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Ayachi Hammami à la prison de Monastir : quand l’accès aux livres devient interdit

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L’avocat et militant Ayachi Hammami ne reçoit plus de livres depuis son arrivée à la prison de Monastir. Sa famille le dénonce depuis le 20 octobre 2026. Ce lecteur assidu a été transféré de Mornaguia le 24 septembre. Les proches affirment que l’administration pénitentiaire tarde à lui remettre ses ouvrages. Elle invoquerait des procédures internes. Sa défense voit dans ce transfert une mesure de représailles.

Des livres bloqués entre Monastir et Tunis

Depuis son arrivée, Ayachi Hammami vit un isolement croissant. Sa sœur indique qu’il ne dispose ni de journaux ni de chaînes d’information. Il ne peut donc pas suivre l’actualité du pays et du monde.

Les livres posent un problème particulier. La famille lui en apporte, mais il ne les reçoit pas. On lui aurait expliqué que les ouvrages ont été envoyés à la direction générale des prisons, à Tunis. Ils devraient revenir à Monastir avant d’être remis au détenu. Le courrier connaît le même sort : les lettres ne lui sont pas parvenues, là encore pour des raisons administratives.

Ces informations viennent surtout de la famille. À ce stade, la direction des prisons n’a pas réagi publiquement. Le détail des ouvrages concernés reste inconnu.

Un transfert contesté

Le transfert a eu lieu le 24 septembre 2026. La défense des détenus de l’affaire dite du « complot » l’a jugé arbitraire. Elle y voit une volonté d’éloigner l’avocat de ses proches.

Le contexte renforce cette lecture. Ayachi Hammami avait commencé une grève de la faim le 18 septembre. Il voulait soutenir d’autres détenus qui jeûnaient aussi. Il a été transféré alors que sa grève se poursuivait. La prison de Monastir se trouve à environ 170 kilomètres de son domicile, à Tunis. Chaque visite devient ainsi plus longue et plus coûteuse pour sa famille.

Un avocat devenu accusé

Ayachi Hammami est né en 1959. Il a été ministre chargé des Droits de l’homme de février à septembre 2020. Il a aussi porté la parole du comité de défense des magistrats révoqués par décret présidentiel le 1er juin 2022.

Il défendait des prévenus dans l’affaire dite de « conspiration contre la sûreté de l’État ». En mai 2023, le juge d’instruction l’a ajouté à la liste des suspects. Il l’a inculpé en octobre 2023.

Une première condamnation est intervenue en avril 2025. La cour d’appel l’a ensuite condamné à cinq ans de prison. Il a été arrêté début décembre 2025 pour purger sa peine.

En détention, il a mené une grève de la faim de 43 jours. Il y a mis fin le 15 janvier 2026. En septembre 2026, l’American Bar Association lui a décerné son prix international des droits de l’homme.

Une affaire sous le regard de l’étranger

L’affaire dite du « complot » a débuté en février 2023. Une enquête judiciaire a visé 17 suspects. Douze d’entre eux ont été arrêtés. Les verdicts d’appel sont tombés fin novembre 2025 et ont touché plusieurs figures de l’opposition.

Plusieurs organisations internationales de défense des droits humains contestent ces poursuites. Elles estiment que les motifs sont politiques. Elles réclament la libération des détenus. Des experts des Nations unies ont aussi exprimé leur inquiétude. Ils s’étonnent qu’un avocat soit condamné pour avoir défendu des accusés.

Ces préoccupations dépassent le cas d’un seul détenu. Ces organisations signalent des restrictions d’accès aux livres, aux journaux et à la télévision. Elles mentionnent aussi des lettres qui n’arrivent pas. D’autres détenus ont, eux aussi, entamé des grèves de la faim ces dernières semaines. C’est le cas d’Abir Moussi, la présidente du Parti destourien libre.

Une question reste ouverte

Les livres d’Ayachi Hammami lui parviendront-ils après leur retour à Monastir ? La direction des prisons doit encore préciser le calendrier et les règles appliquées. Sa réponse dira comment les autorités gèrent ces détentions très suivies.

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