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Décès en détention en Tunisie : l’OMCT réclame des chiffres officiels

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L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) a exprimé, dans un communiqué diffusé début septembre 2026, sa vive préoccupation face à la dégradation des conditions de détention observée dans plusieurs prisons tunisiennes durant l’été. Selon l’organisation, des témoignages recueillis auprès de familles de détenus, dans le cadre de son programme SANAD, font état de coupures d’eau et d’électricité, de surpopulation carcérale et de difficultés d’accès aux soins, dans un contexte de fortes chaleurs. L’OMCT relie cette situation à une série de décès survenus en détention ces derniers mois, dont les circonstances restent, selon elle, insuffisamment établies, et appelle les autorités tunisiennes à garantir la protection de la vie et de la santé des personnes détenues.

Des témoignages qui documentent une situation dégradée

Le constat dressé par l’OMCT s’appuie sur les éléments recueillis dans le cadre de son programme SANAD, consacré à l’accompagnement des familles de détenus. Les témoignages rapportés font état, dans certains établissements pénitentiaires, de coupures répétées d’eau et d’électricité durant les périodes de canicule de l’été 2026, ainsi que de cas de malaises et de difficultés respiratoires chez des détenus, dont plusieurs auraient nécessité une hospitalisation. L’organisation souligne que la combinaison de ces facteurs — chaleur extrême, surpopulation et accès limité aux soins — est susceptible d’avoir eu des conséquences graves sur la santé des personnes privées de liberté, en particulier les plus vulnérables.

L’OMCT met ces constats en perspective avec un rapport publié en juin 2026, consacré aux décès suspects survenus en détention ou à la suite d’une interaction avec des agents publics. Ce rapport recensait plusieurs cas de morts dans des circonstances non élucidées, auxquels s’ajoutent, selon l’organisation, six nouveaux signalements reçus par le programme SANAD au cours du premier trimestre 2026. L’OMCT précise ne pas préjuger des circonstances propres à chaque cas, mais estime que tout décès en détention doit faire l’objet d’un examen approfondi des conditions de détention de la personne concernée.

Les recommandations formulées par l’organisation

Face à ce constat, l’OMCT adresse plusieurs demandes aux autorités tunisiennes. L’organisation appelle à la mise en œuvre de mesures visant à protéger la vie et la santé des détenus, notamment face aux vagues de chaleur et aux difficultés d’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins médicaux. Elle demande également que les mécanismes et organisations chargés du suivi des lieux de détention puissent y accéder effectivement, afin de permettre une observation indépendante des conditions de détention.

L’OMCT réclame par ailleurs la publication de données consolidées sur les décès survenus en détention depuis le début de l’été 2026, incluant les circonstances et les causes médicales établies. Elle demande enfin que chaque décès en détention fasse l’objet d’une enquête indépendante, impartiale et transparente, dont les résultats seraient communiqués aux familles concernées.

Un enjeu ancien pour le système carcéral tunisien

La question des conditions de détention n’est pas nouvelle en Tunisie. Des organisations tunisiennes et internationales documentent depuis plusieurs années la surpopulation carcérale, qui touche une large part des établissements pénitentiaires du pays, ainsi que les difficultés d’accès aux soins pour les personnes détenues. Ces constats reviennent de manière récurrente dans les rapports d’organisations de défense des droits humains, sans que des données officielles complètes et régulièrement actualisées ne soient rendues publiques par l’administration pénitentiaire, selon l’OMCT.

Ce contexte carcéral s’inscrit par ailleurs dans une période marquée, ces dernières années, par une hausse du nombre de personnes poursuivies et placées en détention en Tunisie, dans des dossiers à caractère politique comme dans des affaires de droit commun, ce qui accentue la pression sur les capacités d’accueil des établissements pénitentiaires. Les autorités tunisiennes n’ont, au moment de la rédaction de cet article, pas réagi publiquement au communiqué de l’OMCT.

Une vigilance qui reste de mise

L’OMCT indique poursuivre le suivi de la situation dans les prisons tunisiennes et appelle à une réponse transparente de la part des autorités. Reste à savoir si des données officielles consolidées seront rendues publiques dans les prochaines semaines, et si les enquêtes réclamées par l’organisation sur les décès survenus en détention seront effectivement ouvertes.

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