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Marche du 17 octobre à Tunis : la rue réclame ses libertés
Syndicats, avocats et associations appellent à défiler dans la capitale pour l’emploi, les libertés et l’État de droit.
Samedi 17 octobre 2026, la capitale tunisienne verra défiler un cortège national. Neuf organisations de la société civile l’ont convoqué, parmi lesquelles la centrale syndicale UGTT, la Ligue des droits de l’homme et l’Ordre des avocats. Elles l’ont annoncé le 29 septembre depuis le siège de l’UGTT. Leur mot d’ordre place la Tunisie et le peuple avant toute autre considération. Elles dénoncent la vie chère, le chômage et le recul des libertés. D’autres forces, des partis comme de simples citoyens, ont rejoint l’appel depuis.
Neuf organisations, un même cadre
Le cadre de coordination rassemble des structures très différentes. On y trouve l’UGTT, le syndicat des journalistes, l’Ordre des avocats et la LTDH. S’y ajoutent le Forum des droits économiques et sociaux, l’Union des étudiants, l’Association des femmes démocrates, l’Union des diplômés chômeurs et l’Organisation des jeunes médecins.
Ces groupes ne comptent pas s’arrêter à une seule journée. Ils préparent un programme commun d’actions. Ils veulent aussi suivre l’évolution de la situation nationale et adopter, si nécessaire, des positions communes.
Le ralliement s’élargit à l’approche de la date. Le 12 octobre, l’Union populaire républicaine a annoncé qu’elle prendrait part au défilé. Son secrétaire général, Lotfi Mraihi, est en prison depuis juillet 2024. À Paris, un comité de soutien tient une réunion publique la veille, le vendredi 16 octobre. Enfin, des citoyens ont signé une déclaration de participation. Ce texte reflète le point de vue de ses signataires, pas des faits établis.
Trois grands axes de revendications
Un appel diffusé en dialecte tunisien résume les attentes en trois blocs.
Dignité et justice sociale. Les auteurs réclament des emplois et un meilleur pouvoir d’achat. Ils demandent aussi de meilleurs services de santé, d’éducation et de transport.
Libertés et droits. Ils exigent la libération des détenus d’opinion et l’abrogation du décret-loi n° 54. Ils veulent également garantir la liberté d’expression, la liberté de la presse et le droit de manifester pacifiquement.
Démocratie et État de droit. Ils plaident pour une justice indépendante. Ils souhaitent un Conseil supérieur de la magistrature élu et une Cour constitutionnelle installée. Ils demandent enfin des élections libres, organisées par une instance indépendante.
De leur côté, les organisations signataires décrivent un pays en difficulté. Elles parlent d’un pouvoir d’achat en chute, d’un chômage en hausse et de services publics affaiblis. Elles rejettent aussi les pressions exercées sur l’action syndicale, associative et politique. Ces constats viennent de leur communiqué. Ils ne s’appuient pas ici sur des chiffres officiels.
Des semaines sous tension
Cet appel intervient après un épisode sensible. Le 19 septembre, une première marche a réclamé la libération de quatre responsables tunisiens de la flottille Soumoud, partie en solidarité avec Gaza. Ces hommes sont détenus à la prison de la Mornaguia depuis le 6 mars 2026. Plusieurs centaines de personnes ont défilé ce jour-là.
La suite s’est jouée devant la justice. Une quinzaine de participants ont été interpellés dans la nuit suivante, selon le comité de défense des militants. Le 25 septembre, le président de la LTDH a indiqué que le parquet avait ordonné plusieurs détentions provisoires. Le 8 octobre, quatre personnes poursuivies ont retrouvé la liberté après des peines de prison avec sursis.
Le débat politique s’est aussi enflammé. Une députée a rejeté publiquement la date du 17 octobre. Elle lui a opposé la fête de l’Évacuation, célébrée le 15. Aucune réaction officielle de la présidence ou du gouvernement n’apparaît dans les informations disponibles. Le parcours et l’horaire n’ont pas non plus été détaillés.
Le contexte : une rue sous tension depuis 2021
Tout part du 25 juillet 2021. Ce jour-là, le président Kaïs Saïed s’est attribué les pleins pouvoirs. Une nouvelle Constitution a suivi en 2022. La même année, le Conseil supérieur de la magistrature a été dissous. En septembre 2022, le décret-loi n° 54 a introduit des sanctions contre les « fausses informations ». Syndicats de journalistes et ONG le jugent contraire à la liberté d’expression.
Les relations entre le pouvoir et l’UGTT se sont tendues. En août 2025, la centrale a organisé une marche à Tunis pour défendre son rôle, face aux critiques présidentielles. Selon les estimations de la presse, plus de 3 500 personnes y ont participé. Le camp présidentiel mobilise lui aussi. En décembre 2025, ses partisans ont défilé sur l’avenue Habib Bourguiba.
Une question ouverte
Combien de personnes répondront à l’appel ? Les autorités laisseront-elles le cortège aller au bout ? Et que deviendra le programme commun annoncé par les neuf organisations ? La rue donnera les premiers éléments de réponse samedi.
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