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« Vive la liberté ! » : Le peuple tunisien se soulève face au régime de Saïed
À deux semaines des élections présidentielles tunisiennes, la tension politique s’intensifie dans le pays. Ce dimanche, des centaines de Tunisiens ont défilé dans le centre de Tunis pour protester contre le président Kaïs Saïed, l’accusant de renforcer son emprise autoritaire sur le pouvoir.
Cette manifestation, organisée par le Réseau tunisien pour les droits et les libertés, s’est déroulée sur l’avenue Habib Bourguiba, haut lieu symbolique des soulèvements de 2011. Les manifestants ont scandé des slogans tels que « Le peuple veut la chute du régime » et « Dégage », rappelant les jours de la révolution qui avait conduit à la chute du régime de Ben Ali. De nouveaux slogans ont également résonné dans les rues : « À bas Kaïs Saïed », « À bas la dictature » et « Vive la liberté », témoignant de la détermination des manifestants à s’opposer au régime actuel.

L’événement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Deux jours plus tôt, des députés ont présenté un projet de loi visant à retirer au tribunal administratif son pouvoir de statuer sur les contentieux électoraux. Cette initiative est perçue par l’opposition comme une manœuvre pour saper la légitimité et la crédibilité des élections du 6 octobre, ouvrant potentiellement la voie à une nouvelle victoire de Saïed.
Le tribunal administratif, largement considéré comme la dernière institution indépendante du pays depuis la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature par Saïed en 2022, est au cœur des préoccupations. Les critiques affirment que ce projet de loi sans précédent vise à étouffer la dernière institution indépendante, craignant que le tribunal ne puisse annuler les résultats des élections en cas de contestation par les adversaires de Saïed.

La tension s’est encore accrue avec l’exclusion de trois candidats majeurs de la course présidentielle par la commission électorale, malgré une décision contraire du tribunal administratif. Seuls trois candidats restent en lice, dont Kaïs Saïed lui-même.
L’opposition accuse Saïed d’utiliser la commission électorale et le système judiciaire pour garantir sa victoire en étouffant la concurrence et en intimidant les candidats. Le président nie ces accusations, affirmant qu’il garantit les libertés et qu’il combat la corruption.
Alors que la Tunisie s’apprête à vivre un moment crucial de son histoire démocratique, ces manifestations et tensions politiques soulèvent des inquiétudes quant à l’avenir de la démocratie dans le pays qui fut le berceau du Printemps arabe. Le monde observe avec attention l’évolution de la situation, dans l’espoir que la Tunisie puisse préserver les acquis démocratiques durement gagnés il y a plus d’une décennie.
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