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La reprise économique de la Tunisie ralentit en raison de la sécheresse

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TUNIS, 6 novembre 2023 – La reprise économique de la Tunisie a ralenti au premier semestre de 2023, le pays restant aux prises avec une sécheresse persistante, des défis de financement externe, l’accroissement de la dette domestique d’importantes entreprises publiques, et des obstacles réglementaires, selon l’édition automne 2023 du Rapport de suivi de la situation économique de la Tunisie publié par Banque mondiale.

Bien que des développements positifs aient été enregistrés, tels que l’amélioration des termes des échanges commerciaux et une reprise du secteur touristique, la croissance du PIB tunisien pour l’année 2023 est prévue à environ 1,2 %. Il s’agit d’une reprise modérée en comparaison avec les pays voisins de la région et la moitié du taux de croissance de l’année 2022. Le rapport précise qu’une prévision de croissance de 3 % en 2024 reste sujette à des risques liés à l’évolution de la sécheresse, des conditions de financement et du rythme des réformes. Les recettes touristiques ont connu une augmentation de 47 % jusqu’à fin août 2023, ce qui, combiné aux services de transport, a contribué à hauteur de 0,8 point de pourcentage à la croissance globale du PIB, aidant ainsi à réduire le déficit du compte courant.

« Malgré les défis persistants, l’économie tunisienne montre une certaine résilience. L’augmentation des exportations du secteur textile, des industries mécaniques et de l’huile d’olive, associée à la croissance des exportations touristiques, a contribué à atténuer le déficit extérieur, a déclaré Alexandre Arrobbio, le représentant résident de la Banque mondiale pour la TunisieLe renforcement de la concurrence, l’amélioration de l’espace budgétaire et l’adaptation aux changements climatiques sont des mesures essentielles visant à restaurer la croissance économique et à renforcer la résilience face aux futurs chocs économiques et climatiques. », a t il ajouté.

La première partie du rapport aborde les défis économiques en Tunisie, où une sécheresse prolongée dans le secteur agricole a entraîné une croissance limitée et une légère augmentation du chômage à 15,6 % au deuxième trimestre 2023, contre 15,3 % un an plus tôt. En raison de la réduction du déficit commercial, le déficit du compte courant est passé de 7 milliards de dinars tunisiens (4,1 % du PIB) au premier semestre 2022 à 2,7 milliards de dinars tunisiens (1,5 % du PIB) sur la même période de 2023. 

Malgré cette réduction, la Tunisie continue de rencontrer des difficultés pour sécuriser les financements externes requis, sur fonds de calendrier important de remboursement de sa dette extérieure à court terme. Ceci reflète la dette publique élevée, passée de 66,9 % à 79,4 % du PIB entre 2017 et 2022. Alors que les conditions de financement extérieur restent serrées, les importations ont continué d’être comprimées. C’est particulièrement le cas pour les entreprises publiques fortement endettées, qui détiennent le monopole de l’importation et de la distribution de certains produits. Le système de contrôle des prix qui régit les principaux marchés de produits de base est un facteur clé de l’endettement croissant des entreprises d’État ainsi que des pénuries qui en découle. Par ailleurs, l’inflation a ralenti, avec une inflation des prix sur un an passant de 10,4 % en février 2023 à 9 % en septembre 2023.

Publié sous le titre Migration dans un contexte économique complexe, le rapport analyse le rôle croissant de la migration dans une perspective de développement. Ces dernières décennies, l’émigration est devenue vitale pour les Tunisiens confrontés à des difficultés économiques. En contrepartie de l’augmentation de l’émigration, les transferts de fonds des Tunisiens résidents à l’étranger ont augmenté, pour s’établir à 6,6 % du PIB en 2021 2022, en plus du précieux transfert de compétences et de capitaux. À l’inverse, l’immigration étrangère en Tunisie demeure minimale, soit environ 0,5 % de la population. Au cours de la dernière année, la Tunisie a connu une augmentation significative de son rôle en tant que point de transit pour la migration irrégulière en Méditerranée centrale, avec 73 829 arrivées irrégulières en Italie depuis la Tunisie au cours des huit premiers mois de 2023. Afin de tirer le meilleur parti à long terme de la migration, la Tunisie pourrait se focaliser sur l’harmonisation des compétences des émigrants avec les besoins des pays de destination, la reconnaissance des qualifications et la promotion du statut de migrant régulier. Le rapport suggère également l’extension des initiatives de mobilité et l’ajustement des accords de travail pourraient renforcer encore davantage les bénéfices économiques de la migration, tout en préservant le bien être et les droits des immigrés.

Source: La banque mondiale

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