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Politique

Le  » bombardement du Tchad »  ravive la controverse sur le rôle de la Turquie dans la guerre au Soudan.

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La guerre au Soudan a franchi une nouvelle étape — qui pourrait s’avérer la plus dangereuse depuis son déclenchement en 2023 — en dépassant les frontières géographiques de ce pays africain.

L’armée tchadienne a récemment accusé les forces armées soudanaises d’avoir mené un raid aérien visant un convoi militaire sur son territoire.

L’état-major général des forces armées tchadiennes a indiqué que le bombardement a eu lieu vers 20 heures, le jeudi 20 août, dans le département de Mourdi (région de l’Ennedi-Est), près de la frontière commune aux deux pays.

Par ailleurs, des informations de presse ont rapporté qu’un raid de l’armée soudanaise a visé un convoi transportant des renforts pour les Forces de soutien rapide, qu’elle qualifie de rebelles.

les États-Unis ont fermement condamné les récentes frappes aériennes menées par les forces armées soudanaises en territoire tchadien. Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, a déclaré : « Les États-Unis condamnent les récentes frappes aériennes lancées par les forces armées soudanaises à l’intérieur du Tchad », soulignant la nécessité de mettre fin aux violences tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Soudan, et insistant sur le fait qu’« il n’existe pas de solution militaire à ce conflit et qu’il n’y a absolument aucune justification à l’extension de la violence au-delà des frontières du Soudan ».

Washington a également proposé récemment, au Conseil de sécurité, d’étendre à l’ensemble du pays l’embargo sur les armes imposé au Darfour depuis 2005 — y compris aux drones —, avertissant que le soutien militaire et financier extérieur prolonge la guerre et menace d’y entraîner les pays voisins.

La guerre a éclaté le 15 avril 2023 entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, et se poursuit à ce jour, malgré les nombreuses initiatives onusiennes et internationales visant à y mettre fin.

Outre le fait que cet incident marque une évolution dangereuse en ouvrant des fronts extérieurs au conflit soudanais, il a mis en lumière le renforcement des capacités aériennes de l’armée soudanaise ; une montée en puissance qui suscite des interrogations quant à son financement, les drones turcs étant au cœur des spéculations.

Un rapport français confirme le rôle de la Turquie

Dans ce contexte, le journal français *Le Monde* a publié un rapport récent indiquant que la Turquie est le principal soutien militaire de l’armée depuis le début du conflit ; il précise qu’elle a fourni des drones « TB2 » et « Akıncı » et déployé des instructeurs à ses côtés, tandis que l’Arabie saoudite finance, selon le journal, l’acquisition de drones turcs et d’armements pakistanais au profit de l’armée.

L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan avaient conclu, le 7 août, un accord de défense commune baptisé « Accord de La Mecque pour la défense commune », en référence au lieu de sa signature.

Selon le journal *Le Monde*, des signes de coopération entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan au Soudan étaient apparus plus d’un an avant la signature de cet accord ; Riyad finance notamment l’acquisition de drones turcs et d’armements pakistanais pour les forces armées soudanaises. Il est également fait état d’un contrat pakistanais majeur, d’une valeur de 1,5 milliard de dollars, portant sur des avions de combat, des véhicules blindés et des drones.

Depuis la fin de l’année 2024, les drones « Bayraktar TB2 » et « Bayraktar Akıncı » ont intégré les capacités aériennes de l’armée, selon des sources militaires spécialisées.

« Africa Defense Forum » a rapporté que la Turquie a continué de soutenir le commandement de l’armée en fournissant ces deux modèles, tandis que « Fair Observer » a documenté l’utilisation de munitions rôdeuses (drones suicides) turques de type « Eren » — lancées depuis des plateformes « Akıncı » — et a attribué à leur emploi la levée des sièges de Dilling et de Kadougli, ainsi que le rétablissement des lignes de ravitaillement au sud d’El Obeid.

Des sources spécialisées dans la défense espagnole ont également fait état d’affrontements dans le ciel soudanais impliquant des drones lourds — notamment des systèmes turcs et chinois — tandis que l’armée utilise aussi des technologies iraniennes ; une situation qui a transformé l’espace aérien du Soudan en un terrain de confrontation entre divers systèmes militaires.

Bien qu’il n’existe pas de preuves tangibles attestant que des drones de type « Bayraktar » ont mené des frappes, la présence d’armements turcs dans le conflit soudanais semble, selon les médias, hautement probable.

En mars 2025, le *Washington Post* a révélé — en s’appuyant sur des contrats, des correspondances, des registres et des documents visuels — l’existence de transactions d’une valeur minimale de 120 millions de dollars entre l’entreprise « Baykar » et la partie soudanaise, portant sur des drones, des équipements connexes et le déploiement de personnel de l’entreprise pour assurer un soutien technique.

En mai 2026, « Chatham House » a fait état d’informations concernant la fourniture par la Turquie de systèmes de drones à l’armée, alors qu’Ankara démentait les avoir livrés directement aux forces armées. Le dossier a ensuite pris une dimension politique plus explicite lorsque la présidence turque a annoncé, à la suite d’une rencontre entre Recep Tayyip Erdoğan et Abdel Fattah al-Burhan en juin 2026, que la défense figurait désormais parmi les domaines de coopération entre les deux pays.

Selon certaines informations, Ankara vise par cette démarche à s’implanter sur la mer Rouge et à saisir des opportunités futures dans les secteurs des mines, des infrastructures, de l’agriculture et de la reconstruction. C’est pourquoi Suakin est demeurée présente dans l’agenda turc, bien qu’il n’existe, à ce jour, aucune preuve d’une relance du projet de base militaire.

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