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Tunis : des milliers de manifestants dans la rue contre la dictature et pour les libertés

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Une brise contestataire a soufflé sur les rues de Tunis ce samedi matin 17 octobre 2026. À la place Mohamed Ali Hammi, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à l’appel de neuf organisations nationales et composantes de la société civile. Avant même le départ de la marche, plus de trois mille personnes étaient déjà sur place.

Une coalition large

L’appel à manifester a été lancé à l’issue d’une réunion tenue le 29 septembre au siège central de l’UGTT. Parmi les organisations signataires figurent l’UGTT, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), l’Ordre national des avocats (ONAT), la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), le FTDES, l’UGET, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins et l’Association tunisienne des femmes démocrates. Le secrétaire général adjoint de l’UGTT, Othman Jallouli, avait annoncé une marche « nationale, civile et pacifique ». Selon les sources, la mobilisation s’est placée sous le mot d’ordre « La Tunisie d’abord, et le peuple au-dessus de toute considération » ou sous celui de « Travail, liberté, dignité nationale ».

Des revendications économiques, sociales et politiques

La marche visait à protester contre la détérioration de la situation économique, sociale et politique et contre la concentration des pouvoirs entre les mains de l’exécutif. Elle réclamait aussi le respect des droits et libertés et la libération des détenus politiques et d’opinion. Dans la foule, des pancartes appelaient à la liberté d’expression, au droit à l’action syndicale, à la liberté et à la dignité. Beaucoup de Tunisiens dénoncent par ailleurs une érosion de leur pouvoir d’achat, sur fond de hausse des prix et de difficultés économiques persistantes.

Dans le cortège

Syndicalistes, figures politiques, représentants de la société civile et proches d’opposants emprisonnés ont défilé dans un centre-ville placé sous haute surveillance policière, avec plusieurs accès fermés aux voitures et aux piétons. L’opposante Sihem Bensedrine a déclaré à l’AFP réclamer le respect des libertés fondamentales et surtout la libération des prisonniers politiques. Karim Majeri, fonctionnaire de 32 ans, a dit se sentir étouffé par l’injustice, l’oppression et la cherté de la vie.**Un déroulement calme

La présence policière est restée discrète tout au long du parcours.

En fin de manifestation, la police a toutefois bloqué les accès à l’avenue Habib Bourguiba, empêchant les retardataires de rejoindre les rangs. Business News décrit un cortège rassemblant des organisations qui ont parfois été opposées, voire ennemies, par le passé.

Une portée à relativiser

Selon les chiffres rapportés en fin d’après-midi, plus de 4 000 personnes ont défilé à l’appel de l’UGTT, d’autres organisations et de partis d’opposition. Reuters y voit la plus grosse manifestation populaire depuis 2021 et l’annonce d’un hiver social chaud. Ce jugement reste celui d’un média, et aucun bilan officiel n’était disponible au moment de la rédaction. L’épreuve de force entre le pouvoir et cette coalition inédite se jouera désormais dans les semaines à venir, sur le terrain social comme sur celui des libertés.

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