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L’Algérie remet Seifeddine Makhlouf aux autorités tunisiennes?
L’ancien député tunisien Seifeddine Makhlouf condamné par contumace, son sort entre Alger et Tunis en suspens
Tunis, 18 janvier 2026 – Alors que les autorités tunisiennes ont récemment condamné par contumace l’ancien député d’opposition Seifeddine Makhlouf à cinq ans de prison, la situation du politicien, actuellement détenu en Algérie pour entrée illégale, reste incertaine. Son cas met en lumière les complexités de la coopération judiciaire entre les deux pays et le sort réservé aux figures de l’opposition.
Une condamnation lourde pour atteinte à la sûreté de l’État
Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, mardi 13 janvier 2026, l’avocat et ancien député du parti Al Karama, Seifeddine Makhlouf, à une peine de cinq ans de prison par contumace. Le jugement, rendu en son absence et avec effet immédiat, le déclare coupable d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État.
Les accusations retenues contre lui sont graves, incluant la divulgation de secrets de la défense nationale, la transmission d’informations sensibles sur des enquêtes judiciaires et des accusations non étayées portées contre des agents de l’État.
Une arrestation en Algérie qui a précédé le verdict
Contrairement à certaines allégations, Seifeddine Makhlouf n’a pas été récemment « remis » aux autorités tunisiennes. Il est actuellement détenu en Algérie, où il a été arrêté le 4 juillet 2024 à l’aéroport d’Annaba.
Les autorités algériennes l’ont interpellé alors qu’il tentait de prendre un vol pour Istanbul, et ont constaté que son passeport ne portait pas de cachet d’entrée officiel sur le territoire. Il a été inculpé localement pour entrée illégale et usage de faux documents, et déféré devant la justice algérienne. La question de son éventuelle extradition vers la Tunisie est depuis lors pendante, dépendant des procédures judiciaires et des accords bilatéraux entre les deux nations.
Un parcours judiciaire chargé depuis la levée de son immunité
Cette nouvelle condamnation s’ajoute à une série de peines prononcées contre Makhlouf depuis la levée de son immunité parlementaire. Son dossier judiciaire est volumineux et composé de plusieurs affaires distinctes. Il a notamment été condamné à un an de prison pour une altercation avec la députée Abir Moussi en 2021, et à vingt mois de prison pour des menaces proférées contre un procureur en 2019.
De manière plus significative, il a également été jugé par des juridictions militaires. Une cour d’appel militaire l’a ainsi condamné à un an de prison et à cinq ans d’interdiction d’exercer comme avocat pour atteinte au prestige de l’armée. Dans une autre affaire liée à un incident à l’aéroport de Tunis en mars 2022, sa peine de sept mois de prison a été confirmée par la justice militaire. L’utilisation de tribunaux militaires pour juger des civils a été dénoncée par des organisations comme Amnesty International comme étant contraire au droit international.
Le contexte : une Algérie terre de refuge historique, mais aux règles strictes
L’Algérie a souvent servi de refuge historique pour des personnalités politiques tunisiennes en disgrâce, de l’époque de Bourguiba à aujourd’hui. Cependant, l’arrestation de Makhlouf pour entrée irrégulière démontre que cette protection n’est pas automatique et est subordonnée au respect des lois locales. Sa détention survient dans un contexte de renforcement de la coopération bilatérale, comme en témoigne la signature de nombreux accords entre la Tunisie et l’Algérie en décembre 2025.
La situation reste en suspens : la justice algérienne doit d’abord statuer sur son cas pour entrée illégale. Seulement ensuite, et en fonction des éventuelles demandes tunisiennes, la question de son extradition pourra être examinée. Son retour en Tunisie pour y purger ses multiples peines semble probable, mais le calendrier et les modalités dépendent désormais d’Alger et de la suite donnée à la récente condamnation.
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