

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