Politique
L’ex-député tunisien Seïfeddine Makhlouf placé en détention en Algérie
Le procureur général du tribunal de première instance d’Annaba, en Algérie, a ordonné le placement en détention provisoire de Seïfeddine Makhlouf, ancien député tunisien et figure du parti islamiste Al Karama. L’arrestation s’est déroulée le 4 juillet 2024 à l’aéroport d’Annaba, alors que Makhlouf tentait apparemment de quitter le pays.
Le procureur général du tribunal de première instance d’Annaba, en Algérie, a ordonné le placement en détention provisoire de Seïfeddine Makhlouf, ancien député tunisien et figure du parti islamiste Al Karama. L’arrestation s’est déroulée le 4 juillet 2024 à l’aéroport d’Annaba, alors que Makhlouf tentait apparemment de quitter le pays.
Selon les informations disponibles, Makhlouf, qui faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire en Tunisie, aurait franchi clandestinement la frontière algéro-tunisienne avant de se rendre à Annaba. Son objectif semblait être de s’envoler pour la Turquie.
C’est lors des contrôles à l’aéroport d’Annaba que les autorités algériennes ont découvert l’irrégularité de sa situation, ce qui a immédiatement conduit à son interpellation. Cette arrestation soulève des questions sur les circonstances de son entrée en Algérie et sur les possibles implications diplomatiques entre les deux pays.
Les autorités algériennes n’ont pas encore communiqué sur la suite qui sera donnée à cette affaire, notamment concernant une éventuelle extradition vers la Tunisie.
Rappelons que dans la nuit du 20 au 21 janvier, la Tunisie a été secouée par l’arrestation de Seifeddine Makhlouf, figure de l’opposition et critique virulent du président Kaïs Saïed. Cet ancien député, chef du parti islamiste Al-Karama, a été appréhendé à son domicile par une vingtaine d’agents en civil, suite à sa condamnation par un tribunal militaire.
Selon son avocate, Ines Harrath, Makhlouf a été reconnu coupable d’avoir insulté des agents de police à l’aéroport de Tunis-Carthage en mars 2021. Le tribunal militaire l’a condamné en appel à 14 mois de prison ferme, alourdissant considérablement la peine de cinq mois prononcée en première instance en mai 2022.
L’incident à l’origine de cette condamnation remonte à mars 2021, lorsque Makhlouf et d’autres députés de son parti ont tenté d’intervenir en faveur d’une femme soupçonnée de liens avec le terrorisme, empêchée de voyager à l’aéroport. Cette altercation avait provoqué un vif émoi en Tunisie.
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte politique tendu. Depuis que le président Kaïs Saïed s’est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021, ses opposants, dont Makhlouf, l’accusent d’instaurer une nouvelle autocratie. La dissolution du Parlement en mars 2022 n’a fait qu’exacerber ces tensions.
L’arrestation de Makhlouf a suscité de vives réactions. Ahmed Néjib Chebbi, leader de la principale coalition d’opposition, a dénoncé une « mentalité de vengeance » du pouvoir, tandis que la présidence a appelé à « s’attaquer à tous les corrompus ».
Cette affaire soulève également des inquiétudes quant à l’utilisation des tribunaux militaires pour juger des civils, une pratique critiquée par de nombreuses ONG locales et internationales.
Alors que Makhlouf entame sa peine, son cas illustre les tensions croissantes entre le gouvernement tunisien et ses opposants, ravivant les débats sur l’état de la démocratie dans le pays qui fut le berceau du Printemps arabe.
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