La Une
Tunisie : Ramla Dahmani, sœur de l’avocate Sonia Dahmani, condamnée à 2 ans de prison
Sonia Dahmani, avocate et chroniqueuse tunisienne, a été condamnée à deux ans de prison par le tribunal de première instance de Tunis. Cette décision judiciaire fait suite à des poursuites engagées en application du décret-loi 54, un texte adopté en septembre 2022 pour lutter contre la diffusion de « fausses informations » et les atteintes à la sécurité publique.
Une double condamnation
Sonia Dahmani avait déjà écopé d’un an de prison dans une affaire similaire. Le nouveau verdict, prononcé le 30 juin 2025, porte ainsi sa peine totale à trois ans d’emprisonnement. Les charges retenues contre elle concernent des déclarations publiques jugées contraires aux dispositions du décret-loi 54. Dans un développement parallèle, sa sœur, Ramla Dahmani, a été condamnée le 1er juillet à deux ans de prison pour des propos tenus en défense de Sonia. Le jugement a été rendu en son absence, sans qu’elle ait été préalablement convoquée, selon des sources proches du dossier.
Déroulement des procédures
Lors de l’audience du 30 juin, les avocats de Sonia Dahmani ont demandé un report, arguant que leur cliente était jugée une seconde fois pour les mêmes faits. Le tribunal a rejeté cette requête et maintenu la tenue de l’audience. Les défenseurs ont alors quitté la salle en signe de protestation, dénonçant des irrégularités procédurales. Selon des observateurs judiciaires, le décret-loi 54 a été utilisé à plusieurs reprises depuis son entrée en vigueur pour poursuivre des personnalités publiques, des journalistes et des militants. Les autorités tunisiennes justifient son application par la nécessité de préserver l’ordre public et la stabilité nationale.
Contexte politique et juridique
Le décret-loi 54, promulgué par le président Kaïs Saïed, a été critiqué par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui estiment qu’il restreint excessivement la liberté d’expression. À l’inverse, le gouvernement tunisien défend ce texte comme un outil essentiel pour lutter contre les campagnes de « désinformation ». Ces condamnations interviennent dans un contexte judiciaire tendu, marqué par plusieurs affaires médiatisées impliquant des opposants politiques, des avocats et des journalistes.
Réactions et suites possibles
Les avocats des sœurs Dahmani ont annoncé leur intention de faire appel des décisions. Parallèlement, des organisations internationales, dont Amnesty International et HRW, suivent de près l’évolution de ces dossiers. Du côté des autorités tunisiennes, aucune déclaration officielle n’a été faite concernant ces condamnations.
-
La Une1 mois agoDécès en prison en Tunisie : un homme d’affaires connu meurt malgré les appels à sa libération
-
La Une1 mois agoGrève de la faim de Chawki Tabib : l’ONU réclame sa libération immédiate
-
La Une2 semaines agoLes raisons avancées derrière le transfert d’Ayachi Hammami à Monastir
-
La Une1 mois agoUGTT, les avocats et la ligue des droits de l’Homme annoncent un front commun face à la crise du pouvoir en Tunisie
-
La Une2 mois agoDégage à Kaïs Saïed : Tunis gronde de nouveau contre le pouvoir
-
La Une1 mois agoTunisie : Mohamed Yousfi arrêté après Zied El Heni — un domino de plus dans la guerre contre la presse
-
La Une2 mois agoGauche tunisienne : Hamma Hammami relance le débat sur l’alternative politique à Kaïs Saïed
-
La Une1 mois agoCour de cassation Tunisie : la justice tunisienne confirme de lourdes peines contre des figures de l’opposition