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Arrestation de Chaima Issa lors d’un rassemblement féministe à Tunis
L’activiste Chaima Issa a été arrêtée ce vendredi après-midi par les forces de l’ordre, peu après avoir vu sa peine de prison alourdie en appel à vingt ans. D’après certaines sources, elle a été appréhendée lors d’un rassemblement de femmes défendant la liberté.
Cette arrestation survient à un moment critique pour la militante, sur le plan judiciaire. Sa condamnation dans ce qu’on appelle l’affaire du « complot » a été confirmée par la cour d’appel de Tunis le 27 novembre 2025, lors d’un procès que des organisations de défense des droits humains qualifient de « mascarade ».
Un long parcours devant la justice
Chaima Issa, écrivaine et figure du Front de salut national (FSN), une coalition d’opposition, était poursuivie avec une trentaine d’autres personnes pour « atteinte à la sécurité de l’État » et « appartenance à un groupe terroriste ». Les accusations se basaient notamment sur des rencontres qu’elle aurait eues avec des représentants étrangers.
Son parcours judiciaire a débuté le 22 février 2023, lorsqu’elle a été interpellée dans le cadre de l’enquête sur le « complot ». Après plus de quatre mois de détention, elle avait été relâchée le 13 juillet de la même année, mais restait soumise à une interdiction de voyager et de se « montrer en public ».
La suite de la procédure judiciaire a connu plusieurs moments clés. Le procès en appel de ce procès avait commencé fin octobre 2024. Le 27 novembre 2025, la cour d’appel de Tunis a non seulement confirmé la condamnation de Chaima Issa, mais a aussi aggravé sa peine, la fixant à vingt ans de prison ferme. Au même moment, l’un de ses co-accusés, Jawhar Ben Mbarek, menait une grève de la faim depuis plus d’un mois pour protester contre son emprisonnement.
Un procès qui fait débat
Le procès, tant en première instance qu’en appel, a suscité de vives critiques en Tunisie et à l’étranger. Les avocats de la défense et des observateurs ont relevé de nombreuses irrégularités dans la procédure.
L’ONG Amnesty International a qualifié le procès de « farce » et a dénoncé « une utilisation flagrante de la justice pour éliminer des opposants », une accusation reprise par Human Rights Watch. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme avait également exprimé de « sérieuses inquiétudes quant aux motivations politiques » de cette affaire.
Une des principales critiques concerne la manière dont les audiences se sont déroulées. Lors du procès initial, le verdict avait été prononcé après seulement trois audiences et sans que les arguments de la défense n’aient été pris en compte. En appel, le procès s’est également déroulé en trois séances, et la défense a de nouveau dénoncé des « jugements sans plaidoiries et sans justice ».
Les observateurs nationaux et internationaux suivent désormais avec attention la suite des événements, alors que plusieurs condamnés en liberté, comme Ahmed Nejib Chebbi et Ayachi Hammami, font également face à un risque d’incarcération immédiat.
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