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Décès en prison en Tunisie : un homme d’affaires connu meurt malgré les appels à sa libération

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L’homme d’affaires tunisien Lazhar Sta est mort dans la nuit de lundi à mardi, à l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis, où il avait été admis après une dégradation brutale de son état de santé suivie d’un coma. L’annonce a été faite le 8 septembre 2026 par sa fille, Amina Sta, sur son compte Instagram officiel, où elle met en cause la responsabilité des autorités et réclame que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès survenu alors que l’homme d’affaires attendait une réponse à sa demande de règlement financier avec l’État, dans le cadre de la procédure de conciliation pénale.

Un décès qui relance la question du sort des détenus malades

Selon plusieurs médias tunisiens, dont Al Chourouk et Jawhara FM, Lazhar Sta a été transféré en urgence depuis son lieu de détention vers l’hôpital Charles-Nicolle avant de sombrer dans le coma et de décéder. Sa fille avait, dans les semaines précédant sa mort, multiplié les appels publics en faveur de sa libération, invoquant à la fois ses conditions de détention et son état de santé.

Lazhar Sta avait été condamné à huit ans de prison, assortis d’une amende de plusieurs dizaines de millions de dinars, dans le dossier de corruption financière lié à la société Ciment de Carthage, un dossier qui avait entraîné, selon la justice, d’importantes pertes financières pour l’État tunisien. Il avait sollicité une issue par la voie de la conciliation pénale, un mécanisme permettant à des personnes poursuivies pour atteinte aux fonds publics de négocier un règlement financier avec l’État en échange d’un allègement ou d’un arrêt des poursuites. Sa demande, adressée à la commission chargée de ces dossiers, était toujours en instance au moment de son décès.

L’homme d’affaires avait également occupé, selon les informations disponibles, une fonction au sein du bureau exécutif de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), chargée des relations avec les universités.

Ni le ministère de la Justice ni l’administration pénitentiaire n’ont, à ce stade, communiqué publiquement sur les circonstances précises du décès.

Des acteurs qui réclament des explications

Dans sa publication, Amina Sta a demandé une enquête sur les causes du décès de son père, une requête qui rejoint celle formulée par plusieurs proches de détenus décédés ces derniers mois en Tunisie. Des avocats et des organisations de défense des droits humains rapportent, de leur côté, une recrudescence des décès en milieu carcéral, qu’ils relient notamment à la vague de chaleur qui a touché le pays et à la situation sanitaire dans les établissements pénitentiaires.

Une crise carcérale sous tension depuis plusieurs mois

Le décès de Lazhar Sta intervient dans un contexte de fortes tensions autour des conditions de détention en Tunisie. Plusieurs organisations de la société civile font état d’un surpeuplement marqué des prisons du pays, une situation documentée de longue date par des rapports successifs sur le système pénitentiaire tunisien. Cette surpopulation s’accompagne, selon ces mêmes organisations, de difficultés d’accès aux soins pour les détenus les plus fragiles.

La vague de chaleur qui a frappé la Tunisie ces dernières semaines a aggravé ces inquiétudes. Des températures dépassant les 50 degrés à l’intérieur de certains établissements ont été rapportées, alimentant les craintes pour la santé des détenus âgés ou souffrant de pathologies chroniques. Des familles ont également fait état, ces dernières semaines, du décès d’un jeune détenu qu’elles attribuent à la chaleur et à la déshydratation, une affaire qui s’ajoute à une série de décès en détention recensés au cours des derniers mois par des associations de défense des droits humains.

Ces organisations dénoncent régulièrement des restrictions à leurs visites dans certains établissements pénitentiaires, ce qui complique selon elles le suivi indépendant des conditions de détention. Le ministère de la Justice a, par le passé, rejeté les accusations de mauvais traitements systématiques, tout en reconnaissant l’existence de cas isolés.

La question du sort des détenus malades ou âgés s’inscrit plus largement dans un débat public tunisien plus vaste sur les arrestations liées à des dossiers économiques et politiques, débat marqué ces derniers mois par des appels à la libération de plusieurs personnalités détenues pour des raisons de santé.

Une enquête attendue

La mort de Lazhar Sta, intervenue alors qu’une procédure de règlement financier avec l’État était encore en cours d’examen, relance la question du traitement réservé aux détenus dont l’état de santé se dégrade en détention. Reste à savoir si l’appel de sa famille à une enquête transparente sur les circonstances de ce décès trouvera une réponse des autorités compétentes.

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