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La Tunisie maintient et alourdit les peines d’emprisonnement pour les opposants et les responsables de la sécurité
TUNIS, 3 février – La cour d’appel de Tunis a confirmé et alourdi mardi les longues peines de prison prononcées à l’encontre de personnalités politiques de premier plan, dont le chef de l’opposition Rached Ghannouchi et d’anciens responsables de la sécurité, dans le cadre d’une répression contre la dissidence.
Parmi les personnes condamnées pour complot contre l’État dans le cadre de ce procès collectif figure Nadia Akacha, ancienne chef de cabinet du président Kais Saied.
Mme Akacha, qui a été condamnée par contumace après s’être enfuie à l’étranger, a été condamnée à 35 ans de prison, a indiqué l’agence de presse officielle TAP.
Rached Ghannouchi, 84 ans, chef historique du parti islamiste Ennahda, a vu sa peine de prison portée à 20 ans, contre 14 ans auparavant.
M. Ghannouchi, qui était président du parlement élu dissous par M. Saied en 2021, est en prison depuis 2023. Avec cette nouvelle condamnation, le total des peines prononcées à son encontre pour plusieurs chefs d’accusation s’élève à 50 ans.
LES ACCUSÉS AFFIRMENT QUE LES ACCUSATIONS SONT FABRIQUÉES
Au total, 21 personnes ont été inculpées dans cette affaire de complot, dont 10 sont déjà en détention et 11 ont fui le pays.
La cour a confirmé les peines de 35 ans d’emprisonnement prononcées à l’encontre de l’ancien chef des services de renseignement Kamel Guizani, de l’ancien ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem et de Mouadh Ghannouchi, le fils de Rached Ghannouchi. Tous trois se trouvent hors du pays.
Les accusés nient les accusations, affirmant que l’affaire a été montée de toutes pièces à des fins politiques afin de réduire au silence les opposants à Saied.
La plupart des leaders de l’opposition, certains journalistes et détracteurs de Saied sont emprisonnés depuis qu’il a pris le contrôle de la plupart des pouvoirs en 2021.
Saied a dissous le parlement en 2021 et a commencé à gouverner par décret, puis a dissous le Conseil supérieur de la magistrature indépendant et limogé des dizaines de juges, une mesure que les figures de l’opposition ont qualifiée de coup d’État qui a sapé la démocratie naissante qui avait déclenché les soulèvements du Printemps arabe en 2011.
Saied rejette ces accusations et affirme que ses mesures sont légales et visent à mettre fin à des années de chaos et de corruption au sein de l’élite politique. REUTERS
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