Politique
Arrestation de Bensedrine : l’ONU s’inquiète pour la liberté d’expression en Tunisie
Genève, le 5 août 2024 – L’arrestation de Sihem Bensedrine, figure emblématique de la lutte pour les droits humains en Tunisie, suscite l’émoi au sein de la communauté internationale. Les experts indépendants de l’ONU ont exprimé leur vive préoccupation face à cette situation, qui pourrait marquer un nouveau tournant dans la répression des voix dissidentes dans le pays.
« C’est un coup dur pour la liberté d’expression », confie sous couvert d’anonymat un militant tunisien. « Sihem est un symbole. Son arrestation envoie un message glaçant à tous ceux qui osent encore critiquer le pouvoir. »
Ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), Mme Bensedrine s’est fait connaître pour son travail acharné visant à documenter les crimes commis sous les régimes précédents. Journaliste engagée, elle n’a cessé de dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux, s’attirant les foudres des autorités.
Son arrestation le 1er août dernier s’inscrit dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte en 2021. Elle est accusée d’avoir falsifié un chapitre du rapport final de l’IVD concernant la corruption bancaire. Une accusation que ses proches qualifient de « ridicule » et « politiquement motivée ».
« On cherche à discréditer son travail et celui de l’IVD », explique Me Hasna Ben Slimane, avocate spécialisée en droits humains. « C’est une manière de protéger ceux qui ont profité de la corruption sous les anciens régimes. »
Face à cette situation, les experts de l’ONU haussent le ton. Ils appellent la Tunisie à respecter ses engagements internationaux et à garantir un procès équitable à Mme Bensedrine. Ils demandent également la cessation de toute procédure abusive à son encontre.
« L’arrestation de Sihem Bensedrine n’est pas un cas isolé », rappelle Nadia Khiari, caricaturiste et observatrice de la vie politique tunisienne. « C’est un nouveau pas vers l’étouffement de la société civile. Combien de voix faudra-t-il faire taire avant que la communauté internationale ne réagisse vraiment ? »
Alors que la Tunisie s’apprête à vivre une élection présidentielle cruciale en octobre, l’affaire Bensedrine jette une ombre sur le processus démocratique du pays. Elle pose la question de l’indépendance de la justice et du respect des libertés fondamentales dans un pays qui fut jadis le berceau du Printemps arabe.
Site de l’ONU: https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2024/08/un-experts-call-justice-tunisian-human-rights-defender
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