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La justice française refuse d’extrader Halima Ben Ali vers la Tunisie

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La cour d’appel de Paris a rejeté ce mercredi 1er avril 2026 la demande d’extradition formulée par Tunis à l’encontre de la fille cadette de l’ancien président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, invoquant des garanties juridiques insuffisantes.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a rendu ce mercredi son délibéré dans l’affaire opposant les autorités tunisiennes à Halima Ben Ali, fille cadette de l’ex-président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali. La juridiction parisienne, compétente en matière d’extradition, a refusé de faire droit à la demande de remise formulée par Tunis.

Une arrestation à l’automne 2025

Halima Ben Ali avait été interpellée à l’automne 2025 dans un aéroport parisien. Les autorités tunisiennes lui reprochaient principalement des infractions financières graves, notamment des faits de blanchiment de capitaux en lien avec l’exercice du pouvoir de son père. Ces infractions étaient passibles d’une peine pouvant atteindre vingt ans d’emprisonnement.

Des garanties jugées insuffisantes

Pour motiver son refus, la cour d’appel a notamment relevé l’absence de réponses satisfaisantes de la partie tunisienne à plusieurs demandes formulées par la justice française. Celle-ci avait sollicité des garanties quant à l’indépendance et à l’impartialité des autorités judiciaires tunisiennes, ainsi que des informations précises sur les conditions de détention auxquelles Halima Ben Ali aurait été soumise et sur les voies de recours disponibles en cas de mauvais traitements. Ces questions étant restées sans réponse, la cour a estimé ne pas disposer des assurances nécessaires pour autoriser la remise.

À l’issue de l’audience, la cour a également levé le contrôle judiciaire auquel était soumise Halima Ben Ali, qui recouvre ainsi l’entière liberté de ses mouvements.

« La justice est passée »

La décision a été accueillie avec soulagement par la défense. Son avocate, Maître Samia Maktouf, avait plaidé lors des débats que renvoyer sa cliente en Tunisie équivaudrait à « une condamnation à mort ». À l’issue du délibéré, elle a déclaré à l’Agence France-Presse : « Cette décision est un immense soulagement, la justice est passée et nous ne pouvons qu’être satisfaits que la justice prenne une décision conforme au droit. » Halima Ben Ali, présente à l’audience, n’a quant à elle fait aucune déclaration.

Une famille symbole de la Révolution de 2011

Cette affaire s’inscrit dans le sillage de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011, qui avait contraint Zine El-Abidine Ben Ali à fuir son pays après vingt-trois ans de règne autoritaire. Le départ précipité du président avait fait suite à un soulèvement populaire déclenché en décembre 2010 par l’immolation d’un vendeur ambulant de Sidi Bouzid, acte de désespoir face à la pauvreté et aux humiliations policières qui avait embrasé le pays. Ben Ali avait quitté la Tunisie accompagné de sa seconde épouse Leïla Trabelsi, de leur fille Halima et de leur fils. Il mourut en exil en Arabie saoudite en 2019.

Contexte politique tendu

Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs organisations non gouvernementales, tunisiennes et internationales, ont signalé une dégradation des droits et libertés en Tunisie depuis 2021, ce qui constitue un élément de fond susceptible d’éclairer les réserves exprimées par la justice française quant aux garanties offertes par les autorités de Tunis.

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