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Cinq ans de prison ferme par contumace pour l’ancien président Marzouki et le bâtonnier Kilani
Pour la deuxième fois en quelques semaines, la justice tunisienne a alourdi les peines pesant sur l’ancien chef de l’État, Moncef Marzouki, et l’ex-bâtonnier Abderrazak Kilani, tous deux en exil et jugés pour des accusations liées à la sécurité de l’État.
La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a rendu un nouveau verdict, lundi 15 ou mardi 16 mars 2026, condamnant par contumace l’ancien président Moncef Marzouki et l’ancien bâtonnier des avocats, Abderrazak Kilani, à une peine de cinq ans d’emprisonnement. La décision, frappée de mandat d’arrêt et donc à exécution immédiate, concerne des chefs d’inculpation liés à des faits d’« incitation contre l’État » .
Ce jugement s’inscrit dans un contexte judiciaire de plus en plus dense pour les deux opposants. Il intervient notamment après une décision bien plus lourde rendue récemment par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme de la même juridiction. Fin février ou début mars 2026, celle-ci avait déjà condamné les deux hommes à vingt-deux ans de réclusion, toujours par contumace, pour des « crimes et accusations à caractère terroriste » .
Si la nature précise des faits reprochés dans cette nouvelle affaire d’« incitation » n’a pas été détaillée par la source judiciaire, elle s’ajoute à une série de procédures intentées contre Moncef Marzouki. L’ancien président, qui a exercé ses fonctions de 2011 à 2014 après la révolution de Jasmin, vit aujourd’hui en exil, principalement en France. Il avait déjà été condamné en janvier 2026 à huit ans de prison pour des déclarations faites sur les réseaux sociaux, jugées par le tribunal comme une « tentative de changement de la forme du gouvernement » . En février, il écopait également de quatre ans pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’État » après avoir appelé, depuis l’étranger, au boycott du sommet de la Francophonie qui devait se tenir à Tunis .
Me Abderrazak Kilani, figure historique du barreau tunisien et défenseur des droits de l’homme, est également la cible d’autres poursuites, notamment devant la justice militaire. Ces procédures distinctes sont liées à un incident survenu en janvier 2022 à l’hôpital de Bizerte, où il était venu assister son client Noureddine Bhiri, un haut responsable du parti Ennahdda, alors assigné à résidence .
Ces condamnations multiples, toutes prononcées *in abstentia**, interviennent alors que la présidence de Kaïs Saïed est marquée par une judiciarisation accrue du débat politique. Si la France n’a pas donné suite aux demandes d’extradition concernant M. Marzouki, ces nouveaux verdicts risquent de crisper encore un peu plus les relations entre Tunis et ses opposants exilés, tout en alimentant les critiques des organisations de défense des droits humains sur l’indépendance de la justice tunisienne .
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