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Huit partis tunisiens appellent à la libération des prisonniers politiques et dénoncent une crise multiforme

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Réunis lundi 5 octobre 2026, huit partis politiques tunisiens d’opposition ont rendu public, le 7 octobre, un communiqué commun dressant un état des lieux critique de la situation du pays. Dans ce texte adressé à l’opinion publique nationale, les signataires dénoncent à la fois une dégradation économique et sociale persistante et un recul des droits et libertés, tout en formulant cinq revendications précises, de la libération des détenus politiques à l’annulation de récents décrets présidentiels.

Un constat partagé sur la situation du pays

Le communiqué, signé par le Parti El Massar, le Pôle démocratique moderniste, le Parti socialiste, le Parti des travailleurs, le Courant démocratique, Al Joumhouri, Afek Tounes et le Front populaire (Ettakatol pour les libertés), s’ouvre sur un diagnostic de ce que les partis qualifient de crise politique profonde. Ils pointent une détérioration continue de la situation économique et sociale, un recul du pouvoir d’achat des Tunisiens, une aggravation du chômage, une hausse jugée inédite de l’indice des prix, ainsi qu’un repli des services publics.

Les signataires évoquent également une dégradation des droits et libertés, citant des procès politiques, l’absence de garanties d’un procès équitable pour des personnes poursuivies en raison de leurs opinions, et des poursuites visant des militants, des hommes et femmes politiques, des syndicalistes, des blogueurs, des avocats et des journalistes.

Cinq revendications formulées

Le texte énonce cinq points. Les partis demandent d’abord la libération de l’ensemble des détenus d’opinion et des personnes incarcérées en lien avec leur solidarité envers la cause palestinienne, ainsi qu’une limitation des poursuites fondées sur l’activité politique, civile ou syndicale pacifique.

Ils expriment ensuite leur solidarité avec les prisonniers politiques ayant entamé des grèves de la faim pour défendre leurs droits, dénonçant la dégradation des conditions de détention. Le communiqué cite nommément ce qu’il qualifie d’injustice visant le militant Ahmed Néjib Chebbi, parmi d’autres personnalités.

Le troisième point salue la mobilisation des diplômés chômeurs, dont la « Marche de la dignité » aurait été empêchée d’atteindre la capitale, et critique l’approche sécuritaire déployée face à ce mouvement.

Les partis rejettent, dans un quatrième point, une série de décrets récemment pris par le pouvoir en place, notamment celui portant nomination des membres de l’instance électorale — jugé attentatoire à son indépendance — et celui abrogeant la loi relative aux collectivités locales, perçu comme un recul sur la décentralisation.

Enfin, les signataires saluent l’appel des organisations nationales à la marche prévue le 17 octobre 2026 et annoncent leur participation à cet événement.

Contexte : une opposition qui tente de se recomposer

Ce communiqué commun s’inscrit dans un paysage politique tunisien marqué, depuis les mesures présidentielles du 25 juillet 2021, par une recomposition progressive des forces d’opposition autour de critiques communes portant sur l’État de droit, l’indépendance des institutions et la trajectoire économique du pays. Plusieurs des partis signataires avaient déjà exprimé, séparément, des positions convergentes sur ces dossiers, sans toujours parvenir à une action coordonnée de cette ampleur.

La référence à la loi n° 18 de l’année 2026, mentionnée dans le texte, ainsi qu’aux récents décrets relatifs à l’instance électorale et aux collectivités locales, renvoie à un ensemble de textes récemment publiés au Journal officiel de la République tunisienne, dont la portée fait l’objet de lectures divergentes entre le pouvoir en place et une partie de l’opposition.

Une mobilisation dont l’issue reste ouverte

Reste à savoir si cet appel commun débouchera sur une mobilisation significative lors de la marche du 17 octobre, et quelle réponse les autorités réserveront aux revendications formulées par ces huit formations politiques.

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