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Tunisie : Un appel à la grève de la faim collective pour les prisonniers politiques
Tunis, 22 décembre 2025 — Depuis la prison de la Mornaguia, l’avocat et défenseur des droits humains Ayachi Hammami a lancé un appel à une grève de la faim collective de trois jours, du 22 au 24 décembre 2025. Cet appel, publié le 12 décembre, s’adresse aux prisonniers politiques, syndicalistes, journalistes et autres détenus d’opinion en Tunisie pour protester contre les procès qualifiés d’inéquitables et les détentions perçues comme arbitraires.
Contexte de l’appel
Cet appel intervient dans le cadre de l’affaire judiciaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », qui concerne des dizaines de personnalités de l’opposition, des avocats et des activistes. Le 27 novembre 2025, une cour d’appel de Tunis a confirmé les condamnations de 34 accusés dans cette affaire, avec des peines allant de 5 à 45 ans de prison. Parmi les personnes arrêtées fin novembre et début décembre pour purger leur peine figurent la militante Chaima Issa (20 ans de prison), l’avocat Ayachi Hammami (5 ans) et le politicien Ahmed Nejib Chebbi (12 ans).
Critiques internationales du procès
Le déroulement de ce procès a été critiqué par plusieurs organisations internationales. Amnesty International et Human Rights Watch l’ont qualifié de « simulacre », pointant des violations des garanties d’un procès équitable. Elles ont notamment relevé que le procès en première instance n’a duré que trois audiences et que les accusés détenus ont été jugés à distance par visioconférence. D’autres personnes condamnées dans cette même affaire, comme Jaouhar Ben Mbarek, avaient entamé des grèves de la faim en octobre et novembre 2025 pour protester contre leurs conditions de détention.
Réaction du milieu juridique international
La détention d’Ayachi Hammami a suscité une réaction internationale. Le 16 décembre 2025, un collectif de 21 organisations juridiques internationales, dont l’Observatoire international des avocats en danger (OIAD) et le Council of Bars and Law Societies of Europe (CCBE), a publié une déclaration condamnant son arrestation. Ces organisations estiment qu’il a été condamné « au seul motif d’avoir représenté des accusés », dénoncent un « harcèlement judiciaire persistant » et réclament sa libération immédiate.
Contexte judiciaire élargi
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de préoccupations concernant l’indépendance du système judiciaire tunisien. Un rapport de l’organisation EuroMed Rights souligne que l’indépendance et l’impartialité du système judiciaire tunisien posent question. La Commission internationale de juristes (CIJ) relève quant à elle que le cadre légal tunisien en matière de discipline judiciaire ne respecte pas pleinement le droit international, en raison notamment du rôle de l’exécutif dans la procédure disciplinaire.
La situation reste en évolution, avec des inquiétudes concernant l’état de santé des grévistes de la faim et les conséquences de cette crise sur l’espace démocratique en Tunisie.
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